Fermer



Données épidémiologiques

Publié le 18/09/2012

Infection à hantavirus au Parc national de Yosemite, Etats-Unis, Août/Septembre 2012

Le 13 septembre 2012, le département de santé de l’Etat de Californie et les autorités du Yosemite National Park rapportaient 9 cas confirmés de syndrome pulmonaire à Hantavirus (SPH) dont 3 décès survenus depuis juin 2012. Huit cas avaient séjourné dans des petites maisons aux murs couverts extérieurement de toiles (« signature tent cabins ») au « Curry Village » et 1 cas avait séjourné au « High Sierra camps » dans le parc national. Il est probable que ces cas ont été infectés lors de leur séjour dans ces 2 endroits du parc.

Les autorités sanitaires américaines considèrent que l’ensemble des personnes ayant séjourné dans ces 2 endroits du parc depuis le 10 juin (env 22 000 personnes) sont susceptibles d’avoir été exposées au virus. Ils considèrent que les personnes ayant séjourné dans le parc depuis juin en dehors du Curry Village et du High Sierra Camp n’ont pas été exposées à un risque accru d’infection à Hantavirus (maladie rare, environ 30 cas/an aux Etats-Unis). Le 12 septembre, le parc du Yosémite a néanmoins procédé à une information des personnes ayant séjourné dans l’ensemble du parc depuis début juin 2012 (env 230 000 personnes). La DGS recommande également que ces personnes contactent le 15 ou leur médecin traitant en signalant leur séjour si elles présentaient des symptômes évocateurs (jusqu’à 6 semaines après leur séjour).

A ce jour aucun cas de syndrome pulmonaire à Hantavirus n’a été diagnostiqué parmi les touristes français.

Les hantavirus appartiennent à la famille des Buynaviridæ et constituent un groupe très hétérogène de virus quant à leur localisation géographique et leurs réservoirs, ce qui implique des tableaux cliniques différents. Les formes cliniques retrouvées en Europe (fièvre hémorragique avec syndrome rénal, FHSR) sont beaucoup moins graves et différentes de celles retrouvées dans le Nouveau Monde (syndrome pulmonaire, SPH).

Les symptômes du SPH se manifestent 1 à 6 semaines après l'exposition, avec un délai moyen de 2 à 3,5 semaines. Il débute par des symptômes ressemblant à ceux de la grippe : fièvre, maux de tête, douleurs musculaires, frissons, associés à des nausées, ensuite suivi par une détresse respiratoire et une hypotension. Ce syndrome évolue dans 30 à 50 % des cas vers le décès, mais le pronostic est plus favorable dès lors qu’une prise en charge médicale est faite dès les premiers symptômes.

Les principaux réservoirs des hantavirus sont les rongeurs sauvages. L’homme s’infecte le plus souvent par inhalation de déjections aérosolisées (fèces ou urines) du rongeur et beaucoup plus rarement par morsure ou par pénétration cutanéo-muqueuse. Il n’y a pas de transmission de personne à personne.

Les hantavirus sont endémiques dans les deux Amériques, au printemps et en été. Depuis 1993, la Californie a rapporté un total de 60 cas dont 20 décès. Sur l’ensemble des Etats-Unis, 537 cas de SPH depuis 1993 ont été rapporté (en moyenne 30 cas/an). La souche responsable de l’épidémie est le virus Sin Nombre qui est l’hantavirus le plus fréquemment isolé aux USA, et particulièrement dans l’Ouest américain où se trouve le parc national de Yosemite.

En France, la surveillance des infections par les hantavirus est réalisée par le CNR des Hantavirus et son laboratoire associé en Guyane qui effectuent les examens biologiques concernant les hantavirus soit en diagnostic de première intention soit en confirmation des sérologies avec résultats positifs ou douteux réalisées dans d'autres laboratoires. Quelle que soit la forme clinique, le diagnostic chez l’homme repose sur la sérologie qui met en évidence dans le plasma ou le sérum des Immunoglobulines (Ig) M et IgG anti-hantavirus. L’ARN des hantavirus peut être également détecté, dans des prélèvements précoces de sérum ou plasma, par technique moléculaire effectuée au CNR des Hantavirus et par le laboratoire associé au CNR en Guyane.

Haut de page