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Zika

Publié le 22/12/2015 - Dernière mise à jour le 27/07/2016

Points sur les connaissances

Qu’appelle-t-on le Zika ?

Le Zika est une maladie due à un virus (arbovirus) principalement transmis par les moustiques mais aussi par voie sexuelle. Elle se caractérise par une éruption cutanée avec ou sans fièvre dans les formes non compliquées. L’infection est responsable de complications embryo-foetales (notamment microcéphalies) et neurologiques sévères.

Le virus Zika appartient à la même famille que les virus de la dengue et de la fièvre jaune (Flaviviridae du genre Flavivirus). Il a été identifié chez l’homme en Afrique (Ouganda en 1952, lignage africain) puis en Asie (années 1970, lignage asiatique). Plus récemment, ce virus s'est répandu en Micronésie, en Polynésie française, en Amérique centrale et du Sud et au Cap Vert.

Comment se transmet la maladie ?

- Transmission vectorielle

La transmission est majoritairement vectorielle. Le virus est transmis par des moustiques appartenant au genre Aedes dont Aedes aegypti et Aedes albopictus (aussi appelé « moustique tigre »). Lors d’une piqûre, le moustique se contamine en prélevant le virus dans le sang d’une personne infectée. Le virus se multiplie ensuite dans le moustique, qui pourra, à l’occasion d’une autre piqûre, transmettre le virus à une nouvelle personne. Une personne infectée est "contaminante pour les moustiques" au moment où le virus est présent dans son sang. Pour le Zika, le virus est présent dans le sang 1 à 2 jours avant l’apparition des symptômes et jusqu’à 7 jours après. Pendant cette période, il faut éviter qu’une personne infectée ne se fasse piquer et qu’elle transmette ainsi le virus à d’autres moustiques.

- Transmission par voie sexuelle

La transmission sexuelle du virus Zika est avérée. Elle a été bien documentée en 2016. Dans tous les cas rapportés, il s’agissait de transmission à partir d’un homme infecté, lors de rapports hétéro ou homosexuels non protégés. Cette transmission sexuelle peut se produire jusqu’à plusieurs semaines après le début de l’infection. En effet, le virus a été détecté dans le sperme jusqu’à 62 jours après les premiers symptômes.

Un premier cas de transmission sexuelle de Zika à partir d’une femme a été publié le 15 juillet. Le 11 juillet une publication d’une équipe française mettait en évidence pour la première fois de l’ARN viral Zika, par PCR, dans le tractus génital féminin. Ces 2 publications accréditent l’hypothèse de la transmissibilité du Zika par voie sexuelle non seulement à partir d’hommes infectés mais aussi à partir de femmes infectées. S’agissant d’une première observation, de nombreuses inconnues persistent néanmoins et de nouvelles données sont nécessaires pour préciser ce risque  et son ampleur.

Les recommandations du HCSP sur la transmission sexuelle du Zika, actualisées le 20 juin 2016, en particulier, celles recommandant aux femmes enceintes, des rapports protégés avec des partenaires de retour de zones de circulation du Zika pendant toute la durée de la grossesse restent valides.

- Transmission de la mère à l'enfant

Au cours de la grossesse, directement de la mère à l’enfant si la mère est contaminée pendant sa grossesse.

- Autres modes de transmission possibles par la transfusion et la greffe.

- Le virus a été isolé dans la salive et le lait maternel sans que des transmissions aient été formellement prouvées à ce jour.

Quels sont les symptômes de la maladie ? Quelles peuvent-être les complications ?

L’infection ne s’accompagne pas systématiquement de symptômes. En l’état actuel des connaissances, environ 70 à 80 % des personnes infectées seraient asymptomatiques. Lorsque les symptômes apparaissent, ils se caractérisent par une éruption cutanée (exanthème maculo-papuleux), éventuellement accompagnée de démangeaisons, avec ou sans fièvre. Les autres symptômes décrits au cours de cette infection sont : conjonctivite, fatigue, douleurs musculaires et articulaires, maux de tête et douleurs rétro-orbitaires. Ces symptômes durent quelques jours et disparaissent spontanément. Il est difficile, sur ces seuls symptômes, de faire un diagnostic de certitude, notamment lorsque coexistent dans la zone concernée d’autres arboviroses telles que la dengue ou le chikungunya.

Deux types principaux de complications sont décrits : des complications neurologiques, principalement des syndromes de Guillain-Barré et des complications embryofoetales, notamment des microcéphalies (taille anormalement petite du cerveau) et des anomalies du développement cérébral intra-utérin. Le lien entre l’infection et ces malformations est avéré.

Ce lien et la gravité des malformations observées justifient l’application stricte des mesures de prévention chez les femmes enceintes.

Existe-t-il des examens de diagnostic biologique du Zika ?

L’infection par le virus Zika peut être diagnostiquée par :

  • Recherche du génome (ARN) du virus dans le sang, les urines et d’autres liquides biologiques (examen direct par RT-PCR).
  • Sérologie sur un prélèvement de sang (détection des anticorps spécifiques de la maladie Zika (IgM et IgG anti-Zika).

Cinétique du virus et des anticorps de type IgM et IgG au cours d’une infection par le virus du Zika (source Centre National de Référence des arbovirus, mars 2016)

Cinétique du virus et des anticorps de type IgM et IgG au cours d’une infection par le virus du Zika

Existe-t-il un traitement spécifique du Zika ?

Il n’existe pas de traitement spécifique contre le Zika. Le traitement est avant tout symptomatique (traitement de chacun des symptômes) et repose notamment sur la prise d’antalgiques (comme le paracétamol).
Les médicaments de type salicylés (aspirine) sont à éviter du fait de la coexistence de la dengue dans les zones où circule le virus et du risque induit de saignement. Les formes compliquées peuvent nécessiter une prise en charge adaptée en milieu hospitalier.
Il est important, tout particulièrement pour les femmes enceintes, de consulter un médecin en cas de signes évocateurs, compte-tenu des complications éventuelles chez l’enfant à naître. Il est recommandé que les femmes enceintes infectées par le virus Zika soient suivies en lien avec un Centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal (CPDPN) (voir le paragraphe sur les recommandations pour les femmes enceintes).

Existe-t-il un vaccin contre le virus ?

Actuellement, aucun vaccin n’existe contre le Zika.

Comment se protéger contre les piqûres de moustiques ?

La prévention des piqûres de moustiques associe des gestes de protection individuelle et des actions de prévention collective, dont la destruction des gîtes larvaires et la démoustication.

Pour la prévention individuelle il est recommandé :

  • se protéger contre les piqûres d’insectes, notamment avec des répulsifs sur les parties non couvertes du corps. La liste de ces produits  est disponible dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire recommandations aux voyageurs 2016 et sur le site du ministère chargé de la santé ;
  • porter des vêtements légers et couvrants (manches longues, pantalons et chaussures fermées) ;
  • dormir sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide si possible (correctement installée et en s’assurant de l’intégrité du maillage) ;
  • utiliser des vêtements imprégnés d’insecticides en cas de risques importants La liste de ces produits est disponible dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire recommandations aux voyageurs 2016 et sur le site du ministère chargé de la Santé.
  • dans les habitations :
    - la climatisation diminue les risques de piqûres ;
    - des insecticides en bombes ou en diffuseurs électriques ainsi que les raquettes électriques pourront être utilisés en mesure d’appoint ;
  • à l’extérieur et dans les vérandas, les serpentins fumigènes peuvent constituer des répulsifs efficaces.

Doit-on se protéger contre les piqûres de moustiques lorsqu’on est atteint du Zika ?

Il est indispensable de se protéger contre les piqûres lorsqu’on présente les symptômes du Zika. En effet, pendant les 7 premiers jours de la maladie, la personne malade est porteuse du virus dans son sang. Chaque moustique qui piquera une personne malade durant cette période se contaminera en prélevant le sang et donc le virus. Se protéger pendant cette période, c’est éviter de transmettre l’infection à son entourage.

Comment réduire la présence des moustiques à l’intérieur et autour de son habitation ?

Outre les mesures de protection individuelles, la lutte contre l’infection par le virus Zika passe par la prévention de la prolifération des moustiques. Pour réduire la présence de moustiques, il faut détruire les gîtes larvaires, c’est-à-dire les lieux de ponte du moustique.

A l’intérieur et autour de son habitation : élimination des eaux stagnantes et de tout récipient susceptible de retenir les eaux de pluie (pots de fleurs, pneus usagés, gouttières de toit mal entretenues, etc.). Après chaque pluie, il est conseillé d’effectuer une visite autour de la maison et de supprimer tous les récipients, objets divers, déchets, végétation qui contiennent de l’eau, car c’est dans ces rétentions d’eau que le moustique va pondre. Les récipients de stockage d’eau de pluie doivent être fermés hermétiquement ou recouverts d’une moustiquaire, les soucoupes sous les pots de fleurs doivent être supprimées, l’eau des vases doit être renouvelée au moins une fois par semaine.

Quelles sont les recommandations pour prévenir la transmission sexuelle ?

La transmission sexuelle est avérée, à partir d’hommes infectés, lors de rapports hétérosexuels ou homosexuels non protégés.
Il est recommandé d’avoir des rapports sexuels protégés lorsque l’homme a été exposé au virus Zika (réside ou a séjourné en zone avec circulation du Zika), qu’il ait eu ou non des symptômes de Zika, pour une durée d’au moins un  mois après le retour de séjour (avis du HSCP du 8 février 2016). L’OMS recommande des rapports sexuels protégés pendant 2 mois en l’absence de symptômes et 6 mois en cas d’infection symptomatique (30 mai 2016).
Pour les femmes enceintes, la recommandation de rapports sexuels protégés lorsque le ou la partenaire a été exposé(e) au virus Zika s’applique pendant toute la durée de la grossesse.

La 1ère publication d’un cas de transmission sexuelle à partir d’une femme infectée n’invalide pas ces recommandations. Elles seront actualisées dès que plus d’information sur le risque de transmission à partir d’une femme infectée seront disponibles.

Quelles sont les recommandations pour les femmes enceintes, ayant un projet de grossesse ou en âge de procréer ?

Ces recommandations ont été émises dans les avis du HCSP du 5 janvier revu 20 janvier et du 8 février 2016.

Pour les femmes enceintes ou ayant un projet de grossesse vivant dans des zones indemnes de virus Zika, qui souhaiteraient se rendre dans des régions atteintes par le virus  Zika, il est recommandé de consulter, préalablement à leur déplacement, leur médecin traitant et d’envisager le report de leur voyage

Il est particulièrement recommandé aux femmes enceintes et à celles ayant un projet de grossesse de se protéger par tous les moyens disponibles contre les piqûres de moustiques, quel que soit le stade de grossesse. Pour se protéger des moustiques, outre les moyens de protection physique (port de vêtement longs couvrant les bras et les jambes jusqu’au chevilles, si possible imprégnés de répulsif, moustiquaires imprégnées dans l’habitat…), il est fortement recommandé d’utiliser y compris dans la journée un produit répulsif adapté en respectant les précautions spécifiques à la grossesse. La liste de ces produits est disponible dans le BEH voyageurs 2016 et sur le site du ministère chargé de la santé.

Du fait du risque de transmission sexuelle, il est recommandé d’avoir des rapports sexuels protégés pendant toute la durée de la grossesse, lorsque l’homme a été exposé au virus Zika (réside ou a séjourné en zone avec circulation du Zika), qu’il ait eu ou non des symptômes de Zika.

Pour toutes les femmes enceintes résidant en zone épidémique, avec ou sans antécédents de symptômes de Zika, un suivi médical de grossesse adapté est recommandé par le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) dans son avis du 5 janvier revu 20 janvier.

Quelles sont les recommandations pour les voyageurs se rendant dans une zone de circulation du Zika ?

Tous les voyageurs doivent se protéger contre les piqûres de moustiques (voir le paragraphe « Comment se protéger contre les piqûres de moustiques ? »).

Les moyens de prévention de transmission sexuelle doivent être appliqués (voir le paragraphe « Quelles sont les recommandations pour prévenir la transmission sexuelle ? »).

Pour les femmes enceintes qui souhaiteraient se rendre dans des régions touchées par le Zika, il est recommandé de consulter, préalablement à leur déplacement, leur médecin traitant préalablement à leur déplacement, leur médecin traitant et d’envisager le report de leur voyage.

S’agissant de voyages avec des jeunes nourrissons, les moyens de protection contre les piqûres de moustiques sont limités (impossibilité d’utiliser des répulsifs corporels avant l’âge de 2 mois, seule la moustiquaire imprégnée de répulsif et le port de vêtements amples couvrant les membres peuvent les protéger). Les berceaux et les poussettes doivent aussi être protégés par des moustiquaires imprégnées.

Que faire au retour de zone épidémique ?

Pour tout voyageur présentant des signes cliniques évocateurs (éruption cutanée, fièvre, conjonctivite, douleurs musculaires et articulaires – voir « Quels sont les symptômes de la maladie ? Quelles peuvent-être les complications ? », il est recommandé de consulter un médecin. L’apparition de ces symptômes peut intervenir jusqu’à 12 jours après le départ d’une zone où circule le virus Zika. Il est de plus recommandé, dans les départements où Aedes albopictus (moustique tigre) est présent de se protéger des moustiques dès l’apparition des symptômes, pendant 7 jours, afin d’éviter de transmettre le virus à un moustique

Pour les femmes enceintes, il est recommandé de consulter un médecin ou une sage femme dans le cadre du suivi de la grossesse, en présence ou non symptômes de Zika,

Il est recommandé d’avoir des rapports sexuels protégés lorsque l’homme a été exposé au virus Zika (réside ou a séjourné en zone avec circulation du Zika), qu’il ait eu ou non des symptômes de Zika, pour une durée d’au moins un mois après le retour de séjour (avis du HSCP du 8 février 2016, en cours d’actualisation). L’OMS recommande des rapports sexuels protégés pendant 2 mois en l’absence de symptômes et 6 mois en cas d’infection symptomatique (30 mai 2016).

Y-a-t-il un risque de transmission du virus Zika par les moustiques Aedes albopictus en métropole ?

Les moustiques Aedes albopictus, aussi appelés moustique tigre, sont présents dans plusieurs départements de France métropolitaine. Ils peuvent théoriquement transmettre le virus Zika si des patients virémiques (présence du virus dans le sang) arrivent dans les zones infestées par le moustique Aedes, durant sa période d’activité (de mai à novembre). Au cours de cette période, la surveillance renforcée des arboviroses transmises par Aedes albopictus (dengue, chikungunya et Zika) est mise en place chaque année, dans les départements métropolitains où ce vecteur est implanté (30 départements en mai 2016).

Le risque de transmission est lié à la capacité du moustique (sa "compétence") à transmettre le virus Zika, à sa présence et à sa densité sur le territoire.  La compétence d’Aedes albopictus pour le virus Zika a été montrée dans quelques publications mais des études complémentaires sont en cours. Aedes albopictus pourrait être moins compétent pour le virus Zika qu’Aedes aegypti.

Ce moustique persiste dans nos régions grâce à la capacité des œufs à entrer en diapause, un état proche de l’hibernation, en fin de saison (vers le mois de septembre). Les moustiques adultes, seuls en capacité de transmettre le virus, ne survivent pas à l’hiver du fait de leur durée de vie normale et du froid.

Dans le sud de la France, les premières éclosions (sortie de diapause des œufs) sont observées vers la mi-mars, et il faut plusieurs semaines aux larves pour atteindre le stade adulte. Cette éclosion dépend en priorité de l’allongement de la durée du jour, et dans une moindre mesure de l’augmentation de la température.  Les premiers moustiques adultes, capables de transmettre le virus, sont donc observés fin avril-début mai, en nombre très limité. Leur densité commence à représenter un risque pour la santé publique habituellement dans le courant du mois de mai, ce qui justifie de débuter la surveillance renforcée métropolitaine au début du mois de mai.

Les modalités de cette surveillance épidémiologique renforcée pour le virus Zika sont semblables à celles mises en place depuis 2006 pour la dengue et le chikungunya. Elles sont mises en œuvre en lien étroit avec l’ensemble des partenaires concernés.

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