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Zika

Publié le 22/12/2015 - Dernière mise à jour le 19/02/2016

Points sur les connaissances

Qu’appelle-t-on le Zika ?

Le Zika est une maladie due à un virus (arbovirus) transmis par les moustiques. Le virus Zika appartient à la famille des Flaviviridae du genre Flavivirus, comme ceux de la dengue et de la fièvre jaune. La transmission du virus est réalisée par des moustiques appartenant à la famille des Culicidae et au genre Aedes dont Aedes aegypti et Aedes albopictus.

Origine du virus

La présence du virus a d’abord été mise en évidence à l’occasion de cas sporadiques, puis lors d’épidémies ou dans le cadre d’enquêtes de séroprévalence. Identifié chez l’homme en 1952 en Ouganda, deux lignages du virus Zika ont été identifiés : le lignage africain qui a diffusé en Afrique (Sénégal, Ouganda, Nigeria, Côte d’Ivoire, Gabon, Tanzanie, Egypte, République centrafricaine, Sierra Leone…), le lignage asiatique qui s’est propagé en Asie (Cambodge, Inde, Indonésie, Malaisie, Pakistan, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam) et en Océanie.

Plus récemment, ce virus a diffusé en Micronésie , en Polynésie française et en Amérique centrale et du Sud.

Comment se transmet la maladie ?

  • La transmission du virus est très majoritairement réalisée par des moustiques appartenant à la famille des Culicidae et au genre Aedes dont Aedes aegypti et Aedes albopictus. Lors d’une piqûre, le moustique se contamine en prélevant le virus dans le sang d’une personne infectée. Le virus se multiplie ensuite dans le moustique, qui pourra, à l’occasion d’une autre piqûre, transmettre le virus à une nouvelle personne. Une personne infectée est "contaminante pour les moustiques" au moment où le virus est présent dans son sang c'est-à-dire pendant la phase de développement de l’infection dans le corps, soit 12 jours après la piqure infectante. Pendant cette période il faut éviter qu’une personne infectée ne se fasse piquer, et qu’elle transmette ainsi le virus à d’autres moustiques (du genre Aedes), et ainsi d'éviter l'entretien du cycle de transmission virale.
  • Le virus peut aussi se transmettre de la mère à l’enfant si la mère est contaminée pendant sa grossesse.
  • La transmission sexuelle a également été décrite lors de rapports sexuels avec un homme qui a été récemment infecté par le virus Zika.

Quels sont les symptômes de la maladie ? Quelles peuvent-être les complications ?

Les symptômes se caractérisent par une éruption cutanée (exanthème maculo-papuleux, voir prurit) avec ou sans fièvre même modérée. Les autres signes décrits au cours de cette infection sont : fatigue, douleurs musculaires et articulaires, conjonctivite, maux de tête et douleurs rétro-orbitaires. Il est difficile, sur ces seuls symptômes, de faire un diagnostic, notamment lorsque coexistent dans la zone d’autres arboviroses telles que la dengue ou le chikungunya. De plus, il existe des formes de la maladie sans symptômes apparents (entre 70 et 80 % d’asymptomatiques).

Cependant, il existe deux types de complications.

Des complications neurologiques en lien avec l'infection par le virus Zika, de type syndrome de Guillain-Barré, ont été décrites au Brésil et en Polynésie française. Des microcéphalies et des anomalies du développement cérébral intra-utérin ont également été observées chez des fœtus et des nouveaux nés de mères enceintes pendant la période épidémique ; des travaux de recherche sont actuellement conduits dans ces pays pour mieux décrire et comprendre ces complications.

Existe-t-il des examens de diagnostic biologique du Zika ?

Il s’agit dans un premier temps de réaliser sans délai après le début des symptômes des prélèvements sanguins et d’urine afin d’effectuer la recherche du génome du virus (examen direct par RT-PCR sang et urines).
En présence de signes cliniques évocateurs et d’un résultat négatif par RT-PCR, le diagnostic peut être confirmé par le CNR des arboviroses par sérologie Ce laboratoire est le seul en capacité de réaliser par sérologie la détection des anticorps spécifiques de la maladie Zika (IgM et IgG anti-Zika).

Existe-t-il un traitement spécifique du Zika ?

Il n’existe pas à ce jour de traitement spécifique contre le Zika. Le traitement est avant tout symptomatique (traitement de chacun des symptômes) et repose notamment sur la prise d’antalgiques (comme le paracétamol), et le repos. De plus, les médicaments de type salicylés (aspirine) sont à éviter du fait de la coexistence de la dengue dans les zones où circule le virus et du risque induit de saignement. Il est important de consulter un médecin en cas de signes évocateurs, tout particulièrement pour les femmes enceintes compte-tenu des complications chez l’enfant à naître.

Existe-t-il un vaccin contre le virus ?

Actuellement, aucun vaccin n’existe contre la maladie Zika.

Quelles sont les recommandations pour les femmes enceintes résidant ou désirant se rendre dans une zone touchée par une épidémie de Zika ?

Il est spécialement recommandé aux femmes enceintes de se protéger par tous les moyens disponibles contre les piqûres de moustiques et tout particulièrement au cours des  deux premiers trimestres  de la grossesse.
Il est important pour toutes les femmes enceintes résidant en zone épidémique, avec ou sans antécédents de piqure de moustiques ou de symptômes de l’infection à Zikavirus, d’avoir un suivi médical de grossesse adapté. Le HCSP a produit un avis sur la conduite à tenir dans le cadre de ce suivi.
Pour les voyageurs, il est recommandé aux femmes enceintes qui se rendraient dans des régions touchées par le Zika, de consulter, préalablement à leur déplacement, leur médecin traitant. Cette consultation permettra de juger de l’opportunité du voyage en fonction de l’état de santé des individus, des risques encourus et des moyens de prévention individuelle.
Pour cela, outre les moyens de protection physique (port de vêtement longs couvrant les bras et les jambes jusqu’au chevilles, si possible imprégnés de répulsif, moustiquaires imprégnées dans l’habitat…), il leur est fortement recommandé d’utiliser y compris dans la journée un produit répulsif adapté en respectant les précautions. La liste de ces produits adaptés est disponible sur le site du ministère de la santé.
S’agissant de voyages avec des jeunes nourrissons, les moyens de protection contre les piqûres de moustiques sont limités (impossibilité d’utiliser des répulsifs corporels avant l’âge de 2 mois, seule la moustiquaire imprégnée de répulsif et le port de vêtements amples couvrant les membres peuvent les protéger). Les berceaux et les poussettes doivent aussi être protégés par des moustiquaires imprégnées. Il appartient donc aux familles, en lien avec le médecin traitant, de déterminer l’intérêt d’un séjour touristique avec un jeune nourrisson.

Comment se protéger contre le Zika ?

La prévention individuelle repose sur les moyens de protection contre les piqûres de moustique en utilisant différents moyens physiques et chimiques.

Il est recommandé :

  • de porter dans la journée (et en particulier en début et fin de journée, périodes d’intense activité du moustique vecteur) des vêtements amples et long couvrant également les bras et les jambes jusqu’aux chevilles,
  • d’utiliser de préférence des vêtements imprégnés avec un produit insecticide spécial pour tissu, dans les zones de prolifération intense des moustiques ou en cas de contre-indication aux répulsifs (nouveau-nés, nourrisson jusqu’à trois mois),
  • d’utiliser des répulsifs sur les zones découvertes de la peau. Des précautions sont à respecter chez la femme enceinte et l’enfant (prendre avis auprès de son médecin ou d’un pharmacien),
  • d’utiliser des moustiquaires, des diffuseurs électriques à l’intérieur des maisons et des "bandeaux collants" imprégnés d’insecticide fixés au plafond des pièces de l’habitat.

Que faire en cas de maladie pour les résidents et les voyageurs rentrant des zones épidémiques ?

Pour toute apparition de signes cliniques évocateurs (Eruption cutanée, avec ou sans fièvre même modérée et au moins deux signes parmi les suivants : douleurs conjonctivales, douleurs musculaires et articulaires (arthralgies myalgies), il est nécessaire de consulter un médecin sans délai pour préciser le diagnostic et bénéficier d’une prescription de médicaments adaptés. Pour les voyageurs, l’apparition de ces symptômes peut intervenir jusqu’à 12 jours suivant le départ d’une zone où circule le Zika et nécessite de consulter un médecin en lui précisant la destination et les dates du séjour. Rappelons qu’il est impératif de se protéger contre les piqûres de moustique pendant le séjour.

Quelles sont les mesures prises pour limiter la transmission du Zika ?

Outre les mesures de protection individuelles, la lutte contre la maladie passe par la prévention de la prolifération des moustiques, c’est à dire par la réduction de toutes les sources potentielles de gîtes larvaires constituées par les eaux stagnantes et tout récipient susceptible de retenir les eaux de pluie (pots de fleurs, pneus usagés, gouttières de toit mal entretenues, etc.) et par l’application de traitements larvicides lorsque la suppression de ces gîtes n’est pas possible.
Par ailleurs, cette lutte est également axée contre le moustique adulte au moyen de pulvérisation de biocides en zone infectée. La prévention dans l’habitat local repose sur l’utilisation d’insecticides autour des ouvertures des portes et des fenêtres, ainsi que l’utilisation de moustiquaires.

Comment réduire la présence des moustiques à l’intérieur et autour de l’habitation ?

Pour réduire la présence de moustiques à l’intérieur et autour de son habitation, il faut détruire les gîtes larvaires, c’est-à-dire les lieux de ponte du moustique. Après chaque pluie, il est conseillé d’effectuer une visite autour de la maison et de supprimer tous les récipients, objets divers, déchets, végétation qui contiennent de l’eau, car c’est dans ces rétentions d’eau que le moustique va pondre. Les récipients de stockage d’eau de pluie doivent être fermés hermétiquement ou recouverts d’une moustiquaire, les soucoupes sous les pots de fleurs doivent être supprimées, l’eau des vases doit être renouvelée au moins une fois par semaine.

Existe-t-il une transmission du virus d’homme à homme ?

La transmission s’effectue  par le biais d’un moustique qui pique une personne atteinte de la maladie Zika. Quelques jours plus tard, le moustique infecté devient contaminant. Ce moustique peut alors transmettre le virus à une autre personne saine en la piquant. Il faut 3 à 12 jours pour que les symptômes du  de l’infection à Zikavirus apparaissent chez la personne contaminée par le moustique. Pendant au moins 1 semaine après l’apparition des symptômes, la personne malade peut contaminer un autre moustique sain si elle se fait piquer.
Les personnes atteintes du Zika ne sont pas contagieuses.

Dois-je me protéger aussi contre la piqûre des moustiques lorsque je suis atteint du Zika ?

Oui, il est indispensable de se protéger contre les piqûres lorsqu’on présente les symptômes du Zika. En effet, pendant les 7 premiers jours de la maladie, la personne malade est porteuse du virus dans son sang. Chaque moustique qui piquera une personne malade durant cette période se contaminera en prélevant le sang et donc le virus. Se protéger pendant cette période, c’est éviter de transmettre l’infection à son entourage.

Quelles sont les mesures et études envisagées par les autorités sanitaires ?

Elles sont multiples :

  • surveillance sanitaire renforcée pour repérer tout cas suspect
  • intervention autour des cas pour éviter l'apparition de foyer épidémique
  • poursuite de l'information des professionnels de santé
  • mesures dans les transports aériens (information des passagers, désinsectisation)
  • communication en direction du grand public, et en particulier des femmes enceintes : rappel des mesures de prévention et de protection individuelle et collective

Depuis le mois de mai, les médecins généralistes des départements français d’Amérique ont été sensibilisés au risque d'émergence du Zika et ont été invités à signaler à l'Agence régional de la santé les cas pouvant être considérés comme suspects. Les équipes de lutte anti-vectorielle interviennent autour du cas, éliminent les gites et sensibilisent les familles des patients à la prévention.

Le virus Zika peut-il arriver en France métropolitaine ?

Des moustiques du genre Aedes (Aedes albopictus) sont présents en France métropolitaine et peuvent théoriquement transmettre le virus Zika si des patients virémiques arrivent dans les zones infestées, durant la période d’activité des moustiques (de mai à novembre).

Au cours de cette période, la surveillance renforcée des arboviroses transmises par Aedes albopictus (dengue, chikungunya et Zika) est mise en place chaque année, dans les départements métropolitains où ce vecteur est implanté (sud de la France métropolitaine).

Y-a-t-il un risque de transmission du virus Zika par les moustiques Aedes albopictus en métropole ?

En métropole, le vecteur potentiel du virus  Zika est le moustique Aedes albopictus aussi appelé moustique tigre. Le risque de transmission est lié à la capacité du moustique (sa "compétence") à transmettre le virus Zika, à sa présence et à sa densité sur le territoire.  La compétence d’Aedes albopictus pour le virus Zika a été montrée dans quelques publications mais des études complémentaires sont en cours. Aedes albopictus pourrait être moins compétent pour le virus Zika qu’Aedes aegypti.

Le risque de transmission du virus Zika, même en présence  de vecteurs compétents, est extrêmement faible entre novembre et mai.

Ce moustique persiste dans nos régions grâce à la capacité des œufs à entrer en diapause, un état proche de l’hibernation, en fin de saison (vers le mois de septembre). Les moustiques adultes, les seuls en capacité de transmettre le virus, ne survivent pas à l’hiver du fait de leur durée de vie normale et du froid.

Dans le sud de la France, les premières éclosions (sortie de diapause des œufs) sont observées vers la mi-mars, et il faut plusieurs semaines aux larves pour atteindre le stade adulte. Cette éclosion dépend en priorité de l’allongement de la durée du jour, et dans une moindre mesure à l’augmentation de la température.  Les premiers moustiques adultes, capables de transmettre le virus, sont donc observés fin avril-début mai, en nombre très limité. Leur densité commence à représenter un risque pour la santé publique dans le courant du mois de mai, ce qui justifie de débuter la surveillance renforcée métropolitaine au début du mois de mai.

Les modalités de cette surveillance renforcée pour le virus Zika sont en cours d’élaboration à l’InVS en lien étroit avec l’ensemble des partenaires concernés.

Comment expliquer la diffusion rapide de l'épidémie de virus Zika sur le continent américain à laquelle nous assistons aujourd'hui ?

Comme toutes les infections transmises par des moustiques (Chikungunya, Dengue, West Nile, fièvre jaune, etc.), la diffusion du virus Zika nécessite la présence de moustiques vecteurs en abondance et d’une population dite naïve, c’est-à-dire non immunisée par une infection antérieure par le virus.

De telles conditions de diffusion existent sur le continent américain, où le vecteur Aedes aegypti est présent du sud des Etats-Unis à l’Amérique latine, à l’exception du Chili où il n’est pas présent. La situation est comparable à celle vécue lors de l’épidémie de Chikungunya qui a frappé le continent américain en 2014-15 : initialement repéré sur l’île de Saint Martin en décembre 2013, le Chikungunya s’est rapidement propagé dans les Caraïbes et sur le continent américain.

A l’échelle mondiale, le risque de diffusion n’est pas identique partout. De nombreuses zones tempérées, comme l’Europe, sont relativement protégées soit par l’absence de moustique vecteur soit par son inactivité pendant la période hivernale

Le virus qui se répand en Amérique aujourd'hui est-il de la même souche que celui de Polynésie française ?

Le virus de Polynésie et celui qui s’étend en Amérique latine et dans les Caraïbes appartiennent au même lignage du virus Zika, le lignage asiatique. Le génome du virus isolé au Suriname présente de très fortes similitudes (de plus de 99,7 %) avec celui qui a circulé en Polynésie française.

Il est donc très probable qu’il s’agisse de la même souche qu’en Polynésie. Cette souche a circulé dans le Pacifique en 2014 et aussi provoqué une épidémie en Nouvelle Calédonie et des cas sur l’île de Pâques.

Quelle est le nombre de malformations cérébrales observées pendant les épidémies de Zika ?

La proportion d’anomalies cérébrales (incluant des microcéphalies) chez les nouveaux nés en Polynésie française pour des grossesses qui se sont déroulées pendant l’épidémie de Zika est estimée entre 0,4% à 1% (données préliminaires en cours de publication). Il s’agissait de petits effectifs et les extrapolations doivent être prudentes.

Les données rapportées par le Brésil qui mentionnent une multiplication des microcéphalies par un facteur 10, voire 20 dans certains Etats, comparé au taux habituellement observé, doivent aussi être interprétées avec une grande prudence en attendant les résultats des études épidémiologiques.

Comment l'hypothèse d'une association entre les cas de microcéphalies du foetus et des nouveaux-nés et le virus Zika a-t-elle émergée ?

Quelques épidémies de Zika sont survenues dans le monde depuis les premiers cas humains décrits en 1952 en Ouganda. Ce virus était alors considéré comme bénin.

En 2015, la Polynésie française (de l’ordre de 270 000 habitants) signalait un nombre inhabituellement élevé (une vingtaine de cas) d’anomalies cérébrales, dont des microcéphalies, chez des fœtus et des nouveau-nés. La microcéphalie est due au développement anormal du cerveau du fœtus dans l’utérus. Elle se manifeste par un périmètre crânien inférieur à la normale.

Ces cas correspondaient majoritairement à des grossesses qui s’étaient déroulées pendant l’épidémie de Zika qui avait sévi en Polynésie d’octobre 2013 à avril 2014. Il s’agissait alors de la 2ème épidémie bien documentée de virus Zika, la première ayant eu lieu en Micronésie, sur l’archipel de Yap (7400 habitants).

Au même moment, le Brésil rendait publique la survenue d’un nombre très important de microcéphalies sur son territoire, elles aussi contemporaines de l’épidémie de Zika qui sévit encore actuellement. Fin janvier 2016, le Brésil, avec une population de 220 millions d’habitants, rapportait  plus de 4000 cas suspects de microcéphalie.

Cette concordance spatio-temporelle entre l’épidémie de Zika et ces évènements sanitaires (compte-tenu du décalage de la durée de la grossesse) ont conduit à émettre l’hypothèse d’une association entre ces anomalies cérébrales chez le fœtus et le virus Zika. Des études sont en cours pour confirmer ce lien.

En savoir plus : http://ecdc.europa.eu/en/healthtopics/zika_virus_infection/Pages/risk-assessments.aspx

Qu'en est-il aujourd'hui de l'hypothèse d'une association entre les microcéphalies chez les foetus et le virus Zika ?

La responsabilité du virus Zika ne peut pas encore être qualifiée de certaine. Cette association est probable du fait de la concordance spatio-temporelle entre les épidémies de Zika et ces cas de microcéphalie, Par ailleurs, au Brésil un génome  du virus Zika a récemment été isolé dans des liquides amniotiques correspondant à de telles situations et dans des tissus lors d’autopsies fœtales ou de nouveau-nés. Les études virologiques sont en cours.

Parallèlement d’autres hypothèses, et en particulier les causes classiques de microcéphalies (génétiques, toxiques, médicamenteuses, etc) ou des facteurs qui agiraient en association avec le virus Zika, sont  à l’étude.

Le virus Zika se transmet-il par voie sexuelle ?

La transmission par voie sexuelle est considérée comme possible, mais reste à confirmer de manière certaine. Deux publications récentes font état de la présence de virus dans le sperme rapportée chez un sujet infecté par le virus lors de l’épidémie de Polynésie française. Une publication plus ancienne rapporte une probable transmission suite à des rapports sexuels entre un homme de retour d’une zone épidémique et présentant des signes évocateurs de Zika et sa compagne qui n’avait pas voyagé.

La durée de persistance dans le sperme est difficile à estimer faute de données disponibles (de l’ordre de plusieurs semaines).

Les autorités anglaises et irlandaises ont émis des recommandations quant à l’utilisation du préservatif  pendant la grossesse.

Les autorités françaises ont publié des recommandations de prévention de la transmission par voie sexuelle.

Recommandations des autorités anglaises : http://www.nhs.uk/news/2016/01January/Pages/Zika-virus-your-questions-answered.aspx.

Recommandations des autorités irlandaises : http://www.hpsc.ie/A-Z/Vectorborne/Zika/Factsheet/FactsheetfortheGeneralPublic/.

Recommandations des autorités américaines (Etats-Unis) : http://www.cdc.gov/mmwr/volumes/65/wr/mm6505e1er.htm?s_cid=mm6505e1er_e
Alexandra M. Oster, MD; John T. Brooks, MD; Jo Ellen Stryker, PhD; et al. Interim Guidelines for Prevention of Sexual Transmission of Zika Virus - United States, 2016. MMWR Morb Mortal Wkly Rep 2016;65(Early Release):1–2.

Quelles sont les données publiées sur la transmission sexuelle du virus Zika ?

La première et seule observation publiée à ce jour d’une transmission sexuelle du virus Zika concerne un couple américain en 2008. Le mari a contracté l’infection au Sénégal, son épouse ayant déclaré la maladie neuf jours après le retour de celui-ci. Le seul facteur de transmission retrouvé est l’existence de relations sexuelles avec son époux dans les jours qui ont suivi son retour. Le virus Zika n’a pas été recherché dans le sperme. Le diagnostic a été sérologique chez les deux patients. Un autre cas a été signalé en janvier 2016 au Texas chez une patiente dont le partenaire sexuel revenait d’un voyage au Venezuela.

Y'a-t-il du virus dans le sperme ?

La seule observation publiée à ce jour de l’existence de virus infectieux dans le sperme concerne un patient de Tahiti en 2013 ]. Une hématospermie témoignant d’une atteinte génitale est apparue deux semaines après un épisode clinique évocateur d’infection à virus Zika (céphalées, arthralgies, fébricule). Le virus a été isolé sur culture cellulaire à partir d’un prélèvement de sperme du patient.

Combien de temps le virus Zika est-il présent dans le sperme ?

Si l’on se réfère aux cas publiés, la durée à considérer varierait d’au moins cinq jours avant l’apparition des signes cliniques à au moins dix-huit jours après. On ne connaît pas sa durée maximale.

Pour prévenir le risque de transmission sexuelle du virus Zika pour les femmes enceinte, en âge de procréer, ou ayant un projet de grossesse, il est recommandé d’éviter tout rapport sexuel non protégé avec un homme de retour de zone épidémique ou résidant dans une zone épidémique.

Le virus Zika se transmet-t-il par voie sanguine ?

La transmission par le sang est actuellement considérée comme possible bien qu’il n’y ait pas eu à ce jour de tel cas de transmission décrite dans la littérature scientifique. Cependant, des mesures de sécurisation des produits sanguins et de restriction des donneurs de sang ont été prises. Ainsi, depuis le 4 janvier 2016, les femmes enceintes résidant aux Antilles et en Guyane ayant besoin d’une transfusion de concentrés de globules rouges reçoivent des produits en provenance de la métropole.
 Les personnes souhaitant donner leur sang en métropole et dans les territoires ultra-marins non touchés par le Zika font l’objet d’une contre-indication temporaire de 28 jours, lorsqu’ils reviennent d’une région où sévit le virus Zika dans l’attente de la mise à disposition de l’EFS de test de dépistage.

En savoir plus sur le site de l’Etablissement français du sang (EFS) : http://www.dondusang.net/detail.do?noArticle=7074&idRubrique=899&idSite=37

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