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Zika

Publié le 16/02/2016 - Dernière mise à jour le 29/06/2016

Le système de surveillance

Le dispositif de surveillance des arboviroses transmises par les moustiques vecteur Aedes est adapté à la situation entomologique et épidémiologique des différents territoires nationaux. En effet le risque lié aux arboviroses dans les Antilles et en Guyane est totalement différent de celui de métropole et de La Réunion et Mayotte.

Les dispositifs métropolitains, dans les départements français d'Amérique et à la Réunion et Mayotte sont présentés séparément.

Le système de surveillance du Zika est inclus dans le système de surveillance des autres arboviroses transmises par Aedes albopictus (dengue et chikungunya). Il a pour objectif de détecter les cas importés de Zika et de détecter d’éventuels foyers de transmission autochtone dans les départements où Aedes albopictus est implanté afin de limiter les épisodes de transmission autochtone.

Ensemble du territoire métropolitain : signalement et déclaration obligatoire de toute infection confirmée à virus Zika

Le Haut Conseil de la Santé Publique a recommandé dans son avis du 2 février 2016 la mise à Déclaration Obligatoire de l’infection biologiquement confirmée par le virus Zika.

Doit être immédiatement déclaré à l’ARS par tout moyen approprié (téléphone, fax) puis notifié à l’aide de la fiche de notification :
Tout cas d’infection à Zika (importé ou autochtone) défini par PCR Zika positive sur sang, urine ou autre prélèvement (liquide cérébro-spinal, liquide amniotique, produits d’avortement…) OU sérologie positive IgM anti-Zika OU séroconversion OU augmentation de 4 fois du titre des IgG spécifiques.

A télécharger

Un dispositif spécifique concernant les infections à virus Zika pendant la grossesse et leurs conséquences pour les fœtus et les nouveau-nés a été mis en place en collaboration avec les Centres Pluridisciplinaires de Diagnostic Prénatal (CPDPN). Les formes graves avec atteinte neurologique telles que les syndromes de Guillain Barré font aussi l’objet d’une surveillance spécifique.

Zones géographiques avec présence avérée d’Aedes albopictus : signalement des cas suspects à l’ARS

Dans la zone d’implantation vectorielle, où il existe un risque de transmission locale des virus importés par des voyageurs infectés en phase virémique, et pendant la période d’activité attendue du moustique (du 1er mai au 30 novembre), la DO a été complétée dès 2006 par un dispositif de signalement accéléré des cas suspects dont l’objectif prioritaire est la détection précoce de tout cas suspect cliniquement. Les cas suspects de dengue ou de chikungunya ou de zika chez des personnes de retour de séjour en zone de circulation des virus (cas suspects importés) doivent être signalés à l’ARS sans attendre la confirmation biologique.

Ce dispositif de détection précoce des cas suspects importés permet l’intervention rapide des services de lutte anti vectorielle (LAV) autour des cas potentiellement virémiques en zone de présence du moustique Aedes albopictus (niveau 1 du plan) sans attendre le résultat des examens biologiques, pour anticiper sur la transmission éventuelle des virus. Ces interventions périfocales sont complétées par la mise en œuvre d’une surveillance entomologique renforcée et d‘actions de LAV de fond.

En pratique, la surveillance des cas suspects importés repose sur les médecins et les laboratoires des départements touchés par le vecteur Aedes albopictus. Ceux-ci :

  • effectuent un signalement immédiat, par fax, des cas suspects importés de chikungunya, de dengue et de zika à l’ARS ;
  • demandent une confirmation biologique accélérée du diagnostic par envoi rapide des prélèvements biologiques au laboratoire.

Sans attendre la confirmation biologique, l’ARS effectue une investigation des cas suspects importés de chikungunya (ou de dengue ou de zika) qui, s’ils sont potentiellement virémiques, font l’objet d’une intervention de LAV.

Définition de cas :

  • Cas suspect de zika : cas ayant présenté une éruption cutanée à type d’exanthème avec ou sans fièvre même modérée et au moins deux signes parmi les suivants : hyperhémie conjonctivale, arthralgies, myalgies, en l’absence d’autres étiologies.
  • Cas suspect de chikungunya et de dengue : cas ayant présenté une fièvre > à 38,5°C d’apparition brutale et au moins un signe parmi les suivants : céphalées, arthralgies, myalgies, lombalgies, ou douleur rétro-orbitaire, sans autre point d’appel infectieux.
  • Un cas importé est un cas ayant séjourné en zone de circulation connue du virus dans les 15 jours précédant le début des symptômes.

La détection d’un cas autochtone biologiquement confirmé se traduit par l’alerte immédiate de l’ARS et la mise en place d’actions entomologiques renforcées. L’InVS et la DGS sont informés sans délai et une investigation épidémiologique approfondie est réalisée, accompagnée d’une communication aux professionnels de santé, au public, aux voyageurs et aux collectivités territoriales concernées. Des mesures de contrôle et de prévention complémentaires sont alors effectuées par les entomologistes.

A télécharger :

Pour les régions Provence-Alpes-Côte d'Azur et Corse

Pour la région Aquitaine Limousin Poitou-Charentes

Pour la région Auvergne Rhône Alpes

Pour la région Languedoc Roussillon, Midi-Pyrénées

Pour la région Bourgogne, Franche-Comté

Pour la région Alsace, Champagne-Ardenne, Lorraine

Pour la région Ile-de-France

Pour la région Pays de la Loire

En pratique

  • Sur l’ensemble du territoire métropolitain : signalement et déclaration obligatoire de tout cas confirmé de chikungunya (ou de dengue ou de zika).
  • Dans les départements métropolitains où le moustique Aedes albopictus est implanté et pendant la période d’activité attendue du vecteur (du 1er mai au 30 novembre) :
    - En l’absence de transmission autochtone (niveau 1 du plan), signalement et investigation de tout cas importés (suspects et confirmés) et cas autochtones confirmés de chikungunya, de dengue et de zika.
    - En présence d’une transmission autochtone (niveau 2 et plus), signalement de tout cas suspects autochtones.

Les départements d’Outre-mer disposent d’un dispositif de surveillance des arboviroses spécifique à leur contexte épidémiologique.

  •  

    Les Agences régionales de santé et la Cire Antilles-Guyane ont mis en œuvre des Psage : "programme de surveillance, d’alerte et de gestion des épidémies" initialement pour faire face à la circulation sur un mode épidémique de la dengue. Le Psage propose une mise en œuvre graduée des stratégies de surveillance et de contrôle de la dengue selon le risque épidémique, évalué à partir des résultats de la surveillance épidémiologique.

    Le dispositif de surveillance du Zika repose donc sur l’avis du Haut Conseil de la santé publique de juillet 2015 et les Psage existants.

    Les stratégies et les activités sont structurées selon différentes phases opérationnelles correspondant à des situations épidémiologiques différentes pour les Antilles. En Guyane, les sous-niveaux (a, b, c) n’existent pas.

    Niveau 1 : absence de cas autochtone, pas de circulation virale détectée
    a : pas d’épidémie dans une zone avec des échanges importants de biens et de voyageurs
    b : épidémie dans un pays avec des échanges importants de biens et de voyageurs
    c : épidémie ou circulation dans un territoire des Antilles et de la Guyane ou en métropole

    Niveau 2 : transmission autochtone débutante

    Niveau 3 : épidémie
    a : phase épidémique appelant des mesures de gestion habituelles
    b : phase épidémique appelant des mesures particulières ou exceptionnelles du fait du nombre de cas ou de la présence de signes de gravité (phase éventuelle)
    c : décrue de l’épidémie

    Niveau 4 : fin d’épidémie et bilans

    La surveillance du Zika est basée sur l’utilisation d’indicateurs adaptés aux différentes phases du Psage :

    • Surveillance des cas cliniquement évocateurs (niveaux 1, 2 et 3)

    La surveillance des cas cliniquement évocateurs de Zika repose sur la définition de cas suivante :

    Un cas cliniquement évocateur de zika est une personne présentant depuis moins de 7 jours :
    - un exanthème maculo-papuleux avec ou sans fièvre ;
    - et au moins deux signes parmi les suivants : hyperhémie conjonctivale ; arthralgies ; myalgies ;
    en l’absence d’autres étiologies.

    En niveau 1 (pour les Antilles) et 2 (pour les Antilles et Guyane), la surveillance repose sur le signalement sans délai à l’ARS par les professionnels de santé de tout cas cliniquement évocateur de Zika répondant à la définition de cas.

    En Guyane, la surveillance en niveau 1 repose sur le signalement à l’ARS par les professionnels de santé de tous les cas groupés cliniquement évocateurs de Zika.

    En niveau 1 et 2, tout cas cliniquement évocateur de Zika doit faire l’objet d’une recherche diagnostique selon le schéma suivant tenant compte de la circulation concomittante de la dengue et du chikungunya aux Antilles-Guyane :
    - de J1 à J5 : prélèvements sanguin et urinaire pour RT-PCR zika ;
    - de J6 à J10 : prélèvement urinaire seulement pour RT-PCR zika ;
    - de J1 à J7 : prélèvement sanguin pour NS1, RT-PCR dengue et chikungunya ;
    - à partir de J5 après la date de début des signes : prélèvement sanguin pour sérologies dengue et chikungunya : détection des IgM et des IgG.

    A partir du niveau 2, la surveillance des cas cliniquement évocateurs de zika repose également sur le réseau de médecins sentinelles et les visites réalisées par SOS Médecins.

    A partir du niveau 3, le virus circulant sur un mode épidémique, il n’est plus utile d’identifier individuellement chaque cas suspect ni pour la réponse (pour des raisons d’efficience, la lutte anti-vectorielle se focalise essentiellement sur les zones de forte incidence), ni pour la surveillance en elle-même. Cette dernière s’appuie alors uniquement sur le réseau de médecins sentinelles mis en place dans chaque territoire. En Martinique, cette surveillance est complétée par les données Sos Médecins, et en Guyane, par les données du réseau des Centres délocalisés de prévention et de soins (CDPS).

    • Surveillance des cas biologiquement confirmés et taux de positivité de prélèvements (niveaux 1 et 2)

    Un cas confirmé est un cas cliniquement évocateur chez lequel le génome viral du zika a été mis en évidence sur le sang ou l’urine par RT-PCR.

    Aux Antilles-Guyane, la surveillance des cas biologiquement confirmés de Zika s’appuie sur le réseau constitué par les laboratoires du CNR des arbovirus (Marseille et Cayenne), des laboratoires hospitaliers, des laboratoires d’analyses et de biologie médicale qui sont préleveurs en ambulatoire (uniquement en niveau 1 et 2).

    • Surveillance des passages aux urgences (niveau 3)

    A partir de la phase 3, les passages aux urgences pour Zika et les éventuelles hospitalisations qui en découlent sont également surveillés (par le réseau "OSCOUR®"). Ces indicateurs complémentaires permettent une appréciation globale de l’ampleur de l’épidémie, et sont utiles au suivi de l’activité par établissement.

    • Surveillance des complications (tous niveaux)

    Surveillance des complications chez la femme enceinte

    La mise en place d’un système de surveillance spécifique à la détection d’anomalies cérébrales incluant les microcéphalies est en cours d’élaboration avec les CPDPN (Centre pluridisciplinaires de diagnostic prénatal) et les responsables du registre de malformations congénitales.

    Surveillance des syndromes de Guillain-Barré

    Elle repose sur la surveillance des SGB survenant à l’hôpital (complications neurologiques conduisant a priori à l’hospitalisation en raison du déficit moteur ou sensitivo-moteur des membres voire de l’atteinte motrice des muscles respiratoires).

    • Surveillance des décès et de la mortalité

    En niveau 3, une surveillance des certificats de décès portant la mention "Zika" est mise en place.

  •  

    Le dispositif de surveillance du Zika repose sur les principes de stratégie développés par l’avis du HCSP de juillet 2015 et sur le plan ORSEC (Organisation de la réponse de sécurité civile) utilisé pour la surveillance et la lutte contre les arboviroses.

    Les stratégies de surveillance épidémiologique et de contrôle sont structurées selon des phases opérationnelles correspondant à différentes situations épidémiologiques :

    • Niveaux 1A et 1B (veille) : absence de cas autochtone, pas de circulation virale détectée
    • Niveaux 2A et 2B (alerte) : Transmission autochtone débutante
    • Niveaux  3, 4 et 5 (épidémie)
    • Maintien de la vigilance
    • Fin d’épidémie

    La surveillance du Zika est basée sur l’utilisation d’indicateurs adaptés aux différents niveaux épidémiologiques du plan Orsec :

    • Surveillance des cas cliniquement évocateurs (tous niveaux)

    La surveillance des cas cliniquement évocateurs de Zika repose sur la définition de cas suivante :

    Un cas cliniquement évocateur de zika est une personne présentant depuis moins de 7 jours :
    - un exanthème maculo-papuleux avec ou sans de la fièvre même modérée ;
    - et au moins deux signes parmi les suivants : hyperhémie conjonctivale ; arthralgies ; myalgies ;
    en l’absence d’autres étiologies.

    En niveaux de veille et d’alerte, la surveillance repose sur le signalement sans délai à l’ARS par les professionnels de santé de tous cas cliniquement évocateurs de Zika répondant à la définition de cas.

    A noter qu’aux niveaux de veille, viennent s’ajouter des critères épidémiologiques pour la suspicion d’un cas de Zika : voyage dans un pays où le virus circule, dans les 15 jours précédant les premiers signes et/ou regroupement de plusieurs cas dans le temps et dans l’espace.

    En niveau 1 et 2, tout cas suspect doit faire l’objet d’une recherche diagnostique selon le schéma suivant :
    - de J1 à J5 : prélèvements sanguin et urinaire pour RT-PCR zika ;
    - de J6 à J10 : prélèvement urinaire seulement pour RT-PCR zika.

    A partir du niveau 2B, la surveillance des cas cliniquement évocateurs de Zika repose également sur le réseau de médecins sentinelles.

    A partir du niveau 3, le virus circulant sur un mode épidémique, il n’est plus utile d’identifier individuellement chaque cas suspect ni pour la surveillance ni pour la réponse (pour des raisons d’efficience, la lutte anti-vectorielle se focalise essentiellement sur les zones de forte incidence). Cette dernière s’appuie alors uniquement sur le réseau de médecins sentinelles en place à la Réunion et à Mayotte.

    • Surveillance des cas biologiquement confirmés (niveaux 1 et 2)

    Un cas confirmé est un cas suspect chez lequel le génome viral du zika a été mis en évidence sur le sang ou l’urine par RT-PCR.

    A la Réunion et à Mayotte, la surveillance des cas biologiquement confirmés de Zika s’appuie sur le CNR associé des arbovirus (CHU de la Réunion – site Nord) et le laboratoire du Centre hospitalier de Mayotte qui réalisent le diagnostic biologique de l’infection à Zika, ainsi que sur l’ensemble des laboratoires hospitaliers et de ville qui réalisent des prélèvements.

    • Surveillance des passages aux urgences (niveaux 2B, niveaux épidémiques)

    A partir de la phase 2B, les passages aux urgences pour Zika et les éventuelles hospitalisations qui en découlent sont également surveillés via le réseau "OSCOUR®". Ces indicateurs complémentaires permettent une appréciation globale de l’ampleur de l’épidémie, et sont utiles au suivi de l’activité par établissement.

    • Surveillance des complications (tous niveaux)

    Surveillance des complications chez la femme enceinte

    La mise en place d’un système de surveillance spécifique à la détection d’anomalies cérébrales incluant les microcéphalies est en cours d’élaboration en collaboration avec les médecins hospitaliers concernés par le suivi des grossesses à risque et les responsables du régistre des malformations congénitales.

    Surveillance des syndromes de Guillain Barré (SGB)

    La mise en place d’un système de surveillance spécifique à la détection de SGB (complications neurologiques) est en cours d’élaboration en collaboration avec les médecins hospitaliers susceptibles de prendre en charge des patients atteints de ce syndrome.

    • Surveillance des complications (tous niveaux)

    En période épidémique, une surveillance des certificats de décès portant la mention "Zika" sera mise en place. Par ailleurs, le suivi de la mortalité totale réalisé en routine peut permettre de détecter une éventuelle augmentation inhabituelle.

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