Fermer



Zika

Publié le 16/02/2016 - Dernière mise à jour le 27/05/2016

Données épidémiologiques

En métropole : entre le 1er janvier et le 26 mai 2016, une infection à Zika virus a été confirmée biologiquement chez 385 personnes revenant de zone de circulation du virus Zika, dont 10 femmes enceintes et 2 cas de complications neurologiques. Cinq cas d’infection à Zika virus par transmission sexuelle ont également été confirmés en métropole.

Dans les territoires français d'Amérique : en décembre 2015, les premiers cas autochtones d’infection par le virus Zika ont été confirmés dans les départements français d'Amérique (Guyane et Martinique). Un point régional sur la situation épidémiologique du virus est produit chaque semaine par la Cire Antilles-Guyane et publié sur le site internet.

En mai 2015, une épidémie liée au virus Zika a été rapportée au Brésil, premier pays du continent américain touché par ce virus. Le virus Zika s’est ensuite propagé à différents pays et territoires d’Amérique du Sud et centrale ainsi qu’en Afrique, au Cap Vert. En décembre 2015, les premiers cas d’infection par le virus Zika étaient confirmés en Guyane et en Martinique suivi, en janvier 2016 par la Guadeloupe et Saint-Martin.

En 2013-2014, l’Océanie est à nouveau touchée, suite à la réémergence du virus Zika en 2007, en Micronésie (l’île de Yap) : une épidémie liée au virus Zika a affecté plus de 32 000 personnes en Polynésie française et l’épidémie s’est ensuite propagée en Nouvelle-Calédonie, aux Iles Cook, Salomon et sur l’île de Pâques.

L’historique des différentes épidémies est rapporté ci-dessous.

Des complications neurologiques probablement en lien avec l'infection par le virus Zika, de type syndrome de Guillain-Barré, ont été initialement décrites au Brésil et en Polynésie française. Par ailleurs, des malformations congénitales du système nerveux comme des microcéphalies ont également été observées chez des fœtus et des nouveaux nés de mères enceintes, de façon concomitante avec des épidémies liées au virus Zika ; l’observation d’une association temporelle et spatiale entre la présence du virus Zika sur ces territoires (Brésil/Polynésie française) et l’augmentation du nombre de cas de microcéphalies nécessite de poursuivre et de mener de nouvelles investigations et travaux de recherche pour mieux décrire et comprendre ces complications.

Ces signaux ont donné lieu à une alerte sanitaire au Brésil et en Polynésie française.

Carte sur la circulation du virus Zika dans le Monde 1947-2016 - Situation au 29 janvier 2016 (Source : InVS)

  •  

    En mai 2015, le ministère de la santé brésilien a informé la communauté internationale de la circulation autochtone du virus Zika dans les Etats de Bahia et Rio Grande do Norte (situés au nord-est du Brésil). Seize cas avaient été confirmés par le laboratoire de référence Evandro Chagas (8 cas pour Bahia et 8 cas pour le Rio Grande Norte).

    Ces identifications faisaient suite à de nombreux signalements de fièvre éruptive émanant de sept Etats du nord-est du Brésil : Bahia, Maranhão, Piauí, Pernambouc, Rio Grande do Norte, Sergipe et Paraíba depuis février 2015. Au 29 avril 2015, un total de 6 807 cas suspects avait été rapporté.

    Le 1er décembre 2015, l'extension géographique de l'épidémie liée au virus Zika est confirmée dans 18 Etats et au 15 janvier 2016, 20 Etats sont concernés : Distrito Federal, Mato Grosso do Sul, Roraima, Amazonas, Pará, Rondônia, Mato Grosso, Tocantins, Maranhão, Piauí, Ceará, Rio Grande do Norte, Paraíba, Pernambuco, Alagoas, Bahia, Espírito Santo, Rio de Janeiro, São Paulo e Paraná. (Cf. carte). Ces Etats sont répartis sur l’ensemble du pays, hormis l’ouest et le nord-ouest. En decembre 2015, entre 500 000 à 1 500 000 cas suspects de Zika sont estimés pour l’ensemble du Bresil et au moins 34 cas ont été confirmés par le laboratoire de référence Evandro Chagas.

    Alors que ce virus paraissait relativement anodin, des complications neurologiques en lien probable avec l'infection par le virus Zika, de type syndrome de Guillain-Barré, ont été décrites au Brésil. Par ailleurs, des microcéphalies et des anomalies du développement cérébral intra-utérin ont également été observées chez des fœtus et des nouveaux nés de mères enceintes, de façon concomitante avec des épidémies liées au virus Zika; l’observation d’une association temporelle et spatiale entre la présence du virus Zika sur ces territoires (Brésil) et l’augmentation du nombre de ces complications nécessite de mener de nouvelles investigations et travaux de recherche pour mieux les décrire et les comprendre.

    Octobre 2015-Janvier 2016 : contexte particulier – alerte sanitaire

    Le 28 octobre 2015, le ministère de la santé brésilien (MinSa) avait notifié à l’OMS, 54 cas de microcéphalie (circonférence inférieure au 5ème percentile conformément à la norme OMS) chez des nouveau-nés dans plusieurs hôpitaux publics et privés spécialisés de l’Etat de Pernambuco (nord-est du pays) depuis le printemps 2015. La plupart des cas étaient nés à terme ou proche du terme avec un excellent réflexe de succion, sans autres anomalies neurologiques [1]. Par ailleurs, le 18 novembre 2015, le MinSa du Brésil a confirmé des PCR positives dans 2 prélèvements de liquides amniotiques de femmes enceintes d’un autre Etat, à Paraiba (diagnostic réalisé par le Laboratoire Flavivirus de l'Instituto Oswaldo Cruz - CIO-Fiocruz, PCR + avec génotype asiatique) : les deux foetus présentaient des microcéphalies (confirmées par échographie) et les 2 mères présentaient des symptômes compatibles avec une fièvre liée au virus Zika pendant leur grossesse. D’après les données bibliographiques, il semble que ce soit la première fois que du génome viral de Zika virus soit retrouvé dans du liquide amniotique. Au 9 janvier 2016, le Brésil a mis à jour la situation épidémiologique concernant les microcéphalies : au total, 3 530 cas suspects de microcéphalie ont été rapportés, identifiés dans  724 municipalités dans 21 Etats du Brésil (rapport épidémiologique, MinSa Brésil). L'état de Pernambuco conserve le plus grand nombre de cas avec 1236 cas [2]. Une augmentation du nombre de Guillain-Barré possiblement lié au virus Zika est aussi rapportée [3] notamment dans les Etats de Bahia, Pernambucco et Sergipe [4].

    [1] Bulletin hebdomadaire international n° 531. Institut de veille sanitaire. 2015.
    [2] Ministère de la santé du Brésil : http://portalsaude.saude.gov.br/images/pdf/2016/janeiro/13/COES-Microcefalias---Informe-Epidemiol--gico-08---SE-01-2016---Valida----o-12jan2016---VALIDADO-PELO-CLAUDIO--e-com-os-estados-por-webconfer--n.pdf.
    [3] Ministério da Saúde (Brazil). Evento de saúde pública relacionado aos casos de Febre do Zika [Internet]. 2015 [updated 2015 Aug 13; cited 2015 Aug 13]. Available from:  http://portalsaude.saude.gov.br/index.php/oministerio/principal/secretarias/svs/noticias-svs/19139-evento-de-saude-publica-relacionado-aos-casos-de-febre-do-zika.
    [4] Pan American Health Organization, World Health Organization. Regional Office for the Americas. Epidemiological Alert: Neurological syndrome, congenital malformations, and Zika virus infection. Implications for public health in the Americas [Internet]. Washington: World Health Organization; 2015 [updated 2015 Dec 1; cited 2015 Dec 1]. Available from: http://www.paho.org/hq/index.php?option=com_docman&task=doc_download&Itemid=&gid=32405&lang=en.
  •  

    Depuis octobre 2015, le virus Zika circule sur le continent sud-américain et de nombreux pays (autres que le Bresil) ou territoires rapportent de nouveaux cas autochtones pour la première fois : Colombie, Suriname, Paraguay, Salvador, Guatemala, Mexique, Panama, Honduras, Venezuela, Porto Rico, départements français d'Amérique (Martinique, Guadeloupe, Saint-Martin et Guyane), Haïti, Guyana, Equateur, la Barbade, Bolivie, Equateur, République Dominicaine, iles vierges américaines, Nicaragua.

    Une augmentation du nombre de syndrome de Guillain-Barré possiblement lié au virus Zika est aussi rapportée dans certains territoires du continent américain [5].

    Face à cette situation, début décembre 2015, l'OMS a recommandé aux Etats d'Amérique du Sud de mettre en place un dispositif de surveillance et de prise en charge du Zika et de mettre en place la surveillance de ces complications.

    [5] PAHO – Epidemiological alert – 17 January 2016 : http://www.paho.org/hq/index.php?option=com_docman&task=doc_view&Itemid=270&gid=32879&lang=en.
  •  

    La présence du virus a d’abord été mise en évidence à l’occasion de cas sporadiques ou dans le cadre d’enquêtes de séroprévalence : sa présence avait été identifiée en Afrique depuis les années 50 (Sénégal, Ouganda, Nigeria, Côte d’Ivoire, Gabon, Tanzanie, Egypte, République centrafricaine, Sierra Leone…). Le 2 novembre 2015, le ministère de la Santé du Cap-Vert a confirmé des cas humains de fièvres éruptives liés au virus Zika : les tests de laboratoire effectués sur des échantillons de sang envoyés à l'Institut Pasteur de Dakar ont été testés positifs pour le virus Zika. Il s'agissait des premiers cas autochtones de Zika décrits au Cap-Vert. Les cas avaient été rapportés à Praia (capitale), Santa Cruz (nord-est de l'ile) et San Domingos (centre de l’île) sur l'ile de Santiago 1 [6], 2 [7]. Début décembre 2015, le ministère de la santé du Cap-Vert rapportait plus de 4100 cas [8] et mettait en place des mesures pour suivre plus spécifiquement les femmes enceinte.

    [6] Bulletin Hebdomadaire International N°528. Institut de veille sanitaire. 2015.
    [7] OMS : http://www.who.int/csr/don/21-december-2015-zika-cape-verde/en/
    [8] Ministère de la santé Cap-Vert : https://translate.google.fr/translate?sl=auto&tl=fr&js=y&prev=_t&hl=fr&ie=UTF-8&u=http%3A%2F%2Fwww.minsaude.gov.cv%2Findex.php%2Frss-noticias%2F919-avaliacao-da-situacao-da-epidemia-de-zika-no-pais&edit-text=
  •  

    La Polynésie française (Pf) est une collectivité d'outre-mer de la République française, composée de cinq archipels comprenant 118 îles dont 67 habitées avec une population de 268 270 habitants (recensement de 2012). Le 30 octobre 2013, alors que la Pf était confrontée depuis plusieurs semaines à une épidémie de dengue (sérotypes 1 et 3), les autorités sanitaires ont identifié pour la première fois une épidémie de Zika, à la suite du signalement par plusieurs médecins de syndromes éruptifs subfébriles, différents des "syndromes dengue-like" habituels. L’épidémie qui a débuté sur les archipels de la Société, des Marquises et des Tuamotu a diffusé ensuite à l’ensemble des archipels. Elle a duré d’octobre 2013 à avril 2014. Le bilan fait état de 8 750 cas cliniquement évocateurs rapportés par le réseau de médecins sentinelle conduisant à estimer à 32 000, le nombre de patients ayant consulté pour une infection attribuée au virus Zika (soit environ 11,5 % de la population). Sur 885 cas prélevés, 43 % ont été confirmés par RT-PCR (383 cas). Aucun décès en lien avec l’infection n’a été rapporté.

    Des cas d’infections à virus Zika ont été importés en Nouvelle-Calédonie, sur l’île de Pâques, au Japon en France métropolitaine et en Norvège à partir de l’épidémie en Pf. Depuis 2014, une transmission locale s’est ensuite développée en Nouvelle-Calédonie, sur les îles Cook, l’île de Pâques, Vanuatu et iles Fidji. En octobre 2015, les Samoa ont rapporté à leur tour une épidémie liée au Zika et en janvier 2016, les Samoa américaines.

    Contexte particulier – alerte sanitaire

    Lors de l’épidémie, entre novembre 2013 et mars 2014, la Polynésie française (Pf) a rapporté de nombreuses complications neurologiques, type syndrome de Guillain-Barré observées dans un contexte de co-circulation Zika/Dengue. Concernant les formes graves, environ 72 formes sévères à type de manifestations neurologiques graves ont été notifiées. Parmi celles-ci, 42 syndromes de Guillain-Barré ont été diagnostiqués en trois mois (contre cinq par an habituellement). Cependant, l’imputabilité directe du virus Zika sur la survenue de ces formes sévères est encore en cours d’exploration. Par ailleurs, des microcéphalies et des anomalies du développement cérébral intra-utérin ont également été observées chez des fœtus et des nouveaux nés de mères enceintes, de façon concomitante avec l’épidémie liées au virus Zika et rapportées par le bureau de veille sanitaire de Pf (augmentation du nombre de malformations cérébrales sur des fœtus et nouveau-nés entre 2014 et 2015, parmi lesquelles des microcéphalies [9]). L’observation d’une association temporelle et spatiale entre la présence du virus Zika sur ce territoire et l’augmentation du nombre de cas de microcéphalies nécessitent de mener des travaux de recherche pour mieux décrire et comprendre ces complications. En janvier 2016, il n’y a plus d’épidémie active du virus Zika dans l’archipel.

    [9] Note sur les investigations autour des malformations cérébrales congénitales ayant suivi l’épidémie de zika de 2013-2014.
  •  

    Une première épidémie à virus Zika s’est développée en Nouvelle-Calédonie de janvier à août 2014, à la suite de cas importés de Pf (fin novembre 2013) ; 1 400 cas ont été confirmés par RT-PCR. Le virus Zika détecté appartenait à la même famille que le virus ayant précédemment circulé en Asie, définissant ainsi un lignage asiatique.

    En janvier 2015, une reprise de circulation du virus a été mise en évidence, la situation devenant épidémique en mai 2015. Au 12 juin 2015, 111 cas autochtones ont été confirmés biologiquement depuis janvier 2015. Depuis juin 2015, des cas sporadiques sont régulièrement rapportés.

  •  

    Seuls 14 cas humains avaient été rapportés jusqu'en 2007, année où une épidémie à virus Zika a été décrite à Yap, en Micronésie. La population de l’île de Yap est de 7 391 habitants (recensement de l’année 2000). Le signalement d’une épidémie de syndromes éruptifs avec conjonctivite et arthralgies, ne correspondant pas à de la dengue, avait conduit à l’identification du virus Zika, lignage asiatique comme responsable de cette épidémie.

    Une enquête réalisée du 1er avril au 31 juillet 2007 avait associé une recherche active de cas dans les structures de santé et une étude de séroprévalence en population générale (échantillon aléatoire de 200 foyers). La recherche active a identifié 185 cas cliniquement évocateurs de Zika et documentés biologiquement (RT-PCR ou sérologie) dans 9 des 10 municipalités de Yap. L’âge médian était de 36 ans. L’enquête de séroprévalence a estimé la prévalence des patients porteurs d’anticorps dans la population générale âgée de 3 ans et plus à 73 %, IC95 [68 %-77 %]. La proportion de patients asymptomatiques a été estimée à 81 %.

Dossier Zika

Haut de page