Fermer



Chikungunya

Publié le 14/05/2011 - Dernière mise à jour le 18/07/2016

Données épidémiologiques

L’infection par le virus du chikungunya présente des profils épidémiologiques très variés selon le territoire français considéré : le virus a été responsable d'une épidémie majeure en 2006 dans l’Océan Indien puis d'un épisode d'ampleur modérée en 2010 sur l'Île de La Réunion (153 cas).

En 2014, ce virus a émergé dans les DFA où une épidémie est actuellement en cours.

Il pourrait émerger dans les zones où des vecteurs compétents sont présents (le sud de la France). En revanche, le risque est très faible sur le reste du territoire métropolitain.

La surveillance et la prévention du risque de transmission du chikungunya (et de la dengue) en métropole sont placées dans un contexte épidémiologique mondial. A cet égard, la situation épidémiologique des outremers français présente un intérêt majeur lié à l’importance et à la fréquence des échanges de biens et de personnes avec la métropole.

Données de la surveillance renforcée dans les 30 départements métropolitains où le moustique Aedes albopictus est implanté

Du 1er mai au 30 novembre, chaque année, l’InVS coordonne la surveillance renforcée saisonnière du chikungunya et de la dengue dans les départements métropolitains colonisés par le moustique vecteur, Aedes  albopictus, en lien avec les Agences régionales de santé (ARS) concernées (voir dispositif de surveillance et partenaires).

Chikungunya, dengue et zika - Données de la surveillance renforcée en 2016.

  •  

    Depuis juillet 2006, l’infection à chikungunya est à déclaration obligatoire (DO) en métropole et dans les départements français d’Amérique et depuis 2008 à La Réunion.

    Les critères de déclaration du chikungunya sont la mise en évidence d’une fièvre >38,5° d’apparition brutale, de douleurs articulaires invalidantes et d’une confirmation biologique (IgM positive ou PCR positive).

    Pour la dengue, les critères de déclaration sont une fièvre supérieure à 38,5°C d’apparition brutale avec au moins un signe algique (céphalées, athralgies, myalgies, lombalgies, douleur rétro-orbitraire) et une confirmation biologique (RT-PCR ou test NS1 ou IgM positive)

  •  

    Du 1er mai au 30 novembre, chaque année, l’InVS coordonne la surveillance renforcée saisonnière du chikungunya et de la dengue dans les départements métropolitains colonisés par le moustique vecteur, Aedes albopictus, en lien avec les ARS concernées (voir dispositif de surveillance et partenaires).

    Depuis septembre 2015, les départements du Tarn et de la Vendée ont été inclus dans la liste des départements où le moustique Aedes albopictus est implanté.  Le nombre de départements concernés par le dispositif régional de surveillance renforcée est ainsi passé à 22.

    Du 1er mai au 27 novembre 2015 :

    • 127 cas importés de dengue ont été confirmés ;
    • 30 cas importés de chikungunya ont été confirmés ;
    • 6 cas autochtones de dengue ont été confirmés.

    Le 19/08/2015, deux cas autochtones de dengue ont été confirmés au sein d’une même famille à Nîmes (département du Gard, région Languedoc-Roussillon).
    Au 25/09/2015, les investigations épidémiologiques ont permis d’identifier 4 cas de dengue autochtones en lien avec ce foyer, portant à 6 le nombre de cas autochtones.

    Conformément au plan national "antidissémination du chikungunya et de la dengue" et afin de limiter la transmission du virus par le moustique Aedes albopictus, des investigations épidémiologiques et entomologiques ainsi que des actions de démoustication ont immédiatement été mises en place par l’ARS, la Cire, et l’Entente Interdépartementale de Démoustication du littoral méditerranéen (EID Méditerranée).
    Une information des professionnels de santé, des laboratoires de biologie médicale et des établissements de santé ainsi que des mairies et des collectivités territoriales ont été réalisées dans les zones concernées.

    Pour en savoir plus : http://www.ars.languedocroussillon.sante.fr

    Ils se répartissent ainsi :

    Nombre de cas confirmés de chikungunya et de dengue,
    par région de surveillance renforcée, du 1er mai au 27 novembre 2015

    Régions

    Cas confirmés importés

    Cas confirmés autochtones

    Dengue

    Chikungunya

    Co-infection

    Dengue

    Chikungunya

    Co-infection

    Provence-Alpes-Côte d'Azur

    60

    12

    0

    0

    0

    0

    Corse

    0

    1

    0

    0

    0

    0

    Languedoc-Roussillon

    12

    2

    0

    6

    0

    0

    Rhône-Alpes

    30

    8

    0

    0

    0

    0

    Aquitaine

    9

    5

    0

    0

    0

    0

    Midi-Pyrénées

    16

    2

    0

    0

    0

    0

    Bourgogne

    0

    0

    0

    0

    0

    0

    Pays de la Loire

    0

    0

    0

    0

    0

    0

    Total

    127

    30

    0

    6

    0

    0

    Département et année d'implantation du vecteur Aedes albopictus en France métropolitaine

    Département et année d'implantation du vecteur Aedes albopictus en France métropolitaine

  •  

    Du 1er mai au 30 novembre 2014 => 1492 cas suspects de dengue ou de chikungunya ont été signalés. Parmi eux ont été confirmés :

    • 163 cas importés de dengue ;
    • 443 cas importés de chikungunya ;
    • 6 cas importés co-infectés ;
    • 4 cas autochtones de dengue ;
    • 11 cas autochtones de chikungunya.
    • 4 cas autochtones de dengue ont été confirmés par le Centre National de Référence (CNR) des arbovirus en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Les 2 premiers, confirmés les 20 août et 11 septembre sont survenus dans le département du Var. Ils ne sont pas liés car de sérotype différents (sérotype 1 et sérotype 2). Les 3ème et 4ème cas, confirmés les 18 septembre et 3 octobre dans le département des Bouches du Rhône sont liés et constituent un foyer. Les 2 patients résident dans le même voisinage et ont le même sérotype de dengue : sérotype 2. Ils ne sont pas liés aux cas du Var.
    • Les 11 cas autochtones de chikungunya ont été identifiés dans un même quartier de Montpellier (Hérault) et constituent un foyer de transmission. Les 5 premiers cas de ce foyer ont été confirmés par le CNR des arbovirus les 20 et 22 octobre. Les investigations épidémiologiques ont permis d’identifier 6 cas autochtones en lien avec ce foyer, portant le bilan à 11 cas autochtones.

    Conformément au plan national « antidissémination du chikungunya et de la dengue » et afin de limiter la transmission de ces virus par le moustique Aedes albopictus, des investigations épidémiologiques et entomologiques ainsi que des actions de démoustication ont immédiatement été mises en place par les ARS et les Cire concernées, et l’Entente Interdépartementale de Démoustication du littoral méditerranéen (EID Méditerranée) autour des cas autochtones de dengue et de chikungunya.
    Une information des professionnels de santé, des laboratoires de biologie médicale et des établissements de santé ainsi que des mairies et des collectivités territoriales ont été réalisées dans les zones concernées.

    L’alerte a été levée dans les départements du Var, des Bouches du Rhône et de l’Hérault.

    Pour en savoir plus http://www.ars.paca.sante.fr/ et http://www.ars.languedocroussillon.sante.fr

    Le dispositif de surveillance renforcée du chikungunya et de la dengue a pris fin le 30 novembre pour l’année 2014.

    Dans l’attente de la validation des derniers résultats biologiques, les cas se répartissent ainsi :

    Nombre de cas de suspects et de cas confirmés de chikungunya et de dengue,
    par région de surveillance renforcée, du 1er mai au 30 novembre 2014

    Régions

    Cas suspects signalés

    Cas confirmés importés

    Cas confirmés autochtones

    Dengue

    Chikungunya

    Co-infection

    Dengue

    Chikungunya

    Co-infection

    Provence-Alpes-Côte d'Azur

    657

    53

    148

    1

    4

    0

    0

    Corse

    23

    1

    5

    0

    0

    0

    0

    Languedoc-Roussillon

    242

    24

    77

    1

    0

    11

    0

    Rhône-Alpes

    233

    41

    101

    0

    0

    0

    0

    Aquitaine

    185

    27

    64

    3

    0

    0

    0

    Midi-Pyrénées

    152

    17

    48

    1

    0

    0

    0

    Total

    1492

    163

    443

    6

    4

    11

    0

    Département et année d'implantation du vecteur Aedes albopictus en France métropolitaine

    Départements et année d'implantation du vecteur Aedes albopictus en France métropolitaine

  •  

    Données de la surveillance renforcée dans les 17 départements métropolitains où le moustique Aedes albopictus est implanté  en 2013

    Du 1er mai 2013 au 30 novembre 2013, dans les 17 départements du sud de la France sous surveillance renforcée :

    429 cas suspects de dengue ou de chikungunya ont été signalés. Parmi eux :

    • 188 cas importés de dengue ont été confirmés ;
    • 2 cas importés de chikungunya ont été confirmés.

    Un cas isolé de dengue autochtone (transmission locale) a été diagnostiqué dans le département des Bouches du Rhône le 21 octobre 2013. La personne n’avait pas séjourné en zone de circulation de la dengue dans les 15 jours précédant l’apparition des symptômes.

    Des investigations épidémiologiques, virologiques et entomologiques ont immédiatement été menées par l’ARS, la Cire, le Centre national de référence des arbovirus et l’entente interdépartementale de démoustication (EID Méditerranée). Des actions d’information des mairies, des médecins traitants et des laboratoires de biologie médicale ont été menées autour de la zone de résidence de la personne atteinte. La recherche active de cas dans la zone et auprès des médecins et laboratoires n’a pas identifié à ce jour d’autre cas.
    Par mesure préventive et bien que les investigations sur le terrain aient montré une diminution importante de la population de moustiques, un traitement de lutte anti-vectorielle a été appliqué sur le terrain.
    Le risque de survenue d’autres cas autochtones a été estimé comme minime, en raison de la faible implantation du moustique Aedes albopictus (moustique tigre)  dans la zone et de l’arrivée de la période hivernale. A ce jour, les investigations, n’ont pas permis d’identifier la source précise de cette contamination.

    Les cas se répartissent ainsi :

    Nombre de cas de suspects et de cas confirmés de chikungunya et de dengue,
    par région de surveillance renforcée, du 1er mai au 30 novembre 2013

    Régions

    Cas suspects signalés

    Cas confirmés importés

    Cas confirmés autochtones

    Dengue

    Chikungunya

    Dengue

    Chikungunya

    Provence-Alpes-Côte d'Azur

    189

    76

    1

    1

    0

    Corse

    3

    1

    0

    0

    0

    Languedoc-Roussillon

    83

    32

    1

    0

    0

    Aquitaine

    6

    2

    0

    0

    0

    Midi-Pyrénées

    45

    27

    0

    0

    0

    Rhône-Alpes

    103

    50

    0

    0

    0

    Total

    429

    188

    2

    1

    0

    Les 17 départements où le moustique Aedes albopictus est implanté en 2013

    Alpes-Maritimes, Alpes-de-Haute-Provence, Var, Haute-Corse, Corse-du-Sud, Bouches-du-Rhône, Vaucluse, Gard, Hérault, Aude, Pyrénées Orientales, Haute-Garonne, Lot-et-Garonne, Drôme, Ardèche, Isère et Rhône.

    Départements dans lequel le moustique Aedes albopictus est implanté et actif (niveau 1 du plan ministériel anti-dissémination du chikungunya et de la dengue)

Depuis le premier cas autochtone de chikungunya détectée en novembre 2013 sur l’île de Saint-Martin des Antilles françaises l’épidémie se poursuit. Tous les Départements Français d’Amérique sont touchés et font l’objet d’une surveillance spécifique par la Cire Antilles Guyane.

Retrouvez les données épidémiologiques, actualisées par la Cire Antilles-Guyane, sur l’évolution de la circulation du virus Chikungunya dans la région Antilles-Guyane

En ce qui concerne le chikungunya, la veille sanitaire internationale assure le suivi des épidémies hors département français d’Amérique (DFA). Cette recherche s’effectue sur les données existantes disponibles : données des ministères, de l’OMS régional PAHO (Pan American Health Organization), du Carpha (Caribbean Public Health Agency) ou données issues de réseaux privilégiés entre différents homologues de veille internationale (CDC, ECDC…).

La présence de ce moustique entraîne un risque de dissémination du chikungunya (et de la dengue) à partir de patients infectés et virémiques au retour de séjours en zone de circulation virale (carte 1). Toutefois ce risque de dissémination n’existe que pendant la période d’activité du vecteur (après sortie de la diapause), c'est-à-dire entre le 1er mai au 30 novembre de chaque année.

Depuis décembre 2013, des cas confirmés de chikungunya ont été signalés sur de nombreuses îles caribéennes. Ces cas sont les premiers cas autochtones de chikungunya dans la région des Amériques, jusque-là indemnes. La situation est probablement sous-estimées dans de nombreux territoires compte tenu des grandes inégalités entre les systèmes de surveillance. Des transmissions locales du virus ont également été rapportées au Guyana, au Salvador, au Suriname, au Costa Rica et dernièrement (semaine 29 - du 14 au 20 juillet 2014) en Floride et au Vénézuéla (carte 2). Ces extensions soulignent le risque d’introduction dans des zones jusque-là indemnes où un des vecteurs potentiels est présent.

  •  

    Circulation du chikungunya dans le monde, bilan juin 2015

    Source : InVS, DCAR-VICAR

  •  

    Pays / Etat des Caraïbes et d'Amérique avec transmission autochtone de chikungunya (semaine du 17 au 23 décembre 2014)

  •  

    Les épidémies de chikungunya qui sévissent dans différents pays entraînent le possible retour de patients virémiques en métropole, notamment dans les 20 départements où Aedes albopictus est implanté. Ces personnes virémiques peuvent être piquées par Aedes albopictus. Ce dernier a une forte compétence vectorielle vis-à-vis du virus du chikungunya, ce qui favorise le risque de transmission autochtone du virus dans les zones d’implantation du moustique.

    Le virus du chikungunya a été identifié pour la première fois en 1952-1953 en Tanzanie. Depuis lors, il a été responsable d’épidémies importantes en Asie, dans l’Océan Indien et en Afrique, depuis fin 2013 dans les Caraïbes et en 2014 en Amérique centrale et du sud.

    Les années 2005-2006 ont été marquées par une circulation très intense de ce virus dans la zone de l’Océan Indien. L’épidémie a débuté au Kenya dès 2004 puis a diffusé aux Comores en janvier 2005 (prévalence estimée à 215 000 cas soit 27 % de la population) avant de s’étendre vers la Réunion, Mayotte, l’île Maurice et les Seychelles (9 000 cas) en 2005. En 2006, l’épidémie s’est ensuite propagée à Madagascar, au Sri Lanka et aux Maldives (12 000 cas) ainsi qu’au Pakistan et en Malaisie. C’est surtout en Inde que la circulation virale a été majeure avec plus d’1,4 millions de cas estimés.

    Depuis, une recrudescence du nombre de cas a été rapportée en Asie du Sud-Est et dans le sous-continent indien, également en Malaisie en 2008 et 2009 (respectivement 4 000 et 5 000 cas estimés), au Sri Lanka en 2008 (17 000 cas), en Birmanie en 2009, aux Maldives en 2008 (600 cas), en Thaïlande (42 000 cas) en 2008-2009 et en Indonésie, notamment en 2009-2010, à Lampung (12 000 cas), au sud de Sumatra. En Inde, depuis 2007, des épidémies (beaucoup moins intenses qu’en 2006) ont été rapportées dans certaines régions. L’immunité durable conférée par l’infection explique vraisemblablement une diminution de l’ampleur des épidémies depuis 2006 dans ce pays.

    En 2010, pour la première fois, la Chine a rapporté des cas autochtones (200 cas) dans une province du sud (Guangdong) et les deux premiers cas autochtones de chikungunya en France (Fréjus) ont été décrits en septembre 2010.

    En Afrique, le chikungunya a occasionné de nombreuses épidémies du Sénégal au Cameroun, ainsi qu’en Angola, au Nigéria, en Ouganda, en Guinée, au Malawi, en République Centre Africaine et au Burundi notamment. La République démocratique du Congo a rapporté une importante épidémie en 1999- 2000 (50 000 cas). Le Gabon a rapporté plusieurs épidémies : principalement à Libreville en 2007 (18 000 cas), et dans le sud-ouest du pays en 2010 où le virus du chikungunya circulait simultanément avec le virus de la dengue.

    En Europe, un cas de chikungunya importé d’Inde en Italie, en 2007, a donné lieu à la première épidémie décrite en Europe. Les quelques 300 cas identifiés ont mis en évidence le risque d’installation d’un cycle de transmission locale du virus dans certaines zones d’Europe du Sud où Aedes albopictus est implanté.

    En 2011, des cas autochtones, secondaires à l’introduction d’un cas importé d’Indonésie, sont rapportés en Nouvelle-Calédonie, principalement à Nouméa (30 cas à la date du 30/05/2011). En Nouvelle Calédonie, le vecteur identifié est Aedes aegypti et la souche circulante est du lignage asiatique, ne présentant pas la mutation observée lors de l’épidémie de 2005-2006 qui a frappé l’Océan Indien.

Haut de page