Fermer



Borréliose de lyme

Publié le 16/09/2013 - Dernière mise à jour le 19/11/2013

Données épidémiologiques

En France au niveau national, le nombre de cas moyen annuel de borréliose de Lyme estimé est de l’ordre de 27 000 cas avec une incidence moyenne annuelle estimée à 43 cas pour 100 000 habitants.
Au niveau régional et départemental, il existe une grande disparité avec des incidences estimées élevées (>100 cas/100 000) en Alsace et dans le département de la Meuse, intermédiaires (50-100 000/100 000) en Champagne-Ardenne, Auvergne, Franche-Comté, Limousin, Rhône-Alpes et basses (<50/100 000) dans le Centre, la Basse-Normandie et l’Aquitaine.
Entre 2009 et 2010, les incidences nationales de la borréliose de Lyme apparaissent stables de même que les estimations départementales.

Estimation de l'incidence nationale

L’incidence nationale de la borréliose de Lyme a été estimée lors des deux études réalisées par le Réseau Sentinelles en 1988-89 et 1999-2000 respectivement à 16,5 pour 100 000 et 9,4/100 000. Entre 2009 et 2011, l’incidence nationale estimée par la surveillance du Réseau Sentinelles était en moyenne de 43/100 000 et stable au cours de ces trois années.  

Ces résultats sont à interpréter en tenant compte des limites de ces études et de la surveillance liées à la possible non représentativité des médecins volontaires participants et au fait que les incidences sont estimées à partir d’un faible nombre de cas recensés. Par ailleurs, la comparaison entre les incidences estimées par les études 1988-89, 1999-2000 et la surveillance 2009-2011 est limitée par le fait que les méthodes de calcul d’estimation étaient différentes. Les incidences calculées dans les études pourraient être sous-estimées.

Estimation de l'incidence annuelle moyenne de la borréliose de Lyme par région, France, 2009-2011 (Réseau Sentinelles)

Année

Nombre de médecins participants*

Nombre de cas notifiés

Erythème migrant
Proportion (nombre)

Nombre d'autres formes

Estimation
incidence
/100 000
[IC95 %]

ETUDES

1988-1989

480

73

100 %
(n=73)

total : 15
articulaire : 4
neurologique : 11

16,5 [12,6-20,4]

1999-2000

875
(1,6 %)

86

90 %
(n=77)

total : 14
articulaire : 5
neurologique : 9

9,4 [7,4-11,4]
8,2 [6,3-10,1]
si exclusion
 EM<5 cm

SURVEILLANCE

2009

452
(0,7 %)

80

90 %
(n=67)

total : 7
articulaire : 1
neurologiques : 4 cutanées : 2

46 [34-58]

2010

452
(0,6 %)

84

98 %
(n=77)

total : 2
articulaires : 2

42 [32-52]

2011

452
(0,6 %)

94

90 %
(n=85)

total : 9
articulaire : 4
neurologiques: 2 cutanées : 3

41 [31-51]

nb : certains cas ont à la fois érythème migrant et autres formes cliniques.
* (proportion par rapport aux nombre total de médecins généralistes en France).

Estimation des incidences régionales ou départementales

Des incidences régionales ou départementales de la borréliose de Lyme ont été estimées à partir de la surveillance du Réseau Sentinelles, des études régionales InVS/Cire et de la surveillance du CNR.

Réseau Sentinelles

Au cours de période 2009-2011, la surveillance du réseau Sentinelles a montré une diversité géographique des incidences régionales estimées entre 3/100 000 et 235/100 000 (médiane 36/100 000). L’incidence était la plus élevée dans les régions de l’Est et du Centre de le France, 235/100 000 en Limousin et 178/100 000 en Alsace et la plus basse en Pays de Loire et Provence-Alpes-Côte d’Azur (carte 1).

Etudes InVS/Cires

Les études InVS/Cires réalisées entre 2001 et 2012 montrent une diversité géographique des incidences régionales estimées entre 232/100 000 et 24/100 000. L’incidence était la plus élevée dans les régions de l’Est (Alsace 232/100 000, Haute-Savoie 210/100 000), la plus basse en Aquitaine (24/100 000) et intermédiaire en Franche-Comté (137/100 000) et Limousin (105/100 000) (tableau 1).
Les résultats de ces études sont à interpréter en tenant compte de leurs limites liées en particulier à la possible non représentativité de l’échantillon de médecins participants. Par ailleurs, la comparabilité interrégionale est limitée en raison des différences inter-études en termes de périodes d’étude, de définitions de cas, et de tests biologiques utilisés.

Surveillance du CNR

Entre 2002 et 2010, la surveillance du CNR a montré une diversité géographique des incidences départementales estimées, qui variaient de 20 à 200/100 000. Elles étaient élevées et stables dans la Meuse (100-200/100 000), intermédiaires et stables en Auvergne entre 2005-2010 (80-100/100 000) et basses en Haute et Basse-Normandie (tableau 2).

Les limites dans l’interprétation des résultats de la surveillance du CNR sont liées à la représentativité de l’échantillon de médecins participants.

La carte 2 représente les incidences départementales estimées par le Réseau Sentinelles et par les études InVS/Cire entre 2000 et 2012.

Séroprévalence de la borréliose de Lyme

Entre 1989 et 2003, la Mutualité sociale agricole (MSA) a mené cinq études de séroprévalence de la borréliose de Lyme parmi le personnel affilié. Deux autres études ont été réalisées chez des chasseurs en 1995-1996 et chez des donneurs de sang (1995-1996).
Les séroprévalences de la borréliose de Lyme estimées chez les forestiers étaient comprises entre 14 % et 22 %. Celles chez les donneurs de sang (Ile-de-France, Berry) et le personnel administratif MSA dans l’Est de la France étaient de l’ordre de 3 à 4 % (tableau 3).

  •  

    Estimation de l’incidence annuelle moyenne de la borréliose de Lyme par région, France, 2009-2011 (Réseau Sentinelles)

  •  

    Région

    Année (durée de l'étude)

    Nb1, % de participation2,
    % de généralistes3

    Nb de cas certains (N)

    Proportion (n/N)
    érythème migrant

    Nb autres formes4

    Incidence/100 000 basse-haute

    Alsace
    (2 dép./2)

    2001-2003
    (24 mois)

    419
    (13 % des méd. sollicités)
    MG 72 %

    992

    86 %
    (856/992)

    total : 136 sans EM
    articulaire : 86
    neurologique : 65
    cutanée : 25
    cardiaque : 5

    180-232

    Limousin
    (3 dép./3)

    2004-2006
    (24 mois)

    236
    (16 % des MG, 28 % des spé. sollicités)
    MG 76 %

    259

    94 %
    (243/259)

    articulaire : 34
    neurologique : 31
    cutanée : 5
    cardiaque : 2

    65-105

    Rhône-Alpes
    (3 dép./8)

    2006-2008
    (24 mois)

    241
    (11 % des méd. sollicités)
    MG 68 %

    728

    92 %
    (676/728)
    (EM ≥2 cm)

    N=55 sans EM

    Ain : 129-157
    Loire : 70-121
    H-Savoie :197-210

    Franche-Comté
    (4 dép./4)

    2010-2012
    (24 mois)

    255
    (12 % des méd. sollicités :
    11 % des MG, 31 % des spé.)
    MG 80 %

    386

    94 %
    (362/386)

    articulaire : 4
    neurologique : 16
    cutanée : 4

    70-137

    Aquitaine
    (5 dép./5)

    2010-2012
    (24 mois)

    325
    (7 % des méd. sollicités)
    MG 77 %

    122

    87 %
    (106/122)

    articulaire : 6
    neurologique : 6
    cutanée : 4

    3-24

    1Nombre : nombre de médecins participants ; 2% de participation : proportion de médecins participants parmi les médecins sollicités ; 3% de généralistes : proportion de médecins généralistes parmi les médecins participants ; 4certains cas ont à la fois érythème migrant et autres formes cliniques.
  •  

    Département

    Année

    Nb de médecins participants*

    Nb de cas*

    Incidence/100 000**

    LORRAINE

    Meuse

    2002-2010

    57-70

    41-68

    135-224

    AUVERGNE

    Puy-de-Dôme
    Cantal
    Allier

    2006-2010
    2006-2010
    2006-2010

    94-115
    82-98
    56-63

    68-88
    17-42
    21-29

    91-117
    65-128
    44-62

    BASSE NORMANDIE

    Calvados
    Manche
    Orne

    2007-2010
    2007-2010
    2007-2010

    26-21
    30-37
    22-26

    2-4
    2-9
    2-15

    6-15
    7-35
    11-85

    HAUTE NORMANDIE

    Eure
    Seine-Maritime

    2008-2010
    2008-2010

    26-36
    15-32

    1-23
    13-23

    4-104
    51-83

    * nombres minimum et maximum de médecins participants et de cas selon les années ; ** incidence minimale et maximale estimée au cours des années de surveillance.
  •  

    Estimation des incidences départementales ou régionales, France, 2000-2012 (Réseau Sentinelles et Etudes InVS/Cire)

  •  

    Région d'étude

    Année d'étude

    Source des données

    Population d'étude

    Séroprévalence

    Références bibliographiques

    Ouest (16 départements) Bretagne, Pays de Loire, Basse-Normandie, Poitou-Charentes

    <1989

    MSA1

    Affiliation MSA
    Forestiers
    Personnel administratif

    20,5 % [17,4-23,6] ; (133/653)
    21,8 % [18,4-25] ; (129/592)
    3,7 % [0-7,8] ; (3/80)

    Doby JM et al. 1989

    Berry Sud

    1995-1996

    non précisée

    Chasseurs

    15 % (25/170)

    Christiann C et al. 1997

    Berry Sud

    17-24/05/1995 et 19/06/1995

    Collecte sang
    (3 villes)

    Donneurs de sang

    3,3 % (6/82)

    Christiann C et al. 1997

    Ile-de-France

    <1997

    MSA1

    Forestiers

    Donneurs de sang

    15,2 % (32/211)

    3,2 % (1/31)

    Zhioua E et al. 1997

    Alsace

    Nov.-Déc. 1996

    MSA1

    Forestiers

    18,2 % (80/442)

    Cire Est, 1999

    Grand Est (Alsace, Lorraine, Franche-Comté, Bourgogne, Champagne-Ardenne)

    2002 - 2003

    MSA1

    Forestiers

    14 % (419/2975)
    Prévalence haute chez bûcherons en Alsace, en Lorraine

    Thorin C et al. 2008

    1 MSA : Mutualité sociale agricole.

Il n’existe pas de surveillance européenne centralisée standardisée. La borréliose de Lyme est incluse dans le programme "Emerging and vector borne diseases" de l’European Centre for Disease Prevention and Control.
Les principales sources de données européennes proviennent de trois revues de la littérature internationale :

  • EUCALB : Epidemiology of European Lyme borreliosis ;
  • OMS Europe. Lyme borreliosis in Europe: influences of climate and climate change, epidemiology, ecology and adaptation measures (E. Lindgren, TGT Jaenson) 2006 ;
  • Hubalek Z. Epidemiology of Lyme borreliosis, in Lipsker D, Jaulhac B (eds) : Lyme borreliosis Curr Probl Dermatol. Basel, Karger,2009,37:31-50.

La comparaison des données entre les pays est limitée par la diversité :

  • des sources de données : surveillance laboratoire (notification des tests positifs), déclaration obligatoire, études d’incidence prospectives, études de séroprévalence ;
  • du niveau géographique : national, régional, infrarégional ;
  • de la période d’étude ;
  • de l’hétérogénéité des définitions de cas cliniques et biologiques.

Dossier Borréliose de lyme

Haut de page