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Rubéole

Publié le 17/01/2007 - Dernière mise à jour le 18/02/2016

Données épidémiologiques

Le nombre d’infections rubéoleuses diagnostiquées durant la grossesse et recensées par le réseau Rénarub a diminué de 80% entre 2001 (39 cas) et 2006 (7 cas).  Entre 2007 et 2011, 5 cas d’infections maternelles étaient recensés en moyenne chaque année. Depuis, 13, 12 et 6 infections maternelles ont été rapportées en 2012, 2013 et 2014 ; les ratios « nombre d’infections maternelles / nombre de naissantes vivantes » étaient de 1,64, 1,54 et 0,77/100 000 respectivement.
Depuis 2006, le nombre annuel de grossesses interrompues dans un contexte d’infection maternelle recensées par Rénarub est inférieur ou égal à 3, le nombre d’infections congénitales inférieur ou égal à 5 et le nombre de nouveau-nés atteints de rubéole congénitale malformative (RCM) inférieur ou égal à 3.
Les résultats témoignent d’une persistance de la circulation du virus, à un niveau faible mais non conforme à l’objectif d’élimination de la rubéole fixé à 2015 au niveau européen (Bureau régional OMS).

En 2014, le nombre de laboratoires du réseau Rénarub était de 162 sur l'ensemble du territoire national dont 154 en France métropolitaine et 8 en départements outre-mer. Le taux de participation effective des laboratoires sollicités a été de 75 % (participation des laboratoires aux deux semestres d'enquête) sachant que 82 % des laboratoires ont participé à au moins un semestre d'enquête (voir liste des laboratoires participants). Le taux de retour des dossiers complétés par les cliniciens ayant pris en charge les patientes a été de 100% (48 dossiers).
Trois infections rubéoleuses maternelles certaines et 3 infections probables ont été recensées en France métropolitaine, aucune dans les DOM-TOM (Tableau 1). Deux infections congénitales ont été diagnostiquées ayant entrainé 2 rubéoles congénitales malformatives.

 

2005

2006

2007

2008

2009

2010

2011

2012

2013

2014

Nombre de cas notifiés par les laboratoires (IgM+)

110

118

75

65

144

123

140

149

151

92*

Cas exclus

94

111

70

63

137

119

132

136

139

86

Primo ou réinfections possibles

5

7

4

7

14

6

5

6

0

1

Perdues de vue, dossiers non retournés

9

26

4

31

47

23

12

17

2

2

Autres**

80

78

62

25

76

90

115

113

137

83

Infections rubéoleuses maternelles certaines et probables

16

7

5

2

7

4

8

13

12

6

Primo-infections certaines

11(c)

3

4

1

5

2

5

12

10

3

Réinfections certaines

1

0

0

0

0

0

0

0

1

0

Infections certaines

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

Primo-infections probables

2

2

1

0

1

1

3

0

1

3

Réinfections probables

1

1

0

1

1

1

0

1

0

0

Infections probables

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

Nombre d’infections congénitales

9

0

2

0

2

1

2

3

5

2

Rubéole congénitale malformative (nouveaux nés)

2

0

0

0

1

0

1

0

3

2

Rubéole malformative (interruption de grossesse)

0

0

0

0

1

0

0

0

0

0

Infection rubéoleuse non malformative ou état clinique inconnu (nouveaux nés ou fœtus)

7

0

2

0

0

1

1

3

2

0

(c) grossesse gémellaire

* En 2014, la baisse du nombre de dossiers initiaux peut s’expliquer d’une part par le « tri » désormais opéré par le CNR à réception de ces dossiers mais aussi par un infléchissement de la participation des laboratoires (-7% par rapport à 2013)
** dont Absence de grossesse, Immunité antirubéoleuse antérieure à la grossesse, vaccination pendant la grossesse

Figure 1

Evolution du ratio infections rubéoleuses chez les femmes enceintes sur naissances vivantes – France métropolitaine, 1976-2014 (RRO=Vaccin trivalent Rougeole-rubéole-oreillons)

Figure 1 - Evolution du ratio infections rubéoleuses chez les femmes enceintes sur naissances vivantes – France métropolitaine, 1976-2014

En 2014, l’issue de la grossesse a été renseignée pour les 6 cas. Parmi les 6 enfants nés de mères infectées, 2 sont nés infectés et présentaient des signes de rubéole congénitale malformative ; 2 sont nés non infectés, et pour 2 enfants asymptomatiques, le statut infectieux n’a pas été déterminé (Figure 2).  Aucune grossesse n’a été interrompue.

Figure 2

Evolution du nombre d’infections maternelles ayant donné lieu à des interruptions de grossesse ou à la naissance d’enfants atteints de rubéoles congénitales malformatives – 1997 à 2014

Figure 2 - Evolution du nombre d’infections maternelles ayant donné lieu à des interruptions de grossesse ou à la naissance d’enfants atteints de rubéoles congénitales malformatives – 1997 à 2014

Le ratio « nouveaux nés atteints de rubéole congénitale malformative (RCM) recensés par Rénarub / nombre de naissances vivantes (NV) » en France métropolitaine était de 0,13 / 100 000 (Figure 3).

Figure 3

Evolution du ratio infections rubéoleuses chez les femmes enceintes et syndromes de rubéole congénitale malformative sur naissances vivantes – France métropolitaine, 2001-2014

Figure 3 - Evolution du ratio infections rubéoleuses chez les femmes enceintes et syndromes de rubéole congénitale malformative sur naissances vivantes – France métropolitaine, 2001-2014

Le pays de naissance de la mère a été documenté pour les 6 infections maternelles ; 3 sont nées hors de France (Afrique du nord, Afrique de l’ouest et Afrique australe).

Il n’y a pas eu de cas groupé et les 6 infections maternelles étaient réparties sur le territoire.

Les données collectées à travers le réseau Rénarub en 2014 restent en faveur d’une faible circulation résiduelle du virus de la rubéole reflétant un niveau d’immunité élevé des femmes en âge de procréer du fait du rattrapage vaccinal.
Ce niveau de réceptivité au virus a été estimé en métropole à 3,1% chez les femmes âgées de 18 à 32 ans dans l’enquête de séroprévalence conduite chez les donneurs de sang en 2013 . Cependant, le niveau de réceptivité est plus élevé chez les hommes (7,8%) et les niveaux de couverture vaccinale en France sont hétérogènes en fonction des départements  ce qui pourrait favoriser l’éclosion de foyers localisés de circulation virale.
La moitié des infections maternelles en 2014 ont concerné des femmes nées dans des pays où les programmes de vaccination ne comportent pas la vaccination anti-rubéoleuse. Toutefois, nous ne connaissons pas la date d’arrivée de ces femmes sur le territoire français.
Une sous-estimation du nombre réel des infections maternelles est possible au sein du réseau Rénarub, pouvant être essentiellement liée à un défaut de diagnostic chez la femme enceinte, les infections rubéoleuses étant fréquemment asymptomatiques ou atypiques.
La participation active, depuis la création de Rénarub, des laboratoires spécialisés recevant notamment des échantillons de contrôle lorsqu’une infection maternelle est suspectée, laisse penser que même si le réseau n’est pas totalement exhaustif, et si le taux de participation de l’ensemble des laboratoires ou des cliniciens n’est pas de 100%, la très grande majorité des cas certains et probables est capturée par le système de surveillance.
Le Centre national de référence (CNR) des infections rubéoleuses maternofoetales a été nommé en 2012 pour apporter notamment une expertise auprès des laboratoires, un appui aux diagnostics en cas de besoin, une aide à la datation des primo-infections maternelles et contribuer à la surveillance épidémiologique et virologique.
Le CNR est désormais intégré dans le circuit de transmission des données recueillies par les laboratoires partenaires du réseau Rénarub. 

1 Antona D et al. Enquête de séroprévalence rougeole-rubéole chez les donneurs de sang, France, 2013. JNI Nancy, 10-12 juin 2015. http://www.infectiologie.com/UserFiles/File/medias/JNI/JNI15/posters/2015-poster-JNI-PADS01-07.pdf

2Dossier couverture vaccinale

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