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Infection à coronavirus

Publié le 15/05/2013 - Dernière mise à jour le 23/05/2016

Infection à nouveau coronavirus (MERS-CoV)

En septembre 2012, un nouveau virus a été identifié en Arabie Saoudite et au Qatar chez des patients présentant des pneumonies sévères. Suite à l’apparition de ce nouveau virus, une surveillance a été mise en place sous la coordination de l’Organisation mondiale de la santé afin de détecter de manière précoce la survenue d’autres cas éventuels. En France, cette surveillance est coordonnée par l’InVS depuis le 1er octobre 2012 : elle repose sur la détection précoce des cas suspects importés de l’étranger, en lien avec les données fournies par la veille internationale qui permettent d’adapter régulièrement la liste des pays à risque.

Le nouveau coronavirus (MERS-CoV) est un virus proche du virus du Sras mais n’avait encore jamais été détecté chez l’homme avant 2012. L’infection à MERS-CoV se manifeste le plus souvent par une fièvre et des signes respiratoires pouvant se compliquer par un syndrome de détresse respiratoire aiguë. La période d’incubation maximale est actuellement estimée à 14 jours. La détection des cas concerne toutes les personnes ayant voyagé ou séjourné dans les zones géographiques considérées comme à risque (péninsule arabique et pays voisins), présentant des signes d’infection respiratoire aiguë sévère, au cours des 14 jours après le retour de la zone d’exposition, ainsi que leurs contacts. Les foyers épidémiques les plus importants décrits sont survenus dans des contextes nosocomiaux et familiaux, essentiellement dans la péninsule arabique. Le principal réservoir animal à l’origine de cette émergence chez l’homme est probablement représenté par les camélidés.

Au 3 septembre 2015, le bilan mondial OMS est de 1 493 cas confirmés de MERS-CoV dont  527 décès (létalité observée de 35%) dans 26 pays différents depuis le début de l'épidémie en 2012 (dont plus de 85% des cas et des décès mondiaux pour l’Arabie saoudite).

L’Arabie saoudite, les Emirats Arabes Unis (EAU), la Jordanie et la Corée du Sud sont les quatre pays rapportant la majorité des cas ; le nombre de cas exportés ou cas secondaire en dehors de la péninsule arabique  représente une proportion faible (13 %)) du nombre de cas déclarés par l’OMS. Par ailleurs, la péninsule arabique est le lieu de grands pèlerinages musulmans (l’Umrah - tout au long de l’année et surtout pendant le ramadan - et le Hadj). Les pèlerinages du Hadj ont lieu pendant une période précise de l’année, durant laquelle plusieurs millions de pèlerins de tous les pays se rassemblent, en particulier à Médine et à La Mecque (le Hadj de 2015 est prévu autour du 21 septembre). Le risque d’exportation de la maladie peut donc s’accroitre lors du retour des pèlerins dans leurs pays d’origine (cf. note thématique). Cependant, à ce jour, l’épidémie de MERS-CoV est restée principalement localisée dans la région de la Péninsule arabique.

L’épidémie semble présenter un profil saisonnier, avec une majorité de cas recensés entre les mois de mars et mai (en dehors des clusters nosocomiaux de l'automne 2014, juin-juillet 2015 et août 2015). L’hypothèse avancée est que le début de la période de transmission pourrait correspondre à la saison de mise bas des dromadaires. L’intensification de la transmission virale entre les générations de camélidés (jeunes dromadaires non immunisés) entrainerait un risque de transmission croisée plus élevé.

La transmission interhumaine du MERS-CoV s’est effectuée le plus souvent dans un contexte de contacts prolongés entre le patient index et les cas secondaires, et elle apparaît limitée. Les premières estimations du taux de reproduction (R0) du virus variaient de 0,6 (IC95% : [0,42-0,8]) à 0,69 [0,50-0,92]. D’autres données d’une autre étude réalisée à partir de données différentes estiment le R0 à 0,5 [0,30-0,77], suggérant ainsi le faible potentiel épidémique du virus.

La contamination de patients ou de professionnels de santé dans des établissements de santé a été plusieurs observées depuis l’émergence de cette infection.  Au moins trois grands clusters hospitaliers en Arabie Saoudite ont concerné plusieurs dizaine de cas et des transmissions nosocomiales ont été décrites en Angleterre, France, Emirats Arabes Unis, et plus récemment en Corée du Sud et Jordanie. L’épidémie a montré qu’elle pouvait toucher des pays disposant d’infrastructures sanitaires de haut niveau tel qu’en Corée du Sud: entre mai et juillet 2015, 186 cas 36 décès ont été rapportés dans l’ensemble de la Corée du Sud essentiellement infectés par voie nosocomiale. D’autres clusters nosocomiaux ont été rapportés en août et septembre 2015 : respectivement à Riyadh en Arabie Saoudite et Amman en Jordanie.

La transmission nosocomiale rappelle la nécessité d’observer les mesures de prévention et de lutte contre les infections respiratoires pour éviter la propagation du MERS-CoV dans les établissements de soins. 

Documents à télécharger :

Sanna A, Ait Belghiti F, Ioos S, Campese C, Fougere E, Gauthier V, Levy Bruhl D, Herida M. Middle East Respiratory Syndrome Coronavirus (MERS-CoV) : point épidémiologique international et national deux ans après l'identification de cet agent pathogène émergent. Bull Epidemiol Hebd 2015; 1-2:7-14.

Guery B, poissy J, el mansouf L, Sejoure C, Ettahar N, Lemaire X et al. Clinical features and viral diagnosis of two cases of infection with Middle East Respiratory Syndrome coronavirus: a report of nosocomial transmission. Lancet. 2013;381(9885):2265-72.

Mailles A, Blanckaert K, Chaud P, Van der Werf S, Lina B, Caro V et al ; investigation team. First cases of Middle East Respiratory Syndrome Coronavirus (MERS-CoV) infections in France, investigations and implications for the prevention oh human-to-human transmission, France, May 2013. Euro Surveill. 2013;18(24).

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