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Surveillance des infections associées aux soins (IAS)

Publié le 29/07/2011 - Dernière mise à jour le 04/06/2012

Clostridium difficile (CD) 

Clostridium difficile est un bacille à Gram positif anaérobie sporulé responsable de 15 à 25 % des diarrhées post-antibiotiques et de plus de 95 % des cas de colites pseudomembraneuses (CPM). C’est la première cause de diarrhées infectieuses nosocomiales chez les adultes.

En bref

  • Qu’est ce que Clostridium difficile ?

Clostridium difficile (CD) est un bacille à Gram positif anaérobie sporulé qui peut être présent dans le tube digestif de l’homme adulte en bonne santé chez qui la fréquence du portage peut atteindre 3 %. Le portage asymptomatique est beaucoup plus fréquent chez les nourrissons (5 à 70 %).

Depuis 2003, les Etats-Unis et le Canada ont constaté une augmentation de l’incidence des infections à CD (ICD), liée à l’émergence et à la dissémination rapide sous forme épidémique d’un clone particulièrement virulent de CD, dénommé 027 en référence à son profil par PCR-ribotypage ; cette souche 027 a également diffusé en 2005 en Europe, à l’origine d’épidémies dans plusieurs pays. Cette souche 027 a été isolée dans quelques établissements de santé français depuis 2005. Elle a été à l’origine d’une situation épidémique dans la région Nord-Pas de Calais en 2006-2007.

  • Quelles affections sont causées par Clostridium difficile ?

Les ICD sont la première cause des diarrhées nosocomiales, seules les souches produisant des toxines sont pathogènes. CD est responsable de 15 à 25 % des diarrhées post-antibiotiques dont la sévérité est variable. Dans les formes simples, la diarrhée est en général modérée et les signes généraux sont souvent absents. Plus rarement, CD peut provoquer une inflammation sévère du colon (colite pseudomembraneuse). Dans de rares cas l’ICD peut être mortelle.

Lorsque les symptômes sont bénins, aucun traitement n'est requis : les symptômes disparaissent lorsque le patient cesse de prendre des antibiotiques. Une antibiothérapie adaptée peut-être prescrite. Pour les cas les plus sévères, un transfert en réanimation voire un traitement chirurgical est nécessaire.

  • Certaines personnes sont-elles plus à risque que d'autres ?

Les principaux facteurs de risque d’ICD sont un âge supérieur à 65 ans et l’administration d’antibiotiques qui déséquilibrent la flore intestinale, permettant ainsi aux souches de C. difficile de s’implanter et de se multiplier, une baisse des défenses immunitaires ainsi qu’une hospitalisation.

  • Comment Clostridium difficile se transmet-il ?

La contamination à CD a lieu par voie oro-fécale et sa transmission de personne à personne s’effectue directement par manuportage ou à partir de l’environnement contaminé. Elle est favorisée par la très forte dissémination et la résistance des souches dans l’environnement des patients ayant une ICD.

Ces facteurs de risque rendent compte de la fréquence des épidémies hospitalières d’ICD. La meilleure protection est le respect de l’hygiène des mains par le personnel soignant et par le patient.

  • Comment Clostridium difficile est-il détecté ?

Le diagnostic d’ICD repose sur la mise en évidence directe des toxines dans les selles ou sur l’isolement d’une souche toxinogène de C. difficile. La recherche de CD chez une personne ne présentant pas de diarrhée n’est pas recommandée.

Le diagnostic de certitude du clone épidémique 027 repose sur l’identification de son profil par PCR-ribotypage qui est effectué par le laboratoire C. difficile associé au CNR Bactéries anaérobies et botulisme et son réseau de laboratoires experts.

  • Quelles précautions sont prises lors d’une infection à Clostridium difficile à l’hôpital ?

Le patient sera le plus souvent placée dans une chambre individuelle et, en plus des précautions standard (en particulier l’hygiène des mains renforcée associant lavage puis friction d’un produit hydro-alcoolique), des précautions particulières seront prises (port de gants, blouse, désinfection de l’environnement avec de l’eau de Javel…).

Le patient et ses visiteurs doivent avoir une hygiène des mains rigoureuse, en particulier après le passage aux toilettes.

  • Quelles mesures sont prises au retour au domicile d’un patient après une infection à Clostridium difficile ?

Après guérison aucune précaution particulière n’est recommandée en dehors du lavage des mains après le passage aux toilettes et avant les repas.

Données épidémiologiques 

L’étude ICD RAISIN 2009 : incidence et caractérisation des souches responsables d’infection à Clostridium difficile (ICD) s’est déroulée en mars 2009.

Elle a été coordonnée par l’Institut de veille sanitaire (InVS) en lien avec le laboratoire C. difficile associé au CNR Bactéries anaérobies et botulisme et les 5 Centres de coordination de la lutte contre les infections nosocomiales (CClin).

En savoir plus

Données épidémiologiques Internationales

Données épidémiologiques nationales

Données épidémiologiques régionales

Laboratoire C. difficile associé au CNR Bactéries anaérobies et botulisme 

Congrès et colloques

Dernières publications

  • Birgand G, Blanckaert K, Carbonne A, Coignard B, Barbut F, Eckert C, Grandbastien B, Kadi Z, Astagneau P. Investigation of a large outbreak of Clostridium difficile PCR-ribotype 027 infections in northern France, 2006-2007 and associated clusters in 2008-2009Euro Surveill 2010;15(25). pii: 19597.
  • Infection control measures to limit the spread of Clostridium difficile.  Vonberg RP, Kuijper EJ, Wilcox MH, Barbut F, Tüll P, Gastmeier P; European C difficile-Infection Control Group; European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC), van den Broek PJ, Colville A, Coignard B, Daha T, Debast S, Duerden BI, van den Hof S, van der Kooi T, Maarleveld HJ, Nagy E, Notermans DW, O'Driscoll J, Patel B, Stone S, Wiuff C.  Clin Microbiol Infect. 2008 May;14 Suppl 5:2-20. Review
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