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Données de surveillance par pathologie

Publié le 10/03/2014 - Dernière mise à jour le 02/02/2016

Tentatives de suicide et suicides

'Les visuels qui illustrent ce dossier thématique ont été créés dans le cadre d’un projet thérapeutique au sein du service d’hospitalisation psychiatrique de l’Hôpital Tenon (AP-HP), sous la coordination du Pr Louis Jehel (psychiatre) et de Pierre-Jérôme Jehel (photographe, professeur à Gobelins). Ce projet, réalisé dans un groupe de travail mixte de professionnel de santé et des étudiants de l’Ecole de l’image (Gobelins), a donné lieu à une cinquantaine ‘d’objets psycho-visuels’ (OPV) qui ont été intégrés dans le travail de soins de l’équipe médicale du service'. En savoir plus : http://a-m-e-r.com/mots-regards/opv.

© Emmanuelle Neyret - Isabel Duarte

© Emmanuelle Neyret - Isabel Duarte

L’InVS s’est engagé dans la surveillance des tentatives de suicide (TS) ayant fait l’objet d’un recours au système de soins à partir de différentes sources - PMSI, réseaux OSCOUR® et Sentinelles.

Cependant, toutes les TS ne donnent pas lieu à une prise en charge médicale et lorsque l’individu suicidaire n’a pas eu de contact immédiat avec le système de soins, la seule modalité permettant d’approcher le risque suicidaire reste l’interrogation directe des personnes par enquête en population générale. Cette question est abordée par le biais d’une collaboration avec l’Inpes sur l’enquête Baromètre santé.
Ces études viennent compléter la surveillance du suicide réalisée par le CépiDc à partir des certificats de décès.

L’InVS contribue également à la production d’indicateurs de surveillance du suicide et du risque suicidaire selon la profession et le secteur d’activité par la mise en œuvre de dispositifs spécifiques ou par l’exploitation de données existantes. En ce qui concerne la description de la mortalité par suicide selon l’emploi, les données du CépiDc sont couplées à d’autres sources spécifiques au milieu professionnel telles que la déclaration annuelle des données sociales (Dads), ou les données professionnelles de la Mutuelle sociale agricole (MSA).

L’InVS pilote le groupe de travail "Surveillance des suicides et des tentatives de suicides" de l’Observatoire national des suicides, créé par décret en septembre 2013 et présidé par la Drees. Sa composition plurielle reflète la diversité des acteurs impliqués dans la prévention du suicide.

Observatoire national du suicide

L’Observatoire national des suicides (ONS), créé par décret en septembre 2013, est placé sous la présidence de la Ministre des Affaires sociales et de la Santé. La présidence déléguée est assurée par le directeur de la Dress et le secrétariat est assuré par la Drees.

Les missions de l’ONS

Les missions de l’Observatoire vont de la connaissance à la prévention et à l’évaluation. Elles peuvent être déclinées en cinq volets :

  • coordonner les différents producteurs de données et améliorer le suivi des suicides et des tentatives de suicide (TS) ;
  • développer les connaissances sur les facteurs de risque et les mécanismes conduisant aux suicides et aux TS afin d'améliorer la prévention ;
  • promouvoir et valoriser les dispositifs de collecte, de suivi et d'alerte sur le suicide en participant à la diffusion des résultats et en facilitant l'accès aux bases de données ;
  • évaluer l'effet des politiques publiques en matière de prévention du suicide et de TS ;
  • produire des recommandations, notamment en matière de prévention.

L’ONS est un observatoire indépendant et pluridisciplinaire dont la composition reflète la variété des acteurs qui œuvrent à la prévention du suicide (parlementaires, administrations, professionnels de santé, experts, chercheurs, parties prenantes, agences sanitaires, etc.).

Le rôle de l’InVS dans l’ONS

L’ONS est organisé en deux groupes de travail :

  • Le premier est piloté par l’Institut de veille sanitaire et porte sur la surveillance des suicides et des tentatives de suicide.
  • Le second, piloté par la Drees, est chargé d’améliorer les connaissances des mécanismes de suicides et des tentatives de suicide et de promouvoir des recherches sur ce thème.

Groupe de travail ‘Surveillance des suicides et  tentatives de suicides’

En continuité avec les travaux réalisée en 2015 à savoir l’état des lieux des sources de données sur le suicides et les tentatives de suicides disponibles en France et l’élaboration de recommandations pour l’amélioration de ces sources, en 2016, le Groupe de travail ‘Surveillance des suicides et tentatives de suicides’ a travaillé à trois grands objectifs :

  • Aborder les actions de prévention à l’échelon territoriale et fournir les données régionales et départementales afin de mieux guider les politiques locales.
  • Améliorer les données et les connaissances sur le suicide et les tentatives de suicide, conformément aux recommandations émises dans le premier rapport de l’ONS, en particulier par l’instauration d’une collaboration avec les services de médecine légale.
  • Contribuer à harmoniser le recueil des données des associations d’écoute et de prévention du suicide.

2016 : publication du deuxième rapport de l’ONS : suicide - Connaître pour prévenir : dimensions nationales, locales et associations

Rapport de l’ONS : Suicide - connaître pour prévenir : dimensions nationales, locales et associations

Ce rapport est composé de 4 parties :

  • Deux dossiers intitulés :
    - Données et actions des associations de prévention du suicide en France.
    - Facteurs de risque de suicide et de vulnérabilité au suicide.
  • Bilan des plans d’actions
    - Programme national de prévention du suicide (2011-2014)
    - Plan national d’actions contre le suicide 2011-2014 de la Mutualité sociale agricole
    - Politique de prévention du suicide des personnes détenues
  • Données locales :
    - Présentation des données de décès par suicide en 2012 et d’hospitalisations pour tentative de suicide en 2013 par région et par département
  • Sept fiches donnent des résultats issus des données des systèmes d’information  :
    - Données épidémiologiques sur les décès par suicide
    - Effet période et génération mesurables dans les statistiques de décès
    - Relation entre hospitalisation en MCO pour tentative de suicide et suicide
    - Hospitalisations pour tentatives de suicide en médecine et chirurgie en France
    - Tentatives de suicide et pensées suicidaires déclarées dans le Baromètre santé des départements d’outre-mer en 2014
    - Prévalences et évolutions des comportements suicidaires en France métropolitaine en 2014
    - Surveillance de la mortalité par suicide à l’échelle d’une entreprise ou d’une institution : exemple de l’administration pénitentiaire
  • Des annexes, dont un recueil numérique sur la thématique du suicide et sur le surendettement et le suicide.
  •  

    Pour la première année de l’ONS, l’objectif du groupe était de dresser l’état des lieux des sources de données existant en France (fonctionnement et principales caractéristiques, apports et limites) et d’élaborer des recommandations pour l’amélioration de ces sources.

    Les sujets traités sont les suivants et sont repris dans le premier rapport de l’ONS :

    • Statistique des suicides : les données de mortalité par suicide
    • Surveillance des TS à partir des bases médico-administratives :
      - PMSI-MCO : données sur les hospitalisations en médecine et chirurgie
      - RIM-P : hospitalisations en psychiatrie
      - Réseau Oscour® : données sur les passages aux urgences
    • Surveillance des antécédents de TS et du risque suicidaire par enquêtes déclaratives
      - Enquêtes en population générale
      - Enquêtes auprès de populations spécifiques
    • Données des associations sur la thématique du suicide
    • Suicides et travail 
      - Surveillance épidémiologique des suicides selon l’emploi
      - Surveillance des antécédents de TS et du risque suicidaire selon l’emploi
      - Surveillance épidémiologique des suicides en lien avec le travail
    • Recommandations issues des discussions au sein du groupe de travail « surveillance ».

    Suicide : état des lieux des connaissances et perspectives de recherche

    Rapport suicide - Etat des lieux des connaissances et perspectives de recherche

    Ce rapport est composé de 3 parties :

    • Trois dossiers intitulés :
      - Les systèmes d’information sur les suicides et les tentatives de suicides
      - Les actions de prévention du suicide
      - La recherche sur le comportement suicidaire et sa prévention.
    • Neuf fiches  donnent des résultats issus des données des systèmes d’information traités dans le dossier. Les thèmes de ces fiches sont les suivants :
      - Données épidémiologiques sur les décès par suicide
      - Pathologies associées aux suicides déclarées dans les certificats médicaux de décès
      - Hospitalisation et recours aux urgences pour tentatives de suicide
      - Tentatives de suicide déclarées et pensées suicidaires en 2005 et 2010
      - Profils et trajectoires des personnes ayant des idées suicidaires d’après l’enquête Santé et itinéraire professionnel (SIP)
      - Suicide selon l’emploi exercé
      - Surveillance de la mortalité par suicide des agriculteurs exploitants
      - Le suicide des personnes détenues en France
      - Les minorités sexuelles face au risque suicidaire
    • Des annexes, dont une revue de littérature (‘Crise de 2008 et suicides’), et un recueil numérique sur la thématique du suicide.

Tentatives de suicide : les enseignements du Baromètre santé 2010

© Frédéric Mercier - Vincent Galtier

© Frédéric Mercier - Vincent Galtier

Toutes les TS ne donnent pas lieu à une prise en charge médicale, et lorsque l’individu suicidaire n’a pas eu de contact avec le système de soins, la seule modalité permettant d’approcher le risque suicidaire reste l’interrogation directe des personnes.
Des données déclaratives sur les antécédents de tentatives de suicide, qu’elles aient conduit ou non à une prise en charge médicale, sont collectées régulièrement au cours de l’enquête Baromètre santé menée par l’Inpes. L’InVS a collaboré à l’étude des données de TS en 2010 chez les jeunes âgés de 15-30 ans. Cette tranche d’âge était la plus concernée par ce problème, 0,5 % des jeunes hommes et 1,3 % des jeunes femmes ayant fait une TS au cours des 12 derniers mois.
Les facteurs associés aux TS au cours des 12 derniers mois étaient, pour les jeunes hommes, le fait d’avoir subi des violences sexuelles au cours de leur vie ou d’autres types de violences au cours des 12 derniers mois. Parmi les jeunes femmes, les violences subies étaient également liées aux TS. S’y s’ajoutaient un jeune âge (15-19 ans) ou un faible niveau de revenu.
Près d’un jeune sur deux (46 %) ayant fait une TS était allé à l’hôpital suite à sa dernière tentative et, parmi ces derniers, 8 sur 10 avaient été hospitalisés. Plus d’un tiers des jeunes suicidants n’avaient eu recours ni à une structure, ni à un professionnel de santé.

En savoir plus : Beck F, Guignard R, Husky M, du Roscoät E, Saïas T, Michel G et al. Tentatives de suicide et pensées suicidaires parmi les 15-30 ans. In: Les comportements de santé des jeunes. Analyses du Baromètre santé 2010. Saint-Denis : Institut national de prévention et d’éducation pour la santé ; 2013. p. 235-49.

PMSI et OSCOUR® : les hospitalisations pour tentative de suicide

Le Programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI) a été exploité par l’InVS pour l’analyse des hospitalisations pour tentatives de suicide (TS).
En France métropolitaine, entre 2004 et 2011, un total de 765 616 séjours pour TS ont été comptabilisés en médecine et chirurgie, correspondant à 556 708 patients, soit environ 90 000 hospitalisations pour 70 000 patients par an. Au cours des huit années étudiées, 80 % des patients ont été hospitalisés une fois et 20 % ont été hospitalisés plusieurs fois pour TS. Quelle que soit l’année, les séjours féminins ont représenté 65 % de l’ensemble des séjours pour TS. L’absorption de médicaments était le mode opératoire des TS de loin le plus fréquent, concernant 82 % des TS hospitalisées, soit entre 70 000 et 85 000 séjours hospitaliers par an. Le taux de séjours pour TS était de 17,7 pour 10 000 habitants (13,4 pour 10 000 hommes et 21,6 pour 10 000 femmes). Les séjours hospitaliers pour TS concernant les adolescentes de 15 à 19 ans présentaient les taux les plus élevés, avoisinant 43 pour 10 000. Les régions du Nord et de l’Ouest, à l’exception de l’Île-de-France et des Pays de la Loire, avaient des taux standardisés supérieurs au taux national chez les hommes et chez les femmes.
Le taux de ré-hospitalisation pour TS progressait de 12,8 % à 12 mois jusqu’à 26,6 % à 8 ans sans différence selon le sexe ; il était plus élevé parmi les 30-49 ans et chez les patients ayant un diagnostic psychiatrique.
Entre 2007 et 2011, le réseau Oscour® (Organisation de la surveillance coordonnée des urgences) a permis d’estimer que 63 % des personnes passées aux urgences pour TS ont été hospitalisées. Parmi ces dernières, 9 % l’ont été directement en psychiatrie et 54 % dans des unités médicales ou chirurgicales. À partir des données du PMSI-MCO et d’Oscour®, le nombre de passages aux urgences pour TS en France métropolitaine est estimé entre 176 000 et 200 000 par an (entre 66 000 et 78 000 chez les hommes et entre 108 000 et 120 000 chez les femmes).

En savoir plus : Chan Chee C, Jezewski Serra D. Hospitalisations et recours aux urgences pour tentative de suicide en France métropolitaine à partir du PMSI-MCO 2004-2011 et d’Oscour® 2007-2011. Saint-Maurice : Institut de veille sanitaire ; 2014. 51 p.

Réseau Sentinelles

Les médecins généralistes (MG) ont un rôle majeur à jouer dans la prévention du suicide en termes de repérage, prévention et prise en charge des patients suicidaires. Des études auprès des MG du réseau Sentinelles montrent la difficulté que les MG rencontrent pour identifier les patients à risque suicidaire et les prendre en charge. Une première étude entre 2009 et 2011 a mis en évidence que les adultes jeunes (18-39 ans, n=106) consultaient moins leur MG que les adultes plus âgés (40 ans et plus, n=164) dans le mois précédant une tentative de suicide (TS) (40,9 % vs. 64,6 %, p=.01) et ont exprimé moins souvent des idées suicidaires lors de la dernière consultation (11,3 % vs. 21,9 %, p=.03). Dans les trois mois précédant la TS, la prise en charge des jeunes adultes par les MG était moins active en termes de soutien psychologique, de référence à des professionnels de santé mentale et de prescription d’antidépresseurs et autres psychotropes. Une deuxième étude visait à comparer la prise en charge par les MG des patients qui sont décédés par suicide (n=141) à ceux qui ont fait une TS (n=498) entre 2009 et 2013. Les patients décédés par suicide étaient plus souvent des hommes, plus âgés, avaient moins d’antécédents de TS et étaient moins souvent suivis par les MG. Toutefois, en termes de prise en charge par le MG, il n’y avait pas de différence dans les deux groupes bien que les patients décédés par suicide avaient plus souvent exprimé des idées suicidaires lors de la dernière consultation. Ces deux études montrent que des programmes de formation sur le repérage et la prise en charge du risque suicidaire des patients consultant en médecine générale seraient utiles pour aider les MG dans leur pratique.

En savoir plus : Younès N, Chan Chee C, Turbelin C, Hanslik T, Passerieux C, Melchior M. Particular difficulties faced by GPs with young adults who will attempt suicide: a cross-sectional study. BMC Fam Pract 2013;14(1):68.

Younès N, Melchior M, Turbelin C, Blanchon T, Hanslik T, Chan Chee C. Attempted and completed suicide in primary care: not what we expected? Journal of Affective Disorders 2015; 170 :150-54.

Mortalité par suicide

La mortalité par suicide est décrite à travers les données du CépiDc. L’expertise collective de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) menée sur les travaux internationaux faisant appel à l’autopsie psychologique, souligne la prévalence et l’importance des troubles mentaux dans le comportement suicidaire : un trouble mental était retrouvé dans 90 % des cas de suicide. Tous les troubles mentaux étaient représentés, la dépression majeure étant le plus fréquent.
D’après une analyse réalisée par l’InVS, la description des troubles mentaux ayant contribué au suicide, tels qu’indiqués dans les certificats de décès, ne permet pas de mettre en évidence une telle importance des troubles mentaux dans la survenue des suicides. En effet, sur la période 2000-2010, une moyenne annuelle de 10 700 décès par suicide a été enregistrée en France entière, dont 73 % d’hommes. Un trouble mental associé au décès n’était indiqué que pour 40 % d’entre eux : 49,2 % chez les femmes contre 37,2 % chez les hommes. Les troubles mentaux associés aux suicides étaient en très grande majorité des troubles de l’humeur (32,7 %) et avec une fréquence moindre : les conduites addictives – principalement l’alcoolisme – (5,4 %), les troubles anxieux (2,9 %) et les troubles psychotiques (2,4 %). En comparaison, des troubles mentaux étaient notifiés pour 9,6 % des décès autres que par suicide. Après ajustement sur le sexe et l’âge, le risque qu’au moins un trouble mental soit cité comme diagnostic associé au décès était quatre fois plus élevé lorsqu’il s’agissait d’un suicide (RR = 4,0). Ce risque relatif était de 3,5 pour les troubles psycho­tiques et s’élevait à plus de 20 pour les troubles anxieux et à 38 pour les troubles de l’humeur.

En savoir plus :

CépiDc-Inserm. Données épidémiologiques sur les décès par suicide. Fiche 1. in Suicide : Etat des lieux des connaissances et perspectives de recherche. 1er rapport de l’Observatoire national du suicide, nov 2014, p 125-131.

InVS. Pathologies associées aux suicides déclarées dans les certificats de décès. Fiche 2. in Suicide : Etat des lieux des connaissances et perspectives de recherche. 1er rapport de l’Observatoire national du suicide, nov 2014, p 132-140.

Aouba A, Pequignot F, Camelin L, Jougla E. Évaluation de la qualité et amélioration de la connaissance des données de mortalité par suicide en France métropolitaine, 2006. Bull Epidémiol Hebd 2011;(47-48):497-500.

Gourier-Fréry C, Assogba F, Chan-Chee C. Quelles sont les causes de mortalité des personnes présentant des troubles mentaux ? Congrès français de psychiatrie. 4e édition. Paris 2012. [communication orale]

Risque suicidaire exploré d’après le programme Samotrace

© Charlotte Calament - Charles Tomlison

© Charlotte Calament - Charles Tomlison

Le risque suicidaire a été exploré entre janvier 2006 et mars 2008, dans le cadre de l’enquête Samotrace. Il concernait près de 10 % des femmes et 7 % des hommes.
 Chez les hommes, ce risque suivait un gradient social, les catégories sociales les plus favorisées étant les moins concernées. Bien que les résultats ne soient pas significatifs, le secteur de la santé et de l’action sociale, et celui des transports et communications semblaient être plus particulièrement concernés.
Chez les femmes, le risque suicidaire selon l’emploi était moins contrasté.

En savoir plus : Cohidon C, Rabet G, Caillet E, Imbernon E. Risque suicidaire et activité professionnelle. Bull Epidémiol Hebd 2011;(47-48):501-4.

Exploitation des données du Baromètre santé 2005 de l’Inpes

La population étudiée comprenait 6 264 hommes et 7 389 femmes, actifs en emploi au moment de l'enquête. La prévalence des tentatives de suicides (TS) au cours de la vie était décrite selon la catégorie socioprofessionnelle. La prévalence des TS au cours de la vie était plus élevée chez les femmes que chez les hommes (6,6 % vs 3,1 %). Dans la population des salariés, les catégories des ouvriers et des employés étaient les plus concernées par les TS ; les cadres étaient les moins touchés. Les agriculteurs exploitants étaient les moins concernés par les TS (0,4 % des hommes, 4,1 % des femmes).

En savoir plus : 

Cohidon C, Geoffroy Perez B, Fouquet A, Le Naour C, Goldberg M, Imbernon E. Suicide et activité professionnelle en France : premières exploitations de données disponibles. Saint-Maurice : Institut de veille sanitaire ; 2010. 8 p.

Cohidon C, Santin G, Geoffroy Perez B, Imbernon E. Suicide et activité professionnelle en France. Rev Epidemiol Santé Publique 2010;58(2):139-50.

Santin G, Cohidon C, Geoffroy Perez B. Suicide et activité professionnelle en France : premier état des lieux à partir du Baromètre santé 2005 de l'Inpes et du programme Cosmop de l'InVS. Santé mentale et travail. 4e journée scientifique du département santé travail, Paris, 26 mars 2009. [communication orale]

Les données de Cosmop  pour l’étude de la mortalité par suicides

Les données du programme Cosmop ont fait l’objet de deux exploitations dans le domaine du suicide, l’une basée sur les déclarations annuelles des données sociales (Dads) et l’autre sur les données de l’échantillon démographique permanent (EDS).
L’étude basée sur les Dads visait la description de la mortalité par suicide et son évolution au cours du temps dans la population des salariés (hommes), selon les secteurs d'activité auxquels ils appartenaient. Sur la période 1976-2002, le taux standardisé de mortalité par suicide a été estimé à 25,1/100 000 (en population, ce taux est de 33,4/100 000, même standardisation). On ne constatait pas d'évolution notable au cours du temps. En revanche, les taux de mortalité différaient sensiblement selon les secteurs d'activité. Le secteur de la santé et de l'action sociale présentait le taux de mortalité par suicide le plus élevé (34,3/100 000). Venaient ensuite les secteurs de l'administration publique (en dehors de la fonction publique d'État) (29,8/100 000), de la construction (27,3/100 000) et de l'immobilier (26,7/100 000). L'analyse par groupe socioprofessionnel montrait des taux de mortalité près de trois fois plus élevés chez les employés et surtout chez les ouvriers par rapport aux cadres.
L’étude basée sur l’échantillon démographique permanent portait sur 187 938 hommes et 150 683 femmes, nés en France métropolitaine et actifs à l’un des recensements (1968, 1975, 1982 et 1990). L’objectif était de décrire la mortalité par suicide selon la dernière catégorie sociale connue. Les agriculteurs exploitants représentaient la catégorie sociale ayant le risque de suicide le plus élevé comparativement à celui des cadres. Chez les salariés, on observait un gradient social de mortalité par suicide quel que soit le sexe, les moins touchés étant les cadres et les plus concernés étant les ouvriers.

En savoir plus : 

Cohidon C, Geoffroy Perez B, Fouquet A, Le Naour C, Goldberg M, Imbernon E et al. Suicide et activité professionnelle en France : premières exploitations de données disponibles. Saint-Maurice : Institut de veille sanitaire ; 2010. 8 p.

Cohidon C, Santin G, Geoffroy Perez B, Imbernon E. Suicide et activité professionnelle en France. Rev Epidémiol Santé Publique 2010;58(2):139-50.

Multi-sources : suicides en lien avec le travail

L’objectif du projet était d’étudier la faisabilité de la mise en place d’un système de surveillance des suicides en lien avec le travail (dont ceux survenus sur lieu de travail) en France chez les actifs au travail, à partir de plusieurs sources. Ce système visait à la fois le dénombrement et la description des cas selon des variables caractérisant l’emploi.
L’étude comportait une exploration des sources de données disponibles et pertinentes pour une telle surveillance. Six sources de données potentiellement utilisables ont été identifiées, dont quatre considérées comme majeures : les données de mortalité du Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc), les données de réparation au titre des accidents du travail des différents régimes de sécurité sociale (régime général, régime agricole dans un premier temps), les rapports des structures médico-légales et les signalements de l’Inspection du travail. L’exploration des sources données et l’étude pilote ont montré que l’accès à ces sources était plus ou moins facile, qu’aucune source n’était exhaustive et que chacune d’entre elles présentait des limites différentes (population couverte, absence de centralisation et d’informatisation des données, sous-déclaration…). Néanmoins, malgré ces limites et difficultés, la mise en place d’un système de surveillance pourrait être envisageable. L’une des sources, les instituts médico-légaux, paraît incontournable. Cependant, le recours à cette source d’information nécessiterait le développement d’un système d’enregistrement informatique des données, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

En savoir plus : Bossard C, Cohidon C, Santin G. Mise en place d’un système de surveillance des suicides en lien avec le travail. Etude exploratoire. Saint-Maurice : Institut de veille sanitaire ; 2013. 90 p.

Mortalité par suicide des exploitants agricoles

L’étude a été menée par l’InVS, en partenariat avec la caisse centrale de la Mutualité sociale agricole (MSA) et a concerné les années 2007, 2008 et 2009. La population étudiée comportait en moyenne 500 164 personnes par an, dont 68 % d’hommes et 32 % de femmes. Durant les trois années, 2 769 décès ont été observés chez les hommes et 997 chez les femmes. Parmi ces décès, on a observé 417 suicides chez les hommes (respectivement 130, 146 et 141 en 2007, 2008 et 2009) et 68 chez les femmes (respectivement 19, 27 et 22 en 2007, 2008 et 2009). Sur l’ensemble de la période étudiée, les suicides représentaient la troisième cause de décès de cette population. La comparaison de la mortalité par suicide des agriculteurs exploitants avec celle des hommes du même âge dans la population française montrait un excès de suicides de 28 % en 2008 et de 22 % en 2009. Cet excès était surtout marqué en 2008 et en 2009, chez les hommes, dans les classes d’âge de 45 à 64 ans et dans les secteurs des filières d’élevage bovins-lait et bovins-viande.

En savoir plus : Bossard C, Santin G, Guseva Canu I. Surveillance de la mortalité par suicide des agriculteurs exploitants. Premiers résultats. Saint- Maurice : Institut de veille sanitaire ; 2013. 28 p.

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