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Maladies cardio-vasculaires

Publié le 15/04/2010 - Dernière mise à jour le 08/03/2016

Les maladies cérébro-vasculaires

Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) recouvrent un ensemble de syndromes se manifestant par l’apparition brutale d’un déficit neurologique dû à des lésions cérébrales d’origine vasculaire. On distingue deux grands types d’AVC : les AVC hémorragiques, dus à une rupture d’un vaisseau sanguin, et les AVC ischémiques consécutifs à l’obstruction d’une artère cérébrale. Les accidents ischémiques transitoires (AIT) sont des accidents vasculaires d’origine ischémique caractérisés par la régression précoce et complète des déficits neurologiques, ainsi que par l’absence d’image d’infarctus cérébral. Les AVC sont des pathologies graves, handicapantes et fréquentes. En France, ils représentent la première cause de handicap moteur non traumatique, la deuxième cause de démence derrière la maladie d’Alzheimer et la première cause de mortalité chez les femmes (la troisième chez les hommes).

Les recommandations pour la prise en charge des AVC publiées en 2002 et complétées en 2009, les circulaires de 2003 et de 2007 décrivant le fonctionnement des unités neuro-vasculaires et plus récemment, le plan d’actions national AVC 2010-2014 ont permis des évolutions notables de la prévention, de la prise en charge et de l’organisation des filières de soins. Ces différentes mesures avaient pour but de répondre à l’objectif de la loi de santé publique de 2004 de réduire la fréquence et la sévérité des séquelles fonctionnelles des AVC.

  •  

    Les données recueillies par le CépiDc montrent que le nombre de décès par maladie cérébrovasculaire en cause initiale en France s’élevait à 32 541 en 2011 dont 58 % de femmes. Les AVC représentaient près de 90 % des décès par maladie cérébrovasculaire avec 28 461 décès en 2011 dont 11 973 chez les hommes et 16 488 chez les femmes. Après standardisation sur l’âge, les hommes avaient un taux de mortalité par maladie cérébrovasculaire et par AVC supérieur à celui des femmes.

    Nombre et taux de décès par maladie cérébrovasculaire et AVC selon le sexe et l'âge, 2011

     

    Maladies cérébrovasculaires

    Accident vasculaire cérébral

     

    Hommes

    Femmes

    Total

    Hommes

    Femmes

    Total

    Nombre de décès

    Moins de 25 ans

    27

    23

    50

    20

    18

    38

    25-44 ans

    184

    148

    332

    177

    144

    321

    45-64 ans

    1 612

    859

    2 471

    1 493

    787

    2 280

    65-84 ans

    6 928

    6 627

    13 555

    5 997

    5 879

    11 876

    85 ans et plus

    5 029

    11 104

    16 133

    4 286

    9 660

    13 946

    Total tous âges

    13 780

    18 761

    32 541

    11 973

    16 488

    28 461

    Taux brut*

    Moins de 25 ans

    0,3

    0,2

    0,2

    0,2

    0,2

    0,2

    25-44 ans

    2,2

    1,7

    2,0

    2,1

    1,7

    1,9

    45-64 ans

    19,3

    9,8

    14,4

    17,8

    8,9

    13,3

    65-84 ans

    169,9

    126,7

    145,6

    147,1

    112,4

    127,6

    85 ans et plus

    973,6

    923,5

    938,6

    829,7

    803,4

    811,3

    Total tous âges

    43,7

    55,9

    50,0

    38,0

    49,1

    43,7

    Taux standardisé**

    57,8

    44,2

    50,0

    50,1

    38,9

    43,7

    *Taux pour 100 000 habitants.
    **Taux standardisés sur l’âge de la population européenne d’Eurostat (IARC, 2010).
    Champ : France entière.
    Sources : données de mortalité : Inserm-CépiDc, statistiques démographiques : Insee.
    En 2009, les estimations de l’OMS à partir de la base HFA-DB, ainsi que celles délivrées par Eurostat pour les années 2008 à 2010, plaçaient la France avec le taux standardisé de mortalité par maladie cérébrovasculaire le plus faible de l’Union européenne, précédant l’Autriche, les Pays-Bas, l’Espagne, l’Allemagne et la Belgique.
    Entre 2000 et 2011, les taux standardisés de mortalité par maladie cérébrovasculaire et AVC ont diminué de plus de 35 % tous âges confondus et d’environ 30 % chez les moins de 65 ans.

    Evolution des taux* de décès par maladie cérébrovasculaire selon le sexe de 2000 à 2011

    Maladies cérébrovasculaires - Evolution des taux de décès par maladie cérébrovasculaire selon le sexe de 2000 à 2011

    Evolution des taux* de décès par AVC selon le sexe de 2000 à 2011

    Maladies cérébrovasculaires - Evolution des taux de décès par AVC selon le sexe de 2000 à 2011

    * Taux pour 100 000 habitants, standardisés sur l’âge selon la population européenne d’Eurostat (IARC, 2010).
    Champ : France entière.
    Sources : données de mortalité : Inserm-CépiDc, statistiques démographiques : Insee.
  •  

    L’analyse des taux standardisés régionaux montre des disparités importantes de mortalité par AVC sur le territoire français. La mortalité était très élevée dans tous les DOM. En métropole, le Nord-Pas-de-Calais, la Bretagne et le Limousin affichaient les taux les plus élevés dépassant de plus de 10 % le taux national moyen. Les régions Ile-de-France et Rhône-Alpes avaient les taux les plus bas du territoire français.

    En savoir plus : Gabet A et al. Bull Epidemiol Hebd 2014;26.

    Les données des registres ont renseigné la mortalité à 28 jours pour le regroupement des années 2008-2010 : elle était de 12 % pour Dijon, 15 % pour Brest et 20 % pour Lille. Par ailleurs, le registre de Dijon a observé une nette amélioration du pronostic : entre 1985 et 2004, il y a eu une importante réduction de la létalité à 28 jours des AVC tous âges confondus (-44 %).

    En savoir plus : Béjot Y et al. Bull Epidemiol Hebd 2007;17.

    Maladies cérébrovasculaires - Décès pour AVC 2008-2010 - Hommes/Femmes - Taux standardisés régionaux (Europe 2010)

    Maladies cérébrovasculaires - Décès prématurés par AVC 2008-2010 - Hommes/Femmes - Taux standardisés régionaux (Europe 2010)

  •  

    En 2013, 130 457 patients domiciliés en France ont eu une hospitalisation complète pour maladie cérébrovasculaire (hors AIT). Pour 108 499 patients, le diagnostic principal était un AVC avéré. Les taux de patients hospitalisés étaient plus élevés chez les hommes que chez les femmes, que le diagnostic soit une maladie cérébrovasculaire ou un AVC.

    En savoir plus : Tuppin P et al. 2013.

     

    Nombre et taux de patients hospitalisés en soins de courte durée MCO pour maladie cérébrovasculaire et AVC selon l'âge et le sexe, en 2013

     

    Maladies cérébrovasculaires

    Accident vasculaire cérébral

     

    Hommes

    Femmes

    Total

    Hommes

    Femmes

    Total

    Nombre de patients hospitalisés

    Moins de 25 ans

    634

    518

    1 152

    520

    404

    924

    25-44 ans

    3 061

    2 939

    6 000

    2 663

    2 190

    4 853

    45-64 ans

    18 294

    9 813

    28 107

    14 475

    7 464

    21 939

    65-84 ans

    35 968

    28 436

    64 404

    27 612

    24 348

    51 960

    85 ans et plus

    10 210

    20 584

    30 794

    9 231

    19 592

    28 823

    Total tous âges

    68 167

    62 290

    130 457

    54 501

    53 998

    108 499

    Taux brut*

    Moins de 25 ans

    6,2

    5,3

    5,7

    5,1

    4,1

    4,6

    25-44 ans

    37,0

    34,7

    35,8

    32,2

    25,9

    29,0

    45-64 ans

    218,3

    111,1

    163,3

    172,8

    84,5

    127,5

    65-84 ans

    825,2

    520,8

    656,0

    633,5

    445,9

    529,2

    85 ans et plus

    1 801,3

    1 598,9

    1 660,8

    1 628,6

    1 521,8

    1 554,5

    Total tous âges

    214,3

    183,9

    198,7

    171,4

    159,5

    165,2

    Taux standardisé**

    254,6

    162,0

    203,5

    203,8

    138,0

    167,9

    *Taux pour 100 000 habitants.
    **Taux standardisés sur l’âge de la population européenne d’Eurostat (IARC, 2010).
    Champ : France entière.

    L’analyse de l’évolution entre 2002 et 2013 des taux standardisés de patients hospitalisés pour AVC montre une légère diminution chez les hommes (-3,0 %) et les femmes (-1,7 %) tous âges confondus. En revanche, chez les moins de 65 ans, ce taux a significativement augmenté de près de 20 % entre 2002 et 2013, aussi bien chez les hommes que chez les femmes. Ces résultats sont cohérents avec les données du registre des AVC de Dijon qui montraient une augmentation de l’incidence des AVC chez les moins de 55 ans entre 1985 et 2011.

    En savoir plus :
    Béjot Y et al. 2013
     De Peretti C et al. Bull Epidemiol Hebd 2012;10-11.

    Evolution des taux* de patients hospitalisés avec un diagnostic principal de maladie cérébrovasculaire selon le sexe de 2002 à 2013

    Evolution des taux de patients hospitalisés avec un diagnostic principal de maladie cérébrovasculaire selon le sexe de 2002 à 2013

    Evolution des taux* de patients hospitalisés avec un diagnostic principal d'AVC selon le sexe de 2002 à 2013

    Evolution des taux de patients hospitalisés avec un diagnostic principal d’AVC selon le sexe de 2002 à 2013

    *Taux pour 100 000 standardisés sur l’âge selon la population européenne d’Eurostat (IARC, 2010)
    Champ : France entière
    Sources : Base nationale PMSI (ATIH), statistiques démographiques : Insee

    La France figure au 5e rang des taux hospitalisations les plus bas de l’Union européenne pour maladie cérébrovasculaire d’après les données de la base HFA-DB de l’OMS derrière Malte, l’Irlande, l’Espagne et le Royaume-Uni.

    Prise en charge en unité neuro-vasculaire

    Le PMSI MCO objective l’évolution de la prise en charge des AVC constitués en unité neuro-vasculaire (UNV). Entre 2007 et 2009, l’hospitalisation des AVC en UNV est passée de 10 % à 26 %, suite à l’ouverture de nouvelles UNV ; parallèlement, la proportion d’hospitalisations dans un établissement de santé ayant une UNV est passée de 23 % à 47 %.

  •  

    De même que pour la mortalité par AVC, il existait des disparités régionales importantes avec des taux élevés dans le Nord-Pas-de-Calais, en Picardie, Bretagne, Franche-Comté, ainsi que dans les DOM.

    Maladies cérébrovasculaires - Patients hospitalisés pour AVC 2012 - Taux standardisés régionaux - Tous ages (Europe 2010)

Patients hospitalisés en soins de suite et réadaptation (PMSI-SSR)

La proportion de patients transférés en soins de suite ou de réadaptation à la suite d’une hospitalisation complète pour AVC non létal a été estimée à 31,7 % en 2007 (24,3 % en soins de suite médicaux et 7,5 % en rééducation fonctionnelle). La proportion de patients hospitalisés en soins de suite ou de réadaptation a légèrement augmenté en 2009, atteignant 33,8 % (10,4 % en rééducation fonctionnelle).

En savoir plus :
Schnitzler A et al 2014
De Peretti C et al. 2012)

Affections de longue durée

En 2008, le nombre de personnes admises en ALD pour "AVC invalidant" (ALD n°1) par l’un des trois principaux régimes d’assurance maladie (CnamTS, Régime des indépendants, Mutualité sociale agricole) était égal 45 600 ; au total, le nombre de bénéficiaires de l’ALD n°1 au 31 décembre 2008 s’élevait à 306 000. Ces nombres ont augmenté en 2009 : 49 500 admissions et 330 000 bénéficiaires.

Les enquêtes déclaratives "Handicap Santé Ménages" et "Handicap Santé Institution" constituent des sources de donnée permettant d’estimer le poids des séquelles d’AVC en population générale, selon le point de vue des patients. Selon ces enquêtes, la prévalence des antécédents d’AVC a été estimée à 1,2 % (soit 770 000 personnes en 2008-2009) et la prévalence des antécédents d’AVC avec persistance de séquelles, à 0,8 % (soit 505 000 personnes). Près de la moitié des personnes avec séquelles d’AVC (45 %) ont déclaré avoir des difficultés pour au moins une activité élémentaire de la vie quotidienne (AVQ) et 11 % résidaient en institution.

En savoir plus : De Peretti C et al. Bull Epidemiol Hebd 2012;1.

Voir registres

Les taux d’attaque et d’incidence, estimés par les registres des AVC français, ont été standardisés. Pour la période 2008-2010, les taux d’attaque standardisés combinés pour 100 000 habitants étaient pour les hommes de 356,7 (Dijon), de 445,5 (Brest), et de 464,1 (Lille) et pour les femmes de 244,8 (Dijon), 300,9 (Brest) et 362,4 (Lille). La répartition diagnostique des AVC selon les causes était de 84 % d’AVC ischémiques pour Dijon, 83 % pour Brest et 80 % pour Lille. Ainsi, les résultats ont montré pour la période 2008-2010, des différences régionales marquées avec des valeurs globalement plus élevées à Lille qu'à Brest et Dijon, indiquant un gradient similaire à celui de la maladie coronaire.

Le registre des AVC de la ville de Dijon, qui enregistre tous les cas d’AVC depuis 1985, a observé une stabilité des taux standardisés d’incidence des AVC entre1985 et 2004 (ce taux prend en compte les primo AVC, mais pas les récidives d’AVC), mais une augmentation chez les jeunes.

En savoir plus :
Béjot Y et al. 2013
Béjot Y et al. BEH 2007 n°17

Dossier Maladies cardio-vasculaires

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