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Maladies cardio-vasculaires

Publié le 15/04/2010 - Dernière mise à jour le 08/03/2016

Les cardiopathies ischémiques

Les cardiopathies ischémiques (CPI), ou maladies coronariennes, recouvrent, un ensemble de troubles dus à l’insuffisance des apports d’oxygène au muscle cardiaque (myocarde) du fait du développement et des complications de l’athérosclérose au niveau d’une (ou plusieurs) artère(s) coronaire(s). L’occlusion des artères coronaire peut être plus ou moins complète et plus ou moins brutale. Le défaut d’apport en oxygène qui en résulte peut entraîner des lésions du myocarde de gravité variable, de l’ischémie à la nécrose myocardique.

Cliniquement, ces lésions se traduisent par différents symptômes, de l’angor stable au syndrome coronaire aigu (SCA) et, à l’infarctus du myocarde (IDM). La souffrance myocardique peut aussi provoquer des troubles graves du rythme cardiaque et être responsable de mort subite coronaire. En outre, les lésions du myocarde peuvent être responsables d’une insuffisance cardiaque, aiguë ou chronique.

Les principaux facteurs de risque des CPI sont l’âge, le sexe masculin, le tabac, l’hypercholestérolémie, le diabète, l’obésité, l’hypertension, le stress et la sédentarité. En dépit d’une diminution importante de la mortalité par CPI depuis les années 1980, cette pathologie représente, en France, la deuxième cause de décès chez les femmes (après les maladies cérébro-vasculaires) et chez les hommes (après les cancers).

  •  

    Les données recueillies à partir des certificats de décès montrent que le nombre de décès par CPI, en cause initiale, en France, s’élevait à 34 870 en 2011 dont une majorité d’hommes (58 %). Les IDM représentaient près de la moitié des décès par CPI. Le taux brut de mortalité par CPI et IDM augmentait de manière exponentielle avec l’âge. Après standardisation sur l’âge, les hommes avaient un taux de mortalité par CPI plus de deux fois plus élevé que celui des femmes (82,7 vs. 34,6 pour 100 000). Ce constat était également retrouvé pour les décès par IDM.

     

    Cardiopathies ischémiques

    Infarctus du myocarde

     

    Hommes

    Femmes

    Total

    Hommes

    Femmes

    Total

    Nombre de décès

    Moins de 25 ans

    3

    3

    6

    2

    3

    5

    25-44 ans

    396

    70

    446

    308

    54

    362

    45-64 ans

    3 648

    714

    4 362

    2 458

    504

    2 962

    65-84 ans

    9 942

    4 916

    14 858

    4 546

    2 670

    7 216

    85 ans et plus

    6 181

    8 997

    15 178

    2 293

    3 672

    5 965

    Total tous âges

    20 170

    14 700

    34 870

    9 607

    6 903

    16 510

    Taux brut*

    Moins de 25 ans

    0,0

    0,0

    0,0

    0,0

    0,0

    0,0

    25-44 ans

    4,7

    0,8

    2,8

    3,7

    0,6

    2,1

    45-64 ans

    43,6

    8,1

    25,4

    29,4

    5,7

    17,3

    65-84 ans

    243,9

    94,0

    159,6

    111,5

    51,0

    77,5

    85 ans et plus

    1 196,6

    748,3

    883,0

    443,9

    305,4

    347,0

    Total tous âges

    64,0

    43,8

    53,6

    30,5

    20,6

    25,4

    Taux standardisé**

    82,7

    34,6

    54,3

    38,3

    16,8

    26,0

    *Taux pour 100 000 habitants.
    **Taux standardisés sur l’âge de la population européenne d’Eurostat (IARC, 2010).
    Champ : France entière.
    Sources : données de mortalité : Inserm-CépiDc, statistiques démographiques : Insee.

    Selon les données 2009 de la base HFA-DB de l’OMS ainsi que celles d’Eurostat regroupant les années 2008 à 2010, la France enregistrait le taux de mortalité par CPI le plus bas parmi les 27 pays de l’Union européenne.

    Entre 2000 et 2011, le taux standardisé de mortalité par CPI a diminué de 40 % chez les hommes et de 45 % chez les femmes, tous âges confondus. Chez les moins de 65 ans, le taux de mortalité a diminué de manière plus importante chez les hommes que chez les femmes (-36 % vs. -25 %). Cette réduction globale de la mortalité coronaire est due pour partie à la réduction des événements coronaires aigus et pour partie à la réduction de leur létalité à 28 jours. Ces évolutions sont attribuées aux améliorations conjuguées de la prévention primaire, individuelle et collective, de la prise en charge des patients coronariens, ainsi que des traitements de prévention secondaire prescrits après un premier infarctus du myocarde.

    En savoir plus : Numéro Thématique Bull Epidemiol Hebd 2011;40-41

    Evolution des taux* de décès par CPI selon le sexe de 2000 à 2011

    Evolution des taux* de décès par CPI selon le sexe de 2000 à 2011

    Evolution des taux* de décès par IDM selon le sexe de 2000 à 2011

    Evolution des taux* de décès par IDM selon le sexe de 2000 à 2011

    * Taux pour 100 000 habitants, standardisés sur l’âge selon la population européenne d’Eurostat (IARC, 2010).
    Champ : France entière.
    Sources : données de mortalité : Inserm-CépiDc, statistiques démographiques : Insee.
  •  

    L’analyse des taux standardisés régionaux montre des disparités importantes de mortalité par CPI sur le territoire français. En France métropolitaine, les régions Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Normandie, Bretagne, Alsace et Auvergne présentaient des taux élevés de mortalité par CPI, dépassant de plus de 10 % le taux national moyen. Dans les DOM, la Réunion présentait le taux le plus élevé du territoire français (84,1/100 000). Les régions Ile-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur et les trois autres départements d'outre-mer (Martinique, Guadeloupe et Guyane) affichaient des taux inférieurs de plus de 10 % au taux national.

    En savoir plus : Gabet A et al. Bull Epidemiol Hebd 2014;26.

    Décès pour cardiopathies ischémiques 2008-2010 - Hommes/Femmes - Taux standardisés régionaux

    Décès prématurés pour cardiopathies ischémiques 2008-2010 - Hommes/Femmes - Taux standardisés régionaux

  •  

    En 2013, 219 698 patients domiciliés en France ont eu au moins une hospitalisation complète pour CPI (primo évènements et récidives compris) et 61 611 pour IDM. Les taux de patients hospitalisés étaient 3 fois plus élevés chez les hommes que chez les femmes, par les CPI ou les IDM.

    Nombre et taux de patients hospitalisés en soins de courte durée MCO pour CPI et pour IDM, selon le sexe et l'âge, en 2013

     

    Cardiopathies ischémiques

    Infarctus du myocarde

     

    Hommes

    Femmes

    Total

    Hommes

    Femmes

    Total

    Nombre de patients hospitalisés

    Moins de 25 ans

    124

    60

    184

    33

    19

    52

    25-44 ans

    6 667

    1 740

    8 407

    3 116

    678

    3 794

    45-64 ans

    62 205

    15 448

    77 653

    18 403

    4 059

    22 462

    65-84 ans

    77 034

    33 698

    110 732

    16 881

    8 868

    25 749

    85 ans et plus

    10 132

    12 590

    22 722

    3 726

    5 528

    9 554

    Total tous âges

    156 162

    63 536

    219 698

    42 159

    19 452

    61 611

    Taux brut*

    Moins de 25 ans

    1,2

    0,6

    0,9

    0,3

    0,2

    0,3

    25-44 ans

    80,5

    20,5

    50,2

    37,6

    8,0

    22,6

    45-64 ans

    742,4

    174,9

    451,2

    219,6

    46,0

    130,5

    65-84 ans

    1 767,5

    617,2

    1 127,8

    387,3

    162,4

    262,3

    85 ans et plus

    1 787,5

    977,9

    1 225,4

    657,4

    452,7

    515,3

    Total tous âges

    491,1

    187,6

    334,6

    132,6

    87,4

    93,8

    Taux standardisé**

    564,8

    177,2

    353,8

    150,5

    51,5

    97,1

    *Taux pour 100 000 habitants.
    **Taux standardisés sur l’âge de la population européenne d’Eurostat (IARC, 2010).
    Champ : France entière.

    D’après les données 2009 de la base HFA-DB de l’OMS, la France enregistrait un taux d’hospitalisation assez faible parmi les pays européens et se classait en 8ème position derrière entre autres l’Espagne, l’Irlande, le Portugal et le Royaume-Uni.

    L’analyse des évolutions globales entre 2002 et 2013 des taux standardisés de patients hospitalisés pour CPI montre une tendance à la baisse chez les hommes (-11,0 %) et les femmes (-17,0 %) tous âges confondus, avec une baisse plus importante pour les IDM (-15,1 % et -22,0 % respectivement pour les hommes et les femmes). Ces tendances globales recouvrent toutefois des évolutions différenciées selon le sexe et l’âge. Avant 65 ans, le taux standardisé de patients hospitalisés pour CPI a diminué de façon plus importante chez les hommes (-14,0 %) que chez les femmes (-4,3 %). Concernant les IDM, le taux standardisé parmi les moins de 65 ans est resté quasiment stable dans la population masculine (- 1,7 %), et il a fortement augmenté pour les femmes (+25,5 %).

    En savoir plus : De Peretti C et al. Bull Epidemiol Hebd 2012;41.

    Evolution des taux* de patients hospitalisés avec un diagnostic principal de cardiopathies ischémiques selon le sexe de 2002 à 2013

    Evolution des taux de patients hospitalisés avec un diagnostic principal de cardiopathies ischémiques selon le sexe de 2002 à 2013

    Evolution des taux* de patients hospitalisés avec un diagnostic principal d'IDM selon le sexe de 2002 à 2013

    Evolution des taux de patients hospitalisés avec un diagnostic principal d’IDM selon le sexe de 2002 à 2013

    *Taux pour 100 000 standardisés sur l’âge selon la population européenne d’Eurostat (IARC, 2010).
    Champ : France entière.
    Sources : Base nationale PMSI (ATIH), statistiques démographiques : Insee.
  •  

    Il existe des disparités régionales significatives, avec des taux de patients hospitalisés pour CPI élevés en Nord-Pas-de-Calais, Alsace, Lorraine, Basse-Normandie, Corse et Provence-Alpes-Côte-d’Azur, dépassant de plus de 10 % le taux national moyen. Dans les DOM, le taux de la Réunion était supérieur au taux national moyen avec 407,7/100 000. Malgré un taux de mortalité par CPI élevé, la Bretagne affichait le taux de patients hospitalisés pour la même cause le plus bas de France métropolitaine.

    Patients hospitalisés pour cardiopathies ischémaiques 2012 - Taux standardisés régionaux (Europe 2010) - Tous âges

    Patients hospitalisés pour infarctus du myocarde 2012 - Taux standardsés régionaux (Europe 2010) - Tous âges

Patients hospitalisés en soins de suite et réadaptation (PMSI-SSR) après un IDM

Dans les suites d’un IDM au premier semestre 2011, un tiers des patients a été hospitalisé en SSR dans l’année (N = 8 884 dont 6 164 hommes et 2 720 femmes) : 22,7 % en réadaptation cardiaque et 10,0 % pour une finalité "autre". La proportion de patients en réadaptation cardiaque diminuait avec l’âge : 40,6 % entre 18 et 45 ans contre 2,3 % parmi les 85 ans et plus. Par ailleurs, la proportion en réadaptation cardiaque était plus basse pour les femmes que pour les hommes avec des taux standardisés sur l’âge de 18,8 % et 23,9 % respectivement.

Les disparités régionales étaient marquées : après standardisation sur l’âge, la part de patients hospitalisés en SSR pour réadaptation cardiaque variait de 10,1 % en Champagne-Ardenne à 36,6 % dans la région Centre.

En savoir plus : De Peretti C et al. Bull Epidemiol Hebd 2014;5.

Proportions de patients hospitalisés pour réadaptation cardiaque après infarctus du myocarde selon la région de domicile (% bruts et standardisés), France, 2011

Affections de longue durée

En 2008, le nombre de personnes admises en affection de longue durée pour maladie coronarienne (ALD n°13) par l’un des trois principaux régimes d’assurance maladie (Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés, Régime des indépendants, Mutualité sociale agricole) était égal 97 800, dont 44 % étaient âgés de moins de 65 ans. Au total, le nombre de bénéficiaires de l’ALD n°13 au 31 décembre 2008 s’élevait à 1 031 700. Ces nombres ont augmenté en 2010 depuis 2008, soit 110 300 admissions pour 1 122 400 bénéficiaires.

Les données d’ALD sont des indicateurs qui sous-estiment l’incidence et la prévalence réelle, dans la mesure où l’ALD spécifique peut ne pas être demandée lorsque qu’il n’y a pas de gain financier attendu (notamment pour les patients déjà en ALD pour une autre maladie et pour ceux qui résident en institution). Ces données sont donc à utiliser avec précaution.

Les enquêtes "Handicap Santé Ménages" et "Handicap Santé Institutions" ont permis d’estimer la prévalence "déclarée" des CPI dans l’ensemble de la population française. Selon ces enquêtes, la prévalence des CPI est estimée à 2,9 % et celle des antécédents d’IDM, à 1,2 %. Ces pourcentages permettent d’estimer à 1 810 000 le nombre de personnes ayant une CPI en 2008-2009 et à 780 000, celui des personnes déclarant un antécédent d’IDM. Ces prévalences sont plus élevées pour les hommes que pour les femmes. La prévalence masculine des CPI est globalement égale à 3,9 %, versus 1,9% pour les femmes (respectivement 2,0 % et 0,6 % pour les IDM).

En savoir plus : De Peretti C et al. Bull Epidemio Hebd 2014;9-10.

Voir registres

En 2012, les taux standardisés (population européenne) d’évènements coronaires (incidents et récurrents, décédés ou non) ont été estimés pour 100 000 habitants dans les trois registres. Parmi les hommes, des taux de 492,9 (Lille), 506,0 (Bas-Rhin) et 404,5 (Haute-Garonne) ont été enregistrés. Parmi les femmes, ces taux s’élevaient à 141,9 (Lille), 157,2 (Bas-Rhin) et 94,5 (Haute-Garonne). Ainsi, d’importantes disparités géographiques ont été relevées.

Parallèlement, les registres ont observé une diminution de l’incidence des événements coronaires aigus entre les périodes 2000-2003 et 2004-2007. Cette baisse de l’incidence, c’est-à-dire des primo-événements, a été estimée globalement à -16 % pour les hommes et à -19 % pour les femmes pour les classes d’âges comprises entre 35 et 74 ans.

En savoir plus : Wagner A et al. Bull Epidemiol Hebd 2011;40-41.

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