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Maladies cardio-vasculaires

Publié le 15/04/2010 - Dernière mise à jour le 08/03/2016

L’hypercholestérolémie

Comme l’hypertension artérielle (HTA), l’hypercholestérolémie est un facteur de risque vasculaire majeur modifiable. De nombreuses études épidémiologiques ont montré que la réduction du cholestérol total et du LDL-cholestérol diminue le risque d’infarctus du myocarde et d’accident vasculaire cérébral. Le LDL-cholestérol est la fraction la plus athérogène du cholestérol : en excès, il tend à s’accumuler dans la paroi artérielle et à favoriser le développement de la plaque d’athérome. A l’inverse, la fraction non athérogène du cholestérol, le HDL-cholestérol, est associé à une diminution du risque vasculaire lorsqu’il est élevé, mais à une augmentation de ce risque quand il est trop faible. L’hypercholestérolémie peut généralement être prévenu ou traité. Des objectifs thérapeutiques précis ont été définis en fonction du nombre de facteurs de risques vasculaires associés et de l’existence de pathologies cardio-vasculaires ou d’un diabète. Le traitement diététique des hypercholestérolémies est indispensable et est souvent associé à une thérapeutique médicamenteuse.

Enquêtes avec examen de santé menées par l'InVS

L'étude nationale nutrition santé (ENNS)

Selon l’Étude national nutrition santé (ENNS 2006-2007), 30,1 % des personnes âgées de 18 à 74 ans avaient, soit un traitement hypolipémiant, soit un taux élevé de LDL-cholestérol dans le sang : 18,9 % avaient un taux de LDL-cholestérol élevé ( >1,6 g/l ) et 12,2 % suivaient un traitement médicamenteux par hypolipémiant.().

En savoir plus : De Peretti C et al. Bull Epidemiol Hebd 2013;31.

L’étude de santé sur l’environnement, la biosurveillance, l’activité physique et la nutrition (Esteban)

Différents prélèvements seront effectués au cours des examens de santé dans les centres d’examen de référence (CER). Le dosage de différents paramètres biologiques et nutritionnel sera réalisé avec notamment un bilan lipidique. Les résultats sont attendus pour 2017.

En savoir plus sur l'étude :  http://www.invs.sante.fr/Dossiers-thematiques/Environnement-et-sante/Esteban

Autre enquête : MONA LISA

Les dyslipidémies figurent parmi les principaux facteurs de risque cardiovasculaire mesurés dans les trois populations françaises de MONA LISA. Pour les 4 832 sujets de Lille, Toulouse et Strasbourg, un prélèvement biologique effectué à jeun a permis de préciser le profil lipidique : cholestérol total, cholestérol HDL, cholestérol LDL, triglycérides. Les  patients à haut risque cardiovasculaire* représentaient 16,7 % des patients de la population de MONA LISA. Il s’agit pour 37 % des patients avec des antécédents de maladies cardiovasculaires, pour 32 %, des diabétiques de type 2 à haut risque, enfin pour 31 % des sujets "multirisques", avec un risque de Framingham élevé. On constate que seuls 47 % de ces sujets reçoivent un traitement pour normaliser leur hypercholestérolémie.

Par ailleurs, le bilan de MONA LISA met en exergue l’insuffisance des résultats thérapeutiques. En effet, 27,7 % seulement des sujets à haut risque traités atteignent l’objectif défini par l’Afssaps, c’est à dire un LDL Cholestérol <1g/l. Plus le sujet est à haut risque, moins on a de chances d’avoir le seuil recommandé pour le LDL-cholestérol :

  • chez les patients à bas risque dont l’objectif thérapeutique est d’avoir un LDL-cholestérol à 1,15 g/l, 75,5 % des patients ne sont pas à cet objectif ;
  • chez les sujets à très haut risque dont l’objectif pour le LDL-cholestérol est d’avoir un LDL à 0,7 g/l, ce sont 95,8 % des sujets dont le LDL-cholestérol est au-dessus de cette valeur seuil proposée ;
  • chez les sujets sous traitement hypolipémiant, les résultats demeurent moins bons que ceux observés en population générale.

Par contre, lorsque les sujets sous traitement hypolipémiant sont analysés de manière plus précise, on s’aperçoit que la baisse du LDL-cholestérol nécessaire pour arriver au seuil est le plus souvent d’environ 30 % de baisse additive du LDL-cholestérol. Ce n’est que chez les sujets à très haut risque qu’une baisse entre 30 et 50 % s’avère nécessaire afin d’atteindre les seuils pour le LDL-cholestérol.

* Les trois catégories de patients à haut risque cardiovasculaire pour lesquels le LDL- cholestérol doit être inférieur à 1 g/l.

1/ Les patients ayant des antécédents :

  • de maladie coronaire avérée (angor stable et instable, revascularisation, IDM, IDM silencieux documenté),
  • de maladie vasculaire avérée (accident vasculaire cérébral ischémique, artériopathie périphérique à partir du stade II).

2/ Les patients ayant un diabète de type 2, sans antécédent vasculaire mais ayant un haut risque cardiovasculaire défini par :

  • une atteinte rénale*,
  • ou au moins deux des facteurs de risque suivants :
    • âge - homme de 50 ans ou plus - femme de 60 ans ou plus
    • antécédents familiaux de maladie coronaire précoce

- infarctus du myocarde ou mort subite avant 55 ans chez le père ou chez un parent du 1er degré de sexe masculin ;

- infarctus du myocarde ou mort subite avant 65 ans chez la mère ou chez un parent du 1er degré de sexe féminin

  • tabagisme actuel ou arrêté depuis moins de 3 ans
  • hypertension artérielle permanente traitée ou non (se reporter aux recommandations spécifiques)
  • HDL-cholestérol < 0,40 g/l (1,0 mmol/l) quel que soit le sexe
  • microalbuminurie (> 30 mg/24 heures).

3/ Les patients ayant un risque >20% de faire un événement coronarien dans les 10 ans (risque calculé à partir d’une équation de Framingham)

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