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Données épidémiologiques

Publié le 06/10/2009 - Dernière mise à jour le 10/11/2015

Prévalence et incidence du diabète

Prévalence

La prévalence du diabète traité pharmacologiquement en France est estimée à 4,6 % en 2012, tous régimes d’Assurance maladie confondus (BEH 2014 n°30-31), et a été actualisée à 4,7% en 2013, soit plus de 3 millions de personnes traitées pour un diabète. Une augmentation de la prévalence du diabète est observée depuis 2000. Toutefois, cette progression enregistre un ralentissement : le taux de croissance annuel moyen (TCAM) était de 5,4% sur la période 2006-2009, et de 2,3 % sur la période 2009-2013. (cf Figure ci-dessous). Ce ralentissement a également été observé récemment aux USA1.

1 Geiss LS, Wang J, Cheng YJ, Thompson TJ, Barker L, Li Y, Albright AL, Gregg EW. Prevalence and incidence trends for diagnosed diabetes among adults aged 20 to 79 years, United States, 1980-2012. JAMA. 2014 Sep 24;312(12):1218-26.

Figure : Evolution de la prévalence du diabète traité pharmacologiquement de 2006 à 2013, France

Figure : Evolution de la prévalence du diabète traité pharmacologiquement de 2006 à 2013, France

Références - Méthodologie :
(a)   Ricci P, Blotière PO, Weill A, Simon D, Tuppin P, Ricordeau R, Allemand H. Diabète traité en France : quelles évolutions entre 2000 et 2009 ? Bull Epidemiol Hebd. 2010 ;(42-43) :425-31
(b)   Mandereau-Bruno L, Denis P, Fagot-Campagna A, Fosse-Edorh S. Prévalence du diabète traité pharmacologiquement et disparités territoriales en 2012. Bull Epidémiol Hebd. 2014 ;(30-31) :493-99

Un pic de prévalence est observé entre 75 et 79 ans : 20 % des hommes et 14 % des femmes de ce groupe d’âge sont traités pour un diabète. La prévalence du diabète est toujours plus élevée chez les hommes que chez les femmes, sauf en Outre-mer.
La prévalence du diabète traité est la plus élevée dans les départements d’Outre-mer, jusqu'à deux fois plus élevée que la moyenne nationale. Elle est plus élevée dans certaines régionsde métropole, en particulier dans le Nord et le Nord-est et dans certains départements d’Ile de France, mais elle est moins élevée en Bretagne.

La prévalence du diabète est plus élevée dans les communes les plus défavorisées socioéconomiquement, chez les personnes d’un niveau socio-économique moins favorisé et dans certaines catégories socio-professionnelles. Elle est plus élevée chez les femmes d’origine maghrébine.
A l’estimation de la fréquence du diabète traité pharmacologiquement, il faut ajouter la prévalence du diabète diagnostiqué et non traité pharmacologiquement. Cette prévalence a été estimée par l’Etude nationale nutrition santé (ENNS) à 0,6 % chez les personnes âgées de 18 à 74 ans vivant en France métropolitaine en 2006-2007. Cette même étude a permis d’estimer pour la même classe d’âge, au moyen d’une unique glycémie veineuse à jeun, que la fréquence du diabète non diagnostiqué s’élevait à 1 % (glycémie >= 7 mmol/L). Cette valeur implique que, parmi les 18-74 ans, environ 20 % des personnes diabétiques ne seraient pas diagnostiquées. Mais cette proportion diminue fortement avec l’âge passant de 30 % chez les 30-54 ans à 13 % chez les 55-74 ans.
Le dosage de la glycémie à jeun, recueilli par ENNS, a également permis d’estimer la fréquence de l’hyperglycémie modérée à jeun dans la population des 18-74 ans vivant en France métropolitaine en 2006-2007 : 5,6 %. L’hyperglycémie modérée à jeun (6.1 =< glycémie < 7 mmol/L) est en effet un stade précurseur du diabète. La fréquence de l’hyperglycémie à jeun augmente régulièrement avec l’âge (1,5 % chez les 18-29 ans, 5,2 % chez les 30-54 ans et 9,5 % chez les 55-74 ans) et est environ deux fois plus élevée chez les hommes que chez les femmes (7,9 % versus 3,4 %).

En savoir plus :

Incidence

En France, l’incidence du diabète est mal connue. Toutefois, il est possible d’approcher l’incidence du diabète par l’incidence des Affections de longue durée (ALD) pour diabète. En effet, les personnes diabétiques bénéficient d’une prise en charge pour ALD, permettant l’exonération du ticket modérateur (appelée communément « prise en charge à 100 % »). Cette prise en charge n’est accordée que sur demande du médecin traitant auprès d’un médecin-conseil de l’Assurance maladie. Il faut bien noter que l’incidence des ALD-diabète ne peut pas être assimilée à l’incidence réelle du diabète. Toutefois, les caractéristiques et les évolutions au cours du temps de l’incidence des ALD-diabète peuvent apporter des informations extrapolables à l’incidence du diabète.

Une étude a été réalisée à partir des données des trois principaux régimes de l’Assurance Maladie afin de dénombrer les nouveaux cas de prise en charge pour ALD-diabète, d’estimer l’incidence de 2000 à 2006 et de la décrire par âge, sexe, région (région d’affiliation) et catégorie socio-professionnelle à partir des données.

En 2006, environ 178 000 personnes ont été admises en ALD-diabète en France métropolitaine. Globalement, le nombre d’admissions a augmenté de 2000 à 2006 (+ 32 %), quels que soient l’âge et le sexe. Le taux standardisé d’admissions en ALD-diabète a également augmenté, de 236/100 000 en 2000 à 286/100 000 en 2006. Ce taux était plus élevé chez les hommes que chez les femmes.

En 2006, le taux standardisé d’incidence atteignait 230/100 000 au sein de la population couverte par le régime général. Les taux étaient très élevés chez les commerçants (358/100 000), chez les salariés agricoles (326/100 000) et chez les artisans (305/100 000). A l’inverse, le taux d’incidence était faible chez les personnes exerçant une profession libérale (161/100 000).

Sur la période 2000-2006, les taux d’incidence, calculés globalement sur la période, étaient minimum à l’ouest de la métropole et élevés dans le nord-est, la région Centre et le bassin méditerranéen. Les taux standardisés étaient bien supérieurs en outre-mer qu’en métropole : 558/100 000 en Guadeloupe, 517/100 000 à la Réunion, 366/100 000 en Martinique et 307/100 000 en Guyane.

Environ 2 700 enfants et adolescents de moins de 20 ans ont été admis annuellement en ALD-diabète en France de 2003 à 2006. En 2006, les taux d’incidence étaient de 10/100 000 enfants âgés de 0 à 4 ans, 15/100 000 enfants de 5 à 9 ans, 21/100 000 jeunes de 10 à 14 ans et 17/100 000 jeunes de 15 à 19 ans. Entre 2003 et 2006, les taux d’incidence d’admissions en ALD-diabète avant 20 ans étaient stables.

La méthodologie et les résultats détaillés de l’étude de l’incidence des Affections de longue durée pour diabète de 2000 à 2006 sont accessibles en cliquant ici.

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