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Evaluation des programmes de dépistage des cancers

Publié le 13/10/2006 - Dernière mise à jour le 26/02/2013

Evaluation du programme de dépistage du cancer colorectal

Contexte

Dans le monde, le cancer colorectal (CCR) a une incidence annuelle d’environ 1 million de cas et une mortalité annuelle de plus de 500 000 personnes. Il constitue la seconde cause de mortalité par cancer chez les hommes et les femmes. Les taux d’incidence et de mortalité par cancer colorectal varient de manière importante selon les pays. Il est plus fréquent en Amérique du Nord, Australie, Nouvelle-Zélande et dans certaines parties de l’Europe qu’en Afrique (nord, sud, ouest, est, centrale) ou en Asie. Ces différences peuvent s’expliquer par l’alimentation, les différents modes de vie et les facteurs héréditaires. En Europe, l’incidence ne varie pas de manière très importante entre les différents pays mais la France est l’un des pays où l’incidence du cancer colorectal est la plus élevée pour les deux sexes.

En France, le cancer colorectal est la troisième localisation cancéreuse la plus fréquente chez l’homme et la deuxième chez la femme. Entre 1980-2005, l’incidence a augmenté, chez les hommes, en moyenne de 0,5 % et chez les femmes de 0,3 % par an pour atteindre respectivement 37,7 et 24,5 pour 100 000 (taux standardisé sur la population mondiale). En 25 ans, le taux de mortalité par cancer colorectal a diminué, de façon plus importante pour les femmes que pour les hommes, et 16 865 décès ont été dénombrés en 2006 : 8 901 chez l’homme et 7 964 chez les femmes. Ces estimations sont complétées par des projections qui sont publiées chaque année pour l’année en cours.

Sur la période 1989-1997, la survie relative -survie que l’on observerait pour une pathologie donnée au sein d’une population si seule cette cause de décès était présente. En d’autres termes, la survie relative prend en compte la mortalité due aux autres causes - à 5 ans du cancer colorectal était de 56 %. La survie relative diminuait progressivement et régulièrement avec l’âge jusqu’à 75 ans. Puis chutait brutalement après 75 ans. Elle était de 63 % chez les 15-44 ans et de 51 % chez les 75 ans et plus (Bouvier et al 2007).

Il a été démontré que le dépistage par la détection de sang occulte dans les selles permet de réduire la mortalité par cancer colorectal. En France, une étude contrôlée en population générale montre une réduction de 16% de la mortalité par cancer colorectal après 11 ans de suivi, sous certaines conditions d’organisation du dépistage (Faivre et al 2004).

Programme national de dépistage organisé du cancer colorectal

Mis en place initialement dans 23 départements pilotes, le programme de dépistage organisé du cancer colorectal sera généralisé à l’ensemble du territoire en 2009. A terme, la population cible représentera 16 millions de personnes. Le programme propose un test de détection de sang occulte dans les selles (Hémoccult®) tous les deux ans aux personnes âgées de 50 à 74 ans à risque moyen pour ce cancer selon les recommandations de la Conférence de Consensus de 1998, renouvelées en 2005 (www.has-sante.fr). Une coloscopie complète doit être pratiquée systématiquement en cas de test Hémoccult® positif. Les structures de gestion départementales du dépistage organisé sont chargées d’inviter la population concernée et de veiller au bon déroulement du suivi. Le premier courrier invite la population à se rendre chez son médecin généraliste (consultation non prise en charge par le dépistage organisé), et c’est le médecin généraliste qui décide, au regard des antécédents de la personne, de l’opportunité ou non de faire un test Hémoccult®.

Les personnes ayant une pathologie colique qui nécessite un contrôle endoscopique programmé, ayant des antécédents personnels d’adénomes colorectaux, ayant un parent du premier degré atteint d’un cancer colorectal avant 65 ans ou au moins deux parents du 1er degré atteints sont à risque plus élevé de cancer colorectal. Elles doivent se voir proposer une coloscopie d’emblée à partir de 45 ans ou 5 ans avant l’âge du diagnostic chez le parent atteint. Enfin, les sujets présentant une pathologie grave extra-intestinale (motif éthique) et ceux chez qui le dépistage revêt un caractère momentanément inopportun. Exemple : dépression (motifs éthique et d’efficacité) ne doivent pas réaliser le test de dépistage. Une première relance postale est prévue par les structures de gestion trois mois après l’envoi des premières invitations dans le cas où le test n’a pas été fait. Elle est suivie si besoin, six mois après, d’un second courrier de relance contenant le test. Les structures départementales de gestion du dépistage des cancers sont au cœur du dispositif et assurent la formation des généralistes, la gestion des invitations et le suivi des résultats.

La Direction générale de la santé et l’Institut national du cancer co-pilotent le programme au niveau national . Un cahier des charges publié en 2006 en décrit l’organisation.

L’Institut de veille sanitaire est chargé de l’évaluation épidémiologique et mesure les différents indicateurs à partir des données recueillies régulièrement auprès des structures de gestion. Une première évaluation des programmes pilotes a été faite en 2006, une mise à jour publiée en 2007 et en 2009. Un guide des indicateurs de l’évaluation à destination des 90 structures de gestion est également disponible.

Perspectives

De nouveaux tests immunologiques utilisant des anticorps dirigés contre des protéines du sang, lus par des automates, sont aujourd'hui disponibles. Ils n'étaient pas jusque là utilisés dans le cadre du programme national de dépistage organisé. La Haute autorité de santé (HAS) a recommandé en décembre 2008 d'engager le processus de substitution des tests au gaïac par les tests immunologiques au sein du programme organisé de dépistage (www.has-sante.fr). Ce nouveau type de test, selon la HAS pourrait permettre d'améliorer la détection précoce des adénomes et des cancers car leur capacité de détection d'un saignement occulte est supérieure à celle des tests au gaïac. En outre ils seraient mieux acceptés, en raison de modalités de prélèvement simplifiées. La substitution soulève cependant des questions d'organisation : choix du test, choix du seuil de positivité, conditions de conservation, qualification des laboratoires de référence qui liraient les tests en cours de résolution.

Remarque : d'autres résultats et commentaires sont disponibles dans les publications

Taux de participation au programme de dépistage organisé du cancer colorectal

Taux de participation par âge au programme national de dépistage organisé du cancer colorectal

Indicateurs par département

2013

Leuraud K, Jezewski-Serra D, Goulard H, Salines E. Dépistage organisé du cancer colorectal : guide du format des données et définitions des indicateurs de l'évaluation du programme national. Version 4. Saint-Maurice : Institut de veille sanitaire, mars 2013, 82p.

2012

Evaluation épidémiologique du programme de dépistage organisé du cancer colorectal en France. Première évaluation depuis la généralisation du programme pour 46 départements sur la période 2008-2009. Saint-Maurice : Institut de veille sanitaire ; 2012. 29 p.

2010

Goulard H, Jezewski-Serra D, Duport N, Salines E, Danzon A. Évaluation épidémiologique du dépistage organisé du cancer colorectal en France – Résultats des programmes pilotes au-delà de la première campagne. Saint-Maurice: Institut de veille sanitaire; 2010. 12 p.

2009

Maraninchi D. Éditorial / Editorial. Numéro thématique - Dépistage organisé du cancer colorectal en France. Bull Epidemiol Hebd 2009;02-03.

Bouvier MA. Épidémiologie descriptive du cancer colorectal en France. Numéro thématique - Dépistage organisé du cancer colorectal en France. Bull Epidemiol Hebd 2009;02-03.

Faivre J, Lepage C, Dancourt V. Le dépistage organisé du cancer colorectal en France et en Europe : historique et état des lieux. Numéro thématique - Dépistage organisé du cancer colorectal en France. Bull Epidemiol Hebd 2009;02-03.

Viguier J. L’organisation du dépistage du cancer colorectal en France. Numéro thématique - Dépistage organisé du cancer colorectal en France. Bull Epidemiol Hebd 2009;02-03.

Goulard H, Boussac-Zarebska M, Bloch J. Évaluation épidémiologique du programme pilote de dépistage organisé du cancer colorectal, France, 2007. Numéro thématique - Dépistage organisé du cancer colorectal en France. Bull Epidemiol Hebd 2009;02-03.

Goulard H, Boussac-Zarebska M, Duport N, Bloch J. Facteurs d’Adhésion au Dépistage Organisé du cancer colorectal : étude Fado-colorectal, France, décembre 2006-avril 2007. Numéro thématique - Dépistage organisé du cancer colorectal en France. Bull Epidemiol Hebd 2009;02-03.

Launoy G. L’intérêt des tests immunologiques à lecture automatisée dans la recherche de sang dans les selles. Numéro thématique - Dépistage organisé du cancer colorectal en France. Bull Epidemiol Hebd 2009;02-03.

Goulard H, Boussac-Zarebska M, Salines E, Bloch J. Evaluation épidémiologique du dépistage organisé du cancer du côlon et du rectum en France - Bilan du programme pilote : actualisation des données au 1er novembre 2007. Saint-Maurice : Institut de veille sanitaire; 2009. 8 p.

Goulard H, Boussac-Zarebska M, Duport N, Salines E, Bloch J. Implication des médecins dans le programme de dépistage organisé du cancer colorectal en France. (Poster). Saint-Maurice (Fra) : Institut de veille sanitaire, mars 2009.

2008

Bouvier A.-M. Côlon et rectum In: Réseau français des registres de cancer, Hospices civils de Lyon, Inserm, Invs, eds. Estimation de l 'incidence et de la mortalité par cancer en France de 1980 à 2005. Francim, HCL, Inserm, InVS. Saint-Maurice, 2008.

Rapport du groupe de travail de la HAS. Place des tests immunologiques de recherche de sang occulte dans les selles (iFOBT) dans le programme de dépistage organisé du cancer colorectal en France. Décembre 2008.

Goulard H, Boussac-Zarebska M, Ancelle-Park R, Bloch J.. French colorectal cancer screening pilot programme: results of the first round. J Med Screening 2008;15:143.

Serra D, Goulard H, Duport N, Bloch J. Pratique du test de détection de sang occulte dans les selles (Hémoccult®) dans la population française, Enquête décennale santé Insee, France 2002-2003. Bull Epidemiol Hebd 2008;1:1-4.

2007

Bossard N, Velten M, Remontet L, Belot B, Maarouf N, Bouvier AM et al. Survie des patients atteints de cancer en France : étude à partir des données des registres du réseau Francim. Bull Epidemiol Hebd 2007;9-10:66-9.

Billette de Villemeur A, Exbrayat C, Garnier A, Ancelle-Park R, Ferley JP, Jestin C. Evaluation of a combined screening programme for breast, cervical and colorectal cancers in France. Eur J Cancer Prev 2007;16:26-35.

Goulard H, Boussac M, Ancelle-Park R, Bloch J. Evaluation épidémiologique du dépistage du cancer du côlon et du rectum : premières campagnes du programme pilote. Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice. mars 2007, 5 p.

Circulaire DGS/SD 5A no 2007-37 du 23 janvier 2007 relative aux modalités de généralisation du dépistage organisé du cancer colorectal en 2007.

2006

Goulard H, Ancelle-Park R, Julien M, Bloch J. Le cancer colorectal en France. Evaluation 2002 à 2004. Saint-Maurice : Institut de de veille sanitaire; 2006. 6 p.

Goulard H, Bloch J. Les pratiques de dépistage des cancers : Cancer colorectal. In: Guilbert P, Peretti-Watel P, Beck F, Gautier A, eds. Baromètre cancer 2005. Saint-Denis: Inpes, 2006: 139-145.

Cahier des charges du dépistage organisé du cancer colorectal.
Disponible sur le site du Journal officiel : http://www.journal-officiel.gouv.fr/frameset.html

2005

Référentiel d’auto-évaluation des pratiques en gastroentérologie. Tenue du dossier dans le cancer colorectal en gastroentérologie Anaes, juin 2005.

1998

Consensus conference: Prevention Screening and Management of the Colonic Cancers. Paris, France, January 29-30, 1998. Proceedings]. Gastroenterol Clin Biol 1998;22:S1-295

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