Fermer



Impacts sanitaires du changement climatique

Publié le 17/07/2015

Evaluation des impacts futurs de la pollution de l’air

Pourquoi s’intéresser aux impacts futurs de la pollution de l’air ?

Nous sommes tous exposés à la pollution de l’air et de ce fait elle constitue un enjeu de santé publique majeur dans le monde, en Europe et en France. Respirer quotidiennement des polluants de l’air, comme les particules fines ou l’ozone, entraine des effets néfastes sur la santé tout au long de la vie.

La pollution de l’air favorise le développement de maladies chroniques graves, comme les troubles de la reproduction et du développement de l’enfant, les cancers, les maladies cardiovasculaires et respiratoires, ou certaines pathologies neurologiques.

Agir sur la pollution de l’air permettrait d’améliorer la santé et le bien-être de l’ensemble de la population.

Le projet A-C HIA a évalué l’influence que des politiques visant à réduire les émissions de polluants pourraient avoir sur l’évolution de l’état de santé des populations en 2030 et en 2050 en prenant  en compte l’influence du climat et du changement climatique sur la pollution de l’air.

Quelles sont les évolutions attendues dans le monde? 

Aujourd’hui, plus de 2,3 milliards de personnes dans le monde sont exposées à des niveaux de particules fines (PM2.5) supérieurs à ceux recommandés par l’Organisation Mondiale de la Santé (10µg/m3).  Dans le scénario où chaque pays appliquerait la réglementation actuelle sur les émissions, en 2030 plus de 2,8 milliards de personnes resteraient exposées à ces niveaux trop élevés. En Inde, par exemple, le nombre de personnes concernées passerait de plus de 640 millions en 2010 à plus de 1 milliard en 2030.

Dans ce scénario, en 2030, le nombre de décès pour causes cardiovasculaires attribuables aux particules fines serait plus élevé qu’aujourd’hui, avec 6 800 décès additionnels par an dans le monde. La majorité de ces décès se produiraient en Asie.

Le scénario traduisant l’implémentation de l’ensemble des technologies de dépollution disponibles conduirait à une baisse de la mortalité. L’Asie est la région qui en bénéficierait le plus ; les concentrations de PM2.5 pourraient y être divisées par 4. Ce scénario conduirait également à une amélioration de la qualité de l’air en Amérique du Sud et en Amérique du Nord. Par contre, il aurait très peu d’influence sur la qualité de l’air en Afrique.

figure1

Évolution des concentrations annuelles de particules fines (PM2.5) en 2030 par rapport à 2010, estimée selon le scénario de mise en œuvre des réglementations actuelles.

Quelles sont les évolutions attendues en Europe?

En Europe, une amélioration de la qualité de l’air et de la santé est attendue pour les deux scénarios.

En 2010, plus de 250 millions d’européens étaient exposés à des niveaux de particules supérieurs à la valeur recommandée par l’Organisation Mondiale de la Santé. Ce nombre pourrait être diminué de moitié en 2030 si la réglementation actuelle est respectée. Ainsi, dès 2030, 109 000 décès pour causes cardiovasculaires pourraient être évités chaque année.

figure2

Si les pays mettaient en place toutes les mesures techniques disponibles pour améliorer la qualité de l’air, le bénéfice serait deux fois plus important.

Les bénéfices les plus élevés sont attendus en Europe de l’Est pour les PM2.5, et en Europe du Sud pour l’ozone.

Évolution des décès associée aux évolutions des particules et de l’ozone en Europe en 2030 par rapport à 2010 (pour 100 000 habitants)

Dans un contexte de changement climatique il est donc crucial que les politiques de réductions des émissions de polluants de l’air et de gaz à effet de serre soient coordonnées. Ceci permettra d’être plus efficace dans l’amélioration de la qualité de l’air à court-terme tout en limitant les effets négatifs du changement climatique à plus long-terme.

Likhvar V, Pascal M, Markakis K, Colette A, Hauglustaine D, Valari M, Medina M, Kinney P, A Multi-Scale Health Impact Assessment of Air Pollution Over the 21st Century in a Changing Climate Science of the Total Environment 2015. 514, 439-449.

Haut de page