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Actualités

Publié le 05/04/2013 - Dernière mise à jour le 09/04/2013

Point épidémiologique

Surveillance des infections liées au nouveau virus aviaire A(H7N9). Point au 5 avril 2013.

Définition de cas, signalement, confirmation biologique et prise en charge des cas et de leurs contacts

Contexte

Au 3 avril 2013, un total de 9 cas humains d’un nouveau variant d’influenza aviaire A(H7N9) dont 3 décès ont été rapportés sans lien épidémiologique entre eux dans 4 provinces différentes de la Chine (voir BHI du 03/04/2013).
L’apparition d’un nouveau virus grippal chez l’homme incite à la plus grande prudence, d’autant plus que les formes cliniques observées sont graves et que la source de contamination et la voie de transmission restent inconnues.
Le risque de propagation du virus en Europe est considéré comme faible à ce stade. Cependant, l’entrée sur le territoire français de certains patients en provenance de Chine ne peut pas être exclue : la surveillance doit être renforcée dans ce sens pour rechercher une grippe A(H7N9) chez les personnes présentant un tableau respiratoire sévère après un retour de Chine.

Ces recommandations sont provisoires. Elles s’appuient sur les recommandations de la DGS devant un cas possible de grippe à nouvelle souche de virus grippal (disponible sur le site InVS).
Elles seront réactualisées au fur et à mesure de l’évolution des connaissances.

Recommandations pour le signalement, la confirmation biologique et la prise en charge des cas

Définition de cas d’infection à nouveau virus aviaire A(H7N9)

Cas possible :

  • Toute personne ayant voyagé ou séjourné en Chine, qui, au cours des 10 jours après son retour, a présenté :
    - des signes cliniques d’infection respiratoire aiguë grave
    - sans autre étiologie identifiée pouvant expliquer la pathologie.
  • Tout contact (ex : famille, soignants) d’un cas possible ou confirmé, ayant présenté  une infection respiratoire aiguë quelle que soit sa gravité, dans les 10 jours suivant le dernier contact avec le cas possible/confirmé pendant que ce dernier était malade (i.e symptomatique)

Cas confirmé :
Cas avec prélèvements respiratoires indiquant la présence du nouveau virus aviaire A(H7N9).

Par ailleurs, nous rappelons que, dans le cadre de la détection des émergences1, tout regroupement de cas d'infections respiratoires aiguës graves hospitalisées, avec ou sans notion de voyage ou résidence en zone géographique à risque, doit être signalé et investigué, en particulier chez du personnel soignant

Conduite à tenir pour le signalement des cas possibles

Les cliniciens ayant identifié i) soit un cas possible répondant à la définition ci-dessus ii) soit un regroupement de cas d'infections respiratoires aiguës graves hospitalisées doivent signaler ces situations, par téléphone préférentiellement ou par email :

  • à l'InVS : Alerte@invs.sante.fr ; 08 20 42 67 15 (7 jours/7, 24h/24) .
  • Ainsi qu'à la plateforme régionale de veille et d'urgence sanitaire placée au sein de l'ARS (CVAGS) (coordonnées en annexe).

La classification du cas sera effectuée par le clinicien signalant, en lien avec l'épidémiologiste de l'InVS.

Circuit des prélèvements

A) Pour tout cas possible validé avec l’InVS, des prélèvements respiratoires, doivent  être recueillis. Le prélèvement en vue de la recherche de virus aviaire A(H7N9) doit être envoyé au Centre national de référence des virus Influenzae (Cf. modalités et coordonnées en annexe).

B) Pour les cas groupés d’infections respiratoires aiguës graves, les mêmes recherches s’effectueront en deux temps, afin de pouvoir enclencher la recherche de virus aviaire A(H7N9) en cas de négativité des étiologies habituelles.

C) Par ailleurs, les cliniciens ou microbiologistes ayant eu connaissance de cas d’infections à virus aviaire A(H7N9), identifiés en dehors du circuit de signalement décrit ci-dessus, sont invités à contacter le CNR pour confirmation.

En cas de confirmation d’infection à virus aviaire A(H7N9)

L’InVS signalera le cas aux autorités nationales (DGS) et internationales (ECDC et OMS).

Traitement antiviral

Des analyses virologiques ont été réalisées en Chine sur des souches virales A(H7N9) isolées chez 3 des cas humains survenus récemment. Les informations transmises le 5 avril 2013 par l’OMS indiquent que, malgré l’existence d’une mutation fréquemment associée à une résistance aux antiviraux inhibiteurs de la neuraminidase dans d’autres sous-types viraux, les 3 souches A(H7N9) testées sont sensibles à l’oseltamivir et au zanamivir.

Les données actuellement disponibles indiquent que les inhibiteurs de la protéine virale M2 (amantadine et rimantadine) ne sont pas efficaces sur les virus A(H7N9).
Il n'y a, à ce stade, pas d'expérience clinique de traitement par antiviral des infections humaines par les virus A(H7N9).

Recommandations de prise en charge des contacts et des personnes co-exposées

Les personnes co-exposées sont définies comme celles ayant séjourné en Chine avec le cas possible ou confirmé.

Les contacts étroits [particulièrement exposés aux contaminations par gouttelettes] sont définis comme :

  • personnes partageant ou ayant partagé le même lieu de vie que le cas index : famille, même chambre d’hôpital ou d’internat…
  • contact direct, en face à face, à moins d’1 mètre du cas index au moment d’une toux, d’un éternuement ou lors d’une discussion ; flirt ; amis intimes ; voisins de classe ou de bureau; voisins du cas index dans un avion ou un train.

Protection des contacts des cas possibles et confirmés :

En cas d’apparition de fièvre ou de signes respiratoires, les personnes co-exposées ou les contacts étroits deviennent des cas possibles et doivent contacter le centre 15 pour une prise en charge adaptée.

Protection des personnels :

Il est rappelé que toutes les mesures barrières d’hygiène doivent être mises en œuvre, notamment le port d’un masque et l’usage fréquent de solutions hydroalcooliques pour les professionnels de santé et de secours.

Si un patient possiblement infecté nécessite la mise en œuvre d’un transport, le personnel au contact proche du patient  chargé du transport doit se protéger par le port de masque FFP2.

Au sein des services d’urgence des établissements de santé, des cabinets de ville et de toute structure sanitaire dans lesquels un patient suspect peut se présenter, les bonnes pratiques d’hygiène doivent être rappelées. Si le patient présente des symptômes respiratoires fébriles, il doit être équipé d’un masque chirurgical et isolé. Le personnel impliqué dans sa prise en charge directe doit être protégé par le port de masque FFP2.

1 http://www.invs.sante.fr/presse/2003/le_point_sur/cat_sras_291003/index.html ; Med Mal Infect. 2011 Feb;41(2):53-62
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