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Actualités

Publié le 13/05/2013

Point épidémiologique

Surveillance des infections liées au nouveau coronavirus (NCoV). Point au 13 mai 2013.

Le 7 mai 2013, un premier cas d’infection respiratoire aigüe à nouveau coronavirus (NCoV) a été signalé à l’InVS par le Centre national de référence (CNR) des virus Influenzae de l’Institut Pasteur qui en a effectué le diagnostic virologique. Il s’agissait du premier cas confirmé en France. Ce patient a été hospitalisé à la suite d’un séjour touristique aux Emirats Arabes Unis.

Ce nouveau virus a été identifié en Arabie saoudite en septembre 2012, chez deux patients qui avaient présenté respectivement en juin et septembre 2012 une pneumopathie sévère et dans certains cas une insuffisance rénale aigüe. Suite à cette découverte, une surveillance a été mise en place sous la coordination de l’Organisation mondiale de la santé (OMS : http://www.who.int/csr/disease/coronavirus_infections/en/) et du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC : http://www.ecdc.europa.eu/EN/HEALTHTOPICS/CORONAVIRUS-INFECTIONS/Pages/index.aspx) afin de détecter d’autres cas éventuels.

Au 13 mai 2013, 34 cas d’infection au nouveau coronavirus ont été rapportés dans le monde depuis avril 2012 ; 20 sont décédés. La grande majorité des cas (n=26) ont été identifiés dans la péninsule arabique et 8 cas ont été identifiés en Europe : 4 au Royaume Uni, 2 en Allemagne et 2 en France. Le premier cas français a été diagnostiqué le 7 mai 2013 et le deuxième le 12 mai 2013. A ce jour, ces deux patients sont hospitalisés en réanimation et sont  toujours dans un état grave.

La plupart de ces patients ont voyagé dans la péninsule arabique. En France, le premier cas a séjourné dans les Emirats Arabes Unis mais le deuxième n’a pas voyagé. Il a par contre, lors de son hospitalisation, partagé la chambre du premier cas français alors que celui-ci était déjà symptomatique mais non encore diagnostiqué pour le NCoV. Par ailleurs au Royaume Uni, deux cas rapportés n’avaient pas voyagé dans les pays à risque. Ils avaient été en contact avec un même cas confirmé, qui avait voyagé au Pakistan et en Arabie Saoudite.

Ces éléments suggèrent l’existence d’une transmission interhumaine de l’infection. L’un des deux cas du Royaume Uni a développé une forme bénigne de la maladie (syndrome pseudo-grippal), ce qui pourrait suggérer que des cas peu symptomatiques ont pu échapper à la surveillance mise en place. Cependant, les données recueillies à ce jour ne font pas état d’une transmission interhumaine importante de ce nouveau virus dans la communauté.

La France a mis en place depuis le 1er octobre 2012 une surveillance coordonnée par l’Institut de Veille Sanitaire qui a permis de recevoir 53 signalements concernant des cas suspects d’infection à NCoV : 2 seulement ont été confirmés par le CNR.

Suite au diagnostic du premier cas français, une première investigation a permis d’identifier les contacts de ce patient : 127 personnes (dont 116 professionnels de santé) ont été contactées. Parmi elles, 6 étaient symptomatiques et ont été testées : une seule (un patient qui avait partagé la chambre du premier cas) s’est avéré positif. Par ailleurs, une seconde investigation a été menée auprès des personnes qui ont effectué le même circuit touristique aux Emirats Arabes Unis que le premier cas, afin de rechercher d’autres cas et d’étudier les circonstances de la contamination du premier cas : 37 personnes ont été identifiées et 32 ont été contactées à ce jour. Les personnes interrogées ne présentent aucun signe d’infection.

Enfin, une troisième investigation a été mise en œuvre pour identifier les contacts du deuxième cas : 39 personnes ont été interrogées le 12 mai sur leur état de santé. Ils ont reçu une information sur  le coronavirus, ainsi que des conseils sur la conduite à tenir en cas de survenue de symptômes d’infection. Ils  bénéficient d’un suivi journalier jusqu’au 18 mai, soit 10 jours après leur contact avec le deuxième cas.

Les virus de la famille des coronavirus sont nombreux et variés. Ils peuvent infecter l’homme et les animaux. Chez l’homme, les symptômes sont variables. Des coronavirus peuvent provoquer des infections respiratoires bénignes et d’autres des infections respiratoires sévères. Le nouveau coronavirus identifié en septembre 2012 est relativement proche du coronavirus humain du Sras, identifié en 2003, qui avait provoqué une épidémie mondiale. L’infection à NCoV se manifeste par une fièvre et des signes respiratoires pouvant se compliquer par un syndrome de détresse respiratoire aigüe. Cependant, un cas avec une forme bénigne de la maladie (syndrome pseudo-grippal) a été décrit en Angleterre. La période d’incubation est actuellement estimée à 10 jours.

La situation est suivie de près par l’OMS et l’ECDC. Les investigations sont en cours dans les pays ayant rapporté des cas, pour approfondir les connaissances sur ce virus. Selon l’OMS et l’ECDC, sur la base des informations actuellement disponibles, ce nouveau virus ne semble pas se transmettre facilement d’homme à homme, à la différence du virus du Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère). L’origine de la contamination des cas confirmés reste inconnue en l’état actuel des connaissances.

En France, le Haut conseil de la santé publique a publié le 19 mars un document précisant la prise en charge des patients suspects d’infections dues au nouveau coronavirus (http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=314).

Ces informations sont susceptibles d’évoluer en fonction de la survenue d’autres cas et des investigations qui continuent d’être réalisées auprès des cas confirmés et de leurs contacts.

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