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Publié le 25/02/2016

Cigarette électronique : nouvelles recommandations du Haut conseil de la santé publique

Le 25 avril 2014, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a rendu un premier avis relatif aux bénéfices-risques de la cigarette électronique. Alors que l’usage de celle-ci est répandu en France, les relations entre cigarette électronique et aide à l’arrêt du tabac restaient encore peu documentées dans notre pays et le HCSP se voulait prudent dans ses recommandations. Une actualisation de l’avis du 25 avril 2014 parue le 24 février 2016 réévalue la situation.

Le premier avis (daté d’avril 2014) du HCSP se voulait prudent dans ses recommandations. Il pointait le fait que la diffusion d’un nouveau mode de délivrance de la nicotine en population générale pouvait avoir des conséquences non désirées, comme la renormalisation de la consommation de tabac, mais aussi le risque d’initiation à la nicotine - substance hautement addictive - par les plus jeunes. La cigarette électronique pouvait en effet être un point d’entrée dans la dépendance à la nicotine et la consommation de tabac.

Toutefois cet avis reconnaissait aussi la cigarette électronique comme un outil potentiel de réduction des risques du tabac fumé, voire un outil d’aide à l’abstinence nicotinique. La balance entre risques et bénéfices, du fait du manque de connaissances scientifiques, amenait donc à une conclusion prudente sur son usage.

Les recommandations 2016

En 2016, les connaissances scientifiques se sont étoffées et de plus en plus d’associations de tabacologie, de promotion de la réduction des risques, de consommateurs de la cigarette électronique et de professionnels de santé demandent une clarification du statut de la cigarette électronique. D’où la réévaluation des anciennes recommandations du HCSP sur la balance bénéfices-risques de la cigarette électronique en population générale. Aujourd’hui, les travaux du HCSP, indiquent que la cigarette électronique :

  • peut être considérée comme un outil d’aide au sevrage tabagique pour les populations fumeuses désireuses d’arrêter leur consommation de tabac
  • constitue un outil de réduction des risques du tabagisme même si pour les usagers à la fois de tabac et de cigarette électronique, le débat reste ouvert
  • pourrait constituer un point d’entrée dans le tabagisme mais que ce risque serait contrebalancé par le fait qu’elle pourrait aussi retarder cette entrée
  • induit un risque de « renormalisation » de la consommation de tabac compte tenu de l’image positive véhiculée par son marketing et sa visibilité dans les espaces publics

En conséquence, le Haut Conseil recommande dans son nouvel avis :

  • de poursuivre et d’intensifier les politiques de lutte contre la consommation de tabac
  • d’informer, sans en faire publicité, les professionnels de santé et les fumeurs des avantages et des inconvénients de la cigarette électronique
  • de maintenir les modalités d’interdictions de vente et de publicité prévues par la loi de modernisation du système de santé et d’étendre l’interdiction d’utilisation à tous les lieux à usage collectif
  • de renforcer les études d’observation et épidémiologiques sur le tabagisme et la cigarette électronique et de lancer des recherches en sciences humaines et sociales sur cette question
  • de poursuivre les efforts de labellisations et de marquages pour assurer le maximum d’information aux consommateurs et assurer leur sécurité

Il invite aussi l’Organisation mondiale de la santé à émettre des recommandations générales concernant la cigarette électronique qui viendraient enrichir une future version de la Convention Cadre pour la lutte anti-tabac.

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