Fermer



Actualités

Publié le 02/03/2016 - Dernière mise à jour le 24/03/2016

Augmentation de la syphilis en France

Maladie et symptômes

La syphilis est une infection sexuellement transmissible (IST) due à la bactérie Treponema pallidum. Elle est extrêmement contagieuse lors des rapports sexuels, qu’il s’agisse de rapports vaginaux, anaux ou oraux-génitaux (fellation par exemple). Elle évolue en plusieurs stades avec des symptômes spécifiques à chaque stade, qui peuvent parfois passer inaperçus et évoluer au fil du temps vers l’atteinte de différents organes (cœur, cerveau…). Quelques semaines après la contamination, c’est l’apparition d’un chancre (lésion érosive) au niveau des parties génitales, de la gorge ou du rectum selon le type de rapports pratiqués, qui est la symptomatologie la plus typique.

Tendances et populations touchées

Alors que la déclaration obligatoire de la syphilis avait été supprimée en 2000, une recrudescence de la maladie a été observée en France, et dans d’autres pays européens, au début des années 2000. Les autres IST, comme les infections à gonocoque et à Chlamydia par exemple, sont également en augmentation depuis plusieurs années.

Un réseau de surveillance de la syphilis, basé sur des cliniciens volontaires, a été mis en place par l’Institut de veille sanitaire (InVS) en 2002, afin de suivre les tendances de la syphilis précoce (cas évoluant depuis moins d’un an) et recueillir les caractéristiques des patients diagnostiqués. Cette surveillance a permis de mettre en évidence une augmentation continue du nombre de cas, qui se poursuit sur les années récentes. S’agissant d’un réseau volontaire, le nombre de cas déclarés ne représente pas l’ensemble des cas diagnostiqués au niveau national. En 2014, ce sont plus de 1 000 cas de syphilis qui ont été déclarés à l’InVS, mais le nombre réel de cas est sans doute bien supérieur.

L’augmentation observée au niveau national a pu également être observée dans certaines régions ou lieux spécifiques, en lien avec des foyers de contamination locaux. 

La syphilis touche en grande majorité les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH). Ils représentent 84 % des cas de syphilis diagnostiqués en 2014. Dans cette population, le nombre de cas a augmenté de 50 % entre 2012 et 2014. Cette augmentation est observée aussi bien en Ile-de-France que dans les régions métropolitaines hors Ile-de-France. Sur la même période, le nombre de cas d’infections à gonocoque ou de lymphogranulomatoses vénériennes (LGV) rectales chez les HSH a augmenté de façon encore plus marquée (respectivement +100 % et +110 %).

L’augmentation du nombre de cas chez les HSH est à mettre en lien avec une augmentation des pratiques à risque observée dans cette population depuis la fin des années 90. On observe en effet, depuis 1997, une augmentation de la proportion d’HSH qui ne protègent pas leurs rapports anaux avec des partenaires occasionnels par un préservatif. De plus, les fellations sont très rarement protégées, alors qu’il s’agit d’un mode de contamination fréquent de la syphilis.

A noter que le nombre de cas reste encore relativement faible dans la population hétérosexuelle, mais qu’une tendance à l’augmentation est observée entre 2012 et 2014, notamment en Ile-de-France, d’où l’importance de suivre les tendances grâce à la surveillance nationale.

Diagnostic et traitement

Le diagnostic de la syphilis se fait soit par un prélèvement local au niveau du chancre ou le plus souvent par un prélèvement sanguin. Le traitement est un traitement antibiotique par injection à base de pénicilline G. Jusqu’en 2014, ce traitement était disponible sous la forme Extencilline® qui n’est désormais plus fabriquée par le laboratoire. Le traitement de première intention est donc pour l’instant la spécialité Sigmacillina®, disponible uniquement en pharmacie hospitalière.

Le traitement bien suivi est efficace et conduit toujours à une guérison. Mais rien n’empêche une réinfection par la suite, en cas de rapports non protégés.

Prévention

La prévention par la protection des rapports sexuels, y compris les rapports oraux-génitaux ou oraux-anaux, est la seule modalité de prévention de la syphilis et de la plupart des IST. En cas de non utilisation systématique du préservatif, le dépistage des IST doit être régulier et suivi d’un traitement rapide en cas de contamination.

Haut de page